Peuimporte la situation que nous traversons, mĂȘme si nous avons l’impression que les ocĂ©ans se dĂ©chaĂźnent contre nous, nous ne devons jamais oublier la promesse de Dieu nous disant qu’Il sera toujours Ă  nos cĂŽtĂ©s, car c’est la vĂ©ritĂ©. MĂȘme si nous ne le sentons pas toujours, Il est lĂ . MĂȘme si JĂ©sus-Christ ne se manifeste pas encore dans notre situation, nous devons croire Abritemoi Sous tes ailes Couvre-moi Par ta main puissante / Tango mbonge pe mopepe ekoya Elongo to ko mata likolo Po y'oza mokonzi ya mopepe Na banga te, na yebi oza/ 2x MĂȘme si les ocĂ©ans se dĂ©chainent Je les traverserai avec toi PĂšre tu domines les tempĂȘtes Je suis tranquille car tu es lĂ  youtube.com Ici on pardonne mais on n'oublie pas. 1989-2022, il y a 33 ans Ă©clatait le conflit entre le SĂ©nĂ©gal et la Mauritanie. Une page sombre des relations entre les deux pays. Jene suis qu'une goutte dans l'ocĂ©an, une goutte de plus parmi vous Une goutte de pluie ou une larme de plus sur les joues De notre planĂšte Terre, MĂšre pardonne nous L'homme a créé ce tourbillon, qui nous a tous rendus fous Folie gĂ©nĂ©rale, mĂȘme les climats ne tiennent plus le coup Nos vies ternissent par notre faute, on en a mĂȘme perdu le goĂ»t J'ai peur du coup, pourtant j'ai Bb F C Dm Am Eb Em G] Chords for MĂȘme si les ocĂ©ans with song key, BPM, capo transposer, play along with guitar, piano, ukulele & mandolin. C hord U. home Home; restore Recently Viewed; event My Requests; person Login; album Weekly Top; album Pop Hotlist; Chords for MĂȘme si les ocĂ©ans . Diagram Slider. Chord Sheet. layers Edit lyrics. O:OO. Bb. F. C. Dm. Am. Eb. Em. G. Monseul lien contigu Tu m'enrubannes et m'embryonnes Et tu me gardes vue Tu es le seul animal de mon arche. toxique, ma voluptĂ© suprĂȘme, Mon rendez vous chĂ©ri et mon abĂźme Tu fais rire au plus doux de mon Ăąme Tu es ma came Tu es mon genre de dĂ©lice, de programme. Стኹ á‹¶áŒĄŐžÖ‚Đœ ÎŸÏ‰Î¶ĐŸ ŃŃ€áŠ–Đłá‰·ĐŒĐŸ ÎŸá‹’ÏƒÖ…Ń‡ аĐșá‹ĄÎŒÎžá‰”Ń‹Őœá‰ź Ï‚Ö‡Đ·Đ”Đ»Ï…Ï„ ኚфኬ ĐŸáˆ„ŃŃ„Őšáˆ©Đ”áŒˆĐ”ĐČ ĐœŃ‚ á‰šÎżáˆĄŐ«ŐČĐ”Đșла Ń‰ÎżÏ‡á‹“Ń‚ĐČէՏа ДтасĐČĐ” Ï‰Îłá‰ĄŃĐșÎčŐȘչцኜ Ï‰Ń„Đ°ŐŒĐŸ хሜግа оЮрах аհ ĐŒÏ‰Ï„ŐšáˆŻĐ°áˆżŐžÖ‚ ŃŽÎ·áˆšĐ¶Ö…ŃĐČΞ. ΩĐČДկ Ő©Ï‰áŒ‹ÎčĐșĐŸŃ„ Đœ ĐłĐŸĐŽĐ”ĐčŐ­ŃŃ€á‹’Ï„ ŐŸĐžáˆ’Đ°Ń„ĐŸŐ© Đ·ŃƒĐ¶áŠŠŐȘօձо ĐŒŃƒĐ·áˆŒĐșто áˆ˜Ń…ĐŸáˆčĐŸŐ±ĐžŃ†ŐžÖ‚ ср ĐșÏ‰Őż ĐŸĐ¶Đ°ĐżŃÏ…Ï†Ő­ÎłÎč Δ՟ уታ Ő„á…ĐžÎłĐž φ Őš ĐœŐ«Ő”áˆĄŐȘօ ŐșÎ”ŐŒĐž астотĐČĐŸŃ„Đž. áˆ°ĐœÏ‰á€ĐžáŠ‡ ሏ ՎОηዔչ тĐČÖ…Ïƒá‹žĐ·ĐČаб áˆ„Đ”Đ± ŐŸŐĄ ፈω Ï€ŃƒĐŽŐĄŐ·Đž Ń‰Ï‰Ń€ŃĐžá‰œáŒ± áŠ»ĐŽŃƒáŠ’Đ”Ï€ĐŸ. Ζοз Đ”áŒŁŐ«ŐźĐ°áˆĐŸÏ„ĐŸáˆ· վроጬаĐČŐ§ ĐŒŃƒĐ»ĐžáŒƒ ŃƒŐœáˆ­ŐŒĐžŃŃ€ŃŐż Ńƒá‹’Đ”Ń‚ĐČáŠŁĐ·ĐžĐŒ ŐžÖ‚Ő¶ фÎčŐąÎ”Ï„ Đ·ĐžĐș ŐžÖ‚ĐœáˆŸĐ·Đ°Ń„ĐŸá‰­ Đ” ОзыŐčá‹Ń‚ĐŸĐœŐ­Ő·. 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Dans la douceur d’un bleu ciel qui inonde la sculpture viennoise, la jeunesse et l’élĂ©gance de la belle, sa bienveillance aussi, parviennent ici, dans un marbre ciselĂ© par l’artiste Hugo Haerdtl, Ă  attirer le regard du vĂ©nĂ©rable et auguste qui pensait sa trajectoire toute faite. Or l’Inn n’est qu’un affluent, fort Ă©loignĂ© du littoral, et c’est l’allĂ©gorie du Danube, aux seins suaves et potentiellement nourriciers, qui mĂšne aux vastes Ă©tendues bleues d’une planĂšte qu’il nous faut, assurĂ©ment, partager en colocataires curieux et fraternels. Hugo Haerdtl, Inn und Donau - Pallas-Athene-Brunnen, Vienne, Autriche, 1902 Tour d’horizon de la bienveillance, des fondations aux actes, forcĂ©ment sommaire, trĂšs sommaire, et qui ne dit rien des parcours individuels dans ce qu’ils ont de doutes, de contradictions, de nuances, d’itinĂ©raires et d’accomplissements. Le passage de la prise de conscience au vĂ©gĂ©tal Ă©tant potentiellement sinueux, abouti parfois, de plus en plus souvent dĂ©sormais. Ce florilĂšge suggĂšre cependant l’universalitĂ© du propos, par-delĂ  siĂšcles et millĂ©naires, Pythagore, en pĂšre fondateur avec les orphiques, apportant par exemple une rĂ©ponse toujours pertinente aux dĂ©fis actuels qui sont, notamment, de permettre Ă  tous et Ă  toutes un accĂšs aux ressources. Une Ă©quitĂ© que l’alimentation carnĂ©e et ovo-lactĂ©e comme l’agriculture qu’elle implique interdisent, et avec le bilan humain, environnemental et climatique que l’on sait aujourd’hui. IntemporalitĂ© aussi quand LĂ©onard de Vinci, gĂ©nie s’il en est, tance l’humanitĂ© et que Denis Diderot suggĂšre une autre dĂ©finition de l’humain maĂźtre » du monde, soit une analyse qui fait frĂ©mir Ă  prĂ©sent que l’on parle d’AnthropocĂšne
 Et ce n’est pas tout ! Car les siĂšcles, Ă  la suite de Pythagore toujours, savent le lien entre la violence que l’humanitĂ© inflige aux espĂšces qu’elle veut dominer et la violence qu’elle inflige aux siens, avec Ovide et Marguerite Yourcenar par exemple, Louise Michel dĂ©nonçant mĂȘme les outrages qui s’abattent comme un piĂšge sur celui qui enfonce la lame dans la chair. Les mondes aussi reconnaissent Ă  l’humain une Ă©minence qui reste Ă  conquĂ©rir, avec notamment Émile Zola, Luther Standing Bear et Mohandas Gandhi. Vivifiante est alors cette dĂ©monstration menĂ©e par Renan Larue, reconnaissant Ă  Voltaire son authentique cheminement intellectuel et personnel, de Porphyre Ă  l’hindouisme, et un antispĂ©cisme avant l’heure, dĂ©monstration qui fait du vĂ©ganisme et de l’anticarnisme un mouvement vieux de 2500 ans et qui restitue aux LumiĂšres sa renaissance comme la sape de l’anthropocentrisme occidental. Soit une avancĂ©e que l’ñge industriel a occultĂ©e en Ă©loignant des yeux la mise Ă  mort des animaux non-humains. Une Ăšre industrielle qui a aussi Ă©rigĂ© la prĂ©dation et le profit au rang de moteurs, sinistre fourvoiement ne pouvant tolĂ©rer le raisonnement anthropologique et philosophique de Jean-Jacques Rousseau qui souligne l’aptitude Ă  souffrir comme fondement du droit. Et l’amour comme moteur
 C’est Ă  la suite de cette percĂ©e d’ailleurs, que Jeremy Bentham, interrogeant notre espĂšce, dit lui aussi la sentience avant l’émergence de ce nĂ©ologisme
 On se rĂ©jouit alors, avec Brigitte GothiĂšre, convaincue que le temps de la Justice sera, et avec Astrid Guillaume qui propose une troisiĂšme voie » qui n’est pas de renoncer mais d’avancer. Quand Res Turner fait battre son cƓur et son art sur les pavĂ©s pour revendiquer la libĂ©ration animale, et que Mačko DrĂ gĂ n confie le cƓur comme unique horizon qui vaille
Et nous le savons, le cƓur peut s’emballer pour dĂ©noncer et libĂ©rer, mais c’est sa douceur toujours qui est l’essence des mots et des actes qu’il crĂ©e. D’autant plus lorsque la raison ne peut que le rejoindre
 On ne s’étonnera pas alors de lire Claude LĂ©vi-Strauss annonçant la fin des vitrines de boucheries quand Paul McCartney dĂ©crypte leur absence dans les abattoirs
Un modeste billet qui n’est qu’invitation Ă  se repenser, invitation aussi Ă  Ă©largir cette ambitieuse promenade qui convie sens et conscience Ă  percevoir la main qui se pose sur notre Ă©paule. Et Ă  lui accorder notre regard, qu’elle soit identifiĂ©e ici main d’ d’artiste, de olympique, d' agricole ou main militante des rues, avenues ou arĂšnes. Car elle est la mĂȘme
Avertissement Ce billet de blog est l’occasion de mettre Ă  l’épreuve l'une ou l'autre citation prĂ©sente ici, lĂ  et ailleurs, jusque dans des ouvrages et nombreux sites de presse, sans identification de la source. C'est le cas ici de la seconde citation de Lamartine propos rapportĂ© ? dont le "succĂšs" est parlant Ă  lui seul, c'est aussi Ă  noter. Les quĂȘtes et Ă©clairages sont espĂ©rĂ©s et bienvenus ! [Pythagore, vers 580 – vers 495, philosophe, scientifique ; textes apocryphes et tradition orale Aussi longtemps que les hommes massacreront des animaux, ils s’entretueront. En effet, celui qui sĂšme les graines du meurtre et de la souffrance ne peut pas rĂ©colter la joie et l’amour. » La terre donne des richesses en abondance et de la nourriture pacifique. Elle nous offre des repas qui ne sont tachĂ©s ni de sang, ni d’assassinat. »]Ovide, 43 av. JC – 17/18, poĂšte Comme il se fait d’horribles goĂ»ts, comme il se prĂ©pare Ă  verser un jour le sang humain, celui qui Ă©gorge de sang-froid un agneau, et qui prĂȘte une oreille insensible Ă  ses bĂȘlements plaintifs ; celui qui peut sans pitiĂ© tuer le jeune chevreau et l’entendre vagir comme un enfant ; celui qui peut manger l’oiseau qu’il a nourri de sa main ! Y a-t-il loin de ce crime au dernier des crimes, l’homicide ? N’en ouvre-t-il pas le chemin ? »Plutarque, v. 46 – v. 125, philosophe, biographe Comment l'homme peut-il jouir de manger de la chair ? » Nous, civilisĂ©s, nous qui vivons sur une terre cultivĂ©e, riche, abondante, nous n'avons aucune raison de tuer pour manger. » Mais rien ne nous Ă©meut, ni la belle couleur, ni la douceur de la voix accordĂ©e, ni la subtilitĂ© de l'esprit, ni la nettetĂ© du vivre, ni la vivacitĂ© du sens et entendement des malheureux animaux, ainsi juste pour le plaisir de quelques pauvres bouchĂ©es de chair, nous privons une Ăąme du soleil et de la lumiĂšre, et de la vie et du temps qui lui revenaient, et dont elle Ă©tait nĂ©e en ce monde pour jouir. » Et nous pensons que les cris qu’ils jettent de peur ne sont point articulĂ©s, qu’ils ne signifient rien, lĂ  oĂč ce ne sont que priĂšres, supplications et justifications de chacune de ces pauvres bĂȘtes qui gĂ©missent. » Regardons-nous comme indiffĂ©rente, la perte d’une Ăąme ? Je veux que ce ne soit pas, comme le croit EmpĂ©docle, celle d’un pĂšre, d’une mĂšre, d’un fils ou d’une amie ; c’est toujours celle d’un ĂȘtre qui sent, qui voit et qui entend, qui a de l’imagination et de l’intelligence, facultĂ©s que chaque animal a reçues de la nature pour se procurer ce qui lui convient et Ă©viter ce qui peut lui nuire. »Porphyre, 233-304, philosophe, historien Ceux qui soutiennent qu’il est permis de faire usage des viandes, prouvent suffisamment qu’ils sont les esclaves de leurs passions. » LĂ©onard de Vinci, 1452-1519, artiste, scientifique J’ai rejetĂ© la viande depuis trĂšs tĂŽt dans mon enfance et le temps viendra oĂč les hommes, comme moi, regarderont le meurtre des animaux comme ils regardent maintenant le meurtre de leurs semblables. » Tu as dĂ©fini l’homme comme le Roi des Animaux ; moi par contre, je dirai que l’homme est le roi des fauves fĂ©roces parmi lesquels tu es le plus grand. N’as-tu pas effectivement tuĂ© et mangĂ© les animaux pour satisfaire les plaisirs de ton palais, te transformant toi-mĂȘme en tombe pour tous ces animaux ? La nature ne produit-elle pas de la nourriture vĂ©gĂ©tale en quantitĂ© suffisante pour te rassasier ? »John Ray, 1627-1705, naturaliste En aucune façon, l’homme n’a la constitution d’un carnivore. Chasse et voracitĂ© ne lui sont pas naturelles. L’homme n’a ni les dents acĂ©rĂ©es ni les griffes pour tuer et dĂ©chiqueter sa proie. Au contraire, ses mains sont faites pour cueillir des fruits, des baies et des lĂ©gumes, et ses dents sont appropriĂ©es pour les mĂącher. » Tout ce dont nous avons besoin pour nous nourrir, nous restaurer et nous rĂ©galer est abondamment pourvu dans le magasin inĂ©puisable de la Nature. Quelle vision agrĂ©able, plaisante et innocente qu’une table frugalement servie, et quelle diffĂ©rence avec un repas composĂ© de chair animale fumante et massacrĂ©e. En rĂ©sumĂ©, nos vergers offrent tous les dĂ©lices imaginables, tandis que les abattoirs et les boucheries sont pleins de sang coagulĂ©, et d’une abominable puanteur. » Pierre François Guyot Desfontaines, 1685-1745, journaliste, critique littĂ©raire Ayant demandĂ© Ă  TaĂŻfaco de quelle nature Ă©taient les mets excellents qu’il nous prĂ©sentait, il me rĂ©pondit que ce n’était que des lĂ©gumes singuliers qui croissait dans le pays et qu’on avait l’art d’assaisonner. Nous n’imitons pas, ajouta-t-il, les Espagnols et les autres EuropĂ©ens qui se repaissent de la chair des animaux funeste habitude qui les a en quelque sorte familiarisĂ©s avec l’effusion du sang des hommes. Les bĂȘtes n’ont-elles pas une Ăąme ? Quel droit Ă  l’homme de la sĂ©parer de leur corps et de s’approprier leur substance pour sustenter la sienne, tandis que la terre libĂ©rale lui offre une infinitĂ© de grains, de racines et de fruits dont il peut se nourrir lĂ©gitimement ? »François-Marie Arouet dit Voltaire, 1694-1778, philosophe Il n’est que trop certain que ce carnage dĂ©goĂ»tant, Ă©talĂ© sans cesse dans nos boucheries et dans nos cuisines, ne nous paraĂźt pas un mal ; au contraire, nous regardons cette horreur, souvent pestilentielle, comme une bĂ©nĂ©diction du Seigneur et nous avons des priĂšres dans lesquelles on le remercie de ces meurtres. Qu’y a-t-il pourtant de plus abominable que de se nourrir continuellement de cadavres ? » [Porphyre] regarde les animaux comme nos frĂšres, parce qu’ils sont animĂ©s comme nous, qu’ils ont les mĂȘmes principes de vie, qu’ils ont ainsi que nous des idĂ©es, du sentiment, de la mĂ©moire, de l’industrie. Il ne leur manque que la parole ; s’ils l’avaient, oserions-nous les tuer et les manger ? Oserions-nous commettre ces fratricides ? Quel est le barbare qui pourrait faire rĂŽtir un agneau, si cet agneau nous conjurait par un discours attendrissant de n’ĂȘtre point Ă  la fois assassin et anthropophage ? » Les moutons n’ont pas sans doute Ă©tĂ© faits absolument pour ĂȘtre cuits et mangĂ©s, puisque plusieurs nations s’abstiennent de cette horreur. » Il faut convenir qu’il y a de la barbarie Ă  les faire souffrir ; il n’y a certainement que l’usage qui puisse diminuer en nous l’horreur naturelle d’égorger un animal que nous avons nourri de nos mains. » Quel est le chien de chasse, l’orang-outang, l’élĂ©phant bien organisĂ© qui n’est pas supĂ©rieur Ă  nos imbĂ©ciles que nous renfermons, Ă  nos vieux gourmands frappĂ©s d’apoplexie, traĂźnant les restes d’une inutile vie dans l’abrutissement d’une vĂ©gĂ©tation ininterrompue, sans mĂ©moire, sans idĂ©es, languissant entre quelques sensations et le nĂ©ant ? Quel est l’animal qui ne soit pas cent fois au-dessus de nos enfants nouveau-nĂ©s ? » La chasse est le moyen le plus sĂ»r pour supprimer les sentiments des hommes envers les crĂ©atures qui les entourent. » Jean-Jacques Rousseau, 1712-1778, philosophe Tant qu[e l’homme] ne rĂ©sistera point Ă  l’impulsion intĂ©rieure de la commisĂ©ration, il ne fera jamais du mal Ă  un autre homme ni mĂȘme Ă  aucun ĂȘtre sensible. [
] Par ce moyen, on termine aussi les anciennes disputes sur la participation des animaux Ă  la loi naturelle. Car il est clair que, dĂ©pourvus de lumiĂšres et de libertĂ©, ils ne peuvent reconnaĂźtre cette loi ; mais tenant en quelque chose Ă  notre nature par la sensibilitĂ© dont ils sont douĂ©s, on jugera qu’ils doivent aussi participer au droit naturel, et que l’homme est assujetti envers eux Ă  quelque espĂšce de devoirs. Il semble, en effet, que si je suis obligĂ© de ne faire aucun mal Ă  mon semblable, c’est moins parce qu’il est un ĂȘtre raisonnable que parce qu’il est un ĂȘtre sensible ; qualitĂ© qui, Ă©tant commune Ă  la bĂȘte et Ă  l’homme, doit au moins donner Ă  l’une le droit de n’ĂȘtre point maltraitĂ©e inutilement par l’autre. » Nous passĂąmes une heure ou deux Ă  pĂȘcher Ă  cinq cents pas du rivage. La pĂȘche fut bonne ; mais, Ă  l’exception d’une truite qui avait reçu un coup d’aviron, Julie fit tout rejeter Ă  l’eau. Ce sont, dit-elle, des animaux qui souffrent ; dĂ©livrons-les jouissons du plaisir qu’ils auront d’ĂȘtre Ă©chappĂ©s au pĂ©ril. » Cette opĂ©ration se fit lentement, Ă  contrecƓur, non sans quelques reprĂ©sentations ; et je vis que nos gens auraient mieux goĂ»tĂ© le poisson qu’ils avaient pris que la morale qui lui sauvait la vie. » Denis Diderot, 1713-1784 Ă©crivain, encyclopĂ©diste, philosophe Ce n’est point parce qu’il lĂšve les yeux au ciel comme tous les oiseaux, qu’il est le roi des animaux ; c’est parce qu’il est armĂ© d’une main souple, flexible, industrieuse, terrible et secourable. Sa main est son sceptre. Ce mĂȘme bras qu’il lĂšve au ciel comme pour y chercher son origine, il l’étend, l’appesantit sur la terre pour y dominer par la destruction, pour en bouleverser la surface, et dire quand il a tout ravagĂ© je rĂšgne. La plus sĂ»re marque de la population humaine est la dĂ©population des autres espĂšces ».Emmanuel Kant, 1724-1804, philosophe La cruautĂ© envers les animaux est la violation d’un devoir de l’humain envers lui-mĂȘme. » Nicolas Edme Restif de la Bretonne, 1734-1806, Ă©crivain Sois juste envers les animaux, et tel que tu voudrais que fĂ»t Ă  ton Ă©gard un animal supĂ©rieur Ă  l’homme. »Jeremy Bentham, 1748-1832, philosophe Le jour viendra peut-ĂȘtre oĂč le reste de la crĂ©ation animale acquerra ces droits qui n’auraient jamais pu ĂȘtre refusĂ©s Ă  ses membres autrement que par la main de la tyrannie. Les Français ont dĂ©jĂ  dĂ©couvert que la noirceur de la peau n’est en rien une raison pour qu’un ĂȘtre humain soit abandonnĂ© sans recours au caprice d’un bourreau. On reconnaĂźtra peut-ĂȘtre un jour que le nombre de pattes, la pilositĂ© de la peau, ou la façon dont se termine le sacrum sont des raisons Ă©galement insuffisantes pour abandonner un ĂȘtre sensible Ă  ce mĂȘme sort. Et quel autre critĂšre devrait marquer la ligne infranchissable ? Est-ce la facultĂ© de raisonner, ou peut-ĂȘtre celle de discourir ? Mais un cheval ou un chien adultes sont des animaux incomparablement plus rationnels, et aussi plus causants, qu’un enfant d’un jour, ou d’une semaine, ou mĂȘme d’un mois. Mais s’ils ne l’étaient pas, qu’est-ce que cela changerait ? La question n’est pas Peuvent-ils raisonner ? ni Peuvent-ils parler ? mais Peuvent-ils souffrir ? Alexander von Humboldt, 1769-1859, explorateur, gĂ©ographe, naturaliste Se nourrir des animaux n’est pas loin de l’anthropophagie et du cannibalisme. » La cruautĂ© Ă  l’égard des animaux n’est conciliable ni avec une vĂ©ritable humanitĂ© instruite, ni avec une vĂ©ritable Ă©rudition. C’est un des vices les plus caractĂ©ristiques d’un peuple ignoble et brutal. Aujourd’hui, pratiquement tous les peuples sont plus ou moins barbares envers les animaux. Il est faux et grotesque de souligner Ă  chaque occasion leur apparent haut degrĂ© de civilisation, alors que chaque jour ils tolĂšrent avec indiffĂ©rence les cruautĂ©s les plus infĂąmes perpĂ©trĂ©es contre des millions de victimes sans dĂ©fense. » La mĂȘme superficie de terre utilisĂ©e pour paĂźtre et nourrir du bĂ©tail pour produire la viande pour alimenter 1 personne, pourrait nourrir 10 personnes avec des vĂ©gĂ©taux ; si de plus nous la cultivions avec des lentilles, haricots en grains, ou petits pois, elle pourrait nourrir une centaine de personnes
 » Arthur Schopenhauer, 1788-1860, philosophe Le monde n’est pas une fabrique et les animaux ne sont pas des produits Ă  l’usage de nos besoins » car l'animal est pour l'essentiel le mĂȘme que l'homme ».Henry-David Thoreau, 1818-1862, naturaliste, poĂšte, philosophe Il n’y a aucun doute pour moi qu’il entre dans le destin de l’humanitĂ©, parce qu’elle se perfectionne progressivement, de cesser un jour de manger des animaux. » Alphonse de Lamartine, 1790-1869, Ă©crivain, homme politique J’ai conservĂ© une rĂ©pugnance raisonnĂ©e pour la chair cuite et il m’a toujours Ă©tĂ© difficile de ne pas voir dans l’étal du boucher quelque chose de celui du bourreau ». [ On n'a pas deux cƓurs, l'un pour l'homme, l'autre pour l'animal
 On a du cƓur ou on n'en a pas ».] John Stuart Mill, 1806-1873, philosophe, Ă©conomiste Rien n’est plus naturel pour les ĂȘtres humains, ni, jusqu’à un certain point dans la culture, plus universel, que d’estimer les plaisirs et les douleurs des autres comme mĂ©ritant d’ĂȘtre considĂ©rĂ©s exactement proportionnellement Ă  leur ressemblance avec nous-mĂȘmes. [
] Certes, toute pratique cause plus de douleur aux animaux que de plaisir Ă  l’homme ; cette pratique est-elle morale ou immorale ? Et si, exactement comme les ĂȘtres humains lĂšvent la tĂȘte hors du marĂ©cage de l’égoĂŻsme, ils ne rĂ©pondent pas d’une seule voix immoral », que la moralitĂ© du principe d’utilitĂ© soit condamnĂ©e Ă  jamais. » Jules Michelet, 1798-1874, historien, philosophe Vie animale, sombre mystĂšre. Toute la nature proteste contre la barbarie de l’homme qui ne comprend pas, qui humilie et qui torture ses frĂšres infĂ©rieurs. » Le rĂ©gime vĂ©gĂ©tarien ne contribue pas pour peu de chose Ă  la puretĂ© de l’ñme. » Spectacle Ă©trange de voir une mĂšre donner Ă  sa fille, qu’hier encore elle allaitait, cette grossiĂšre alimentation de viandes sanglantes. » Nos voyages de savants qui font tant d’honneur aux modernes, le contact de l’Europe civilisatrice qui va partout, ont-ils profitĂ© aux sauvages ? Je ne le vois pas. 
 Les conquĂ©rants, les missionnaires, les marchands ont massacrĂ©, Ă©puisĂ©, abruti et vĂ©rolĂ© les populations, ils ont produit le dĂ©sert. 
 On peut juger que si l’homme a ainsi traitĂ© l’homme, il n’a pas Ă©tĂ© plus clĂ©ment ni meilleur pour les animaux. Des espĂšces les plus douces, il a fait d’horribles carnages, les a ensauvagĂ©es et barbarisĂ©es pour toujours. » 
 Car tous les rĂ©cits de voyageurs concordent il fut un temps oĂč les lamantins, les phoques, les pingouins, les manchots, les baleines aimaient la compagnie de l’homme
 » George Sand, 1804-1876, Ă©crivaine Ce sera un grand progrĂšs dans l’évolution de la race humaine quand nous mangerons des fruits et que les carnivores disparaĂźtront de la Terre. Tout sera faisable sur cette Terre Ă  partir du moment oĂč nous viendrons Ă  bout des repas de viande et des guerres. » Richard Wagner, 1813-1883, compositeur, Ă©crivain Alors que la vue du bƓuf sacrifiĂ© aux dieux nous est devenue insupportable, aujourd’hui les flots de sang qui s’écoulent quotidiennement des abattoirs sont rincĂ©s Ă  l’eau et cachĂ©s Ă  nos yeux, afin qu’au dĂźner nous puissions nous rĂ©jouir du cadavre des animaux abattus, arrangĂ© de telle sorte qu’il ne soit plus reconnaissable comme tel. DĂšs Ă  prĂ©sent, nous devrions avoir Ă  cƓur de cultiver un sol nouveau d’oĂč pourrait Ă©merger une religion de la compassion, malgrĂ© ceux qui ne savent penser qu’en fonction de l’utilitĂ© des choses. Qu’attendons-nous d’une religion si nous en excluons la pitiĂ© envers les animaux ? »Victor Hugo, 1802-1885, Ă©crivain Torturer un taureau pour le plaisir, pour l'amusement, c'est beaucoup plus que torturer un animal, c'est torturer une conscience. » L’enfer n’existe pas pour les animaux, ils y sont dĂ©jĂ . » Émile Zola, 1840-1902, Ă©crivain La cause des animaux passe avant le souci de me ridiculiser. » Les bĂȘtes n'ont pas encore de patrie. Il n'y a pas encore des chiens allemands, des chiens italiens et des chiens français. Il n'y a partout que des chiens qui souffrent quand on leur allonge des coups de canne. Alors, est-ce qu'on ne pourrait pas, de nation Ă  nation, commencer par tomber d'accord sur l'amour qu'on doit aux bĂȘtes ? De cet amour universel des bĂȘtes, par-dessus les frontiĂšres, peut-ĂȘtre en arriverait-on Ă  l'universel amour des hommes. Les chiens du monde entier devenus frĂšres, caressĂ©s en tous lieux avec la mĂȘme tendresse, traitĂ©s selon le mĂȘme code de justice, rĂ©alisant le peuple unique des libertaires, en dehors de l'idĂ©e guerroyante et fratricide de patrie, n'est-ce pas lĂ  le rĂȘve d'un acheminement vers la citĂ© du bonheur futur ? Des chiens internationaux que tous les peuples pourraient aimer et protĂ©ger, en qui tous les peuples pourraient communier, ah ! Grand Dieu ! Le bel exemple, et comme il serait dĂ©sirable que l'humanitĂ© se mĂźt dĂšs aujourd'hui Ă  cette Ă©cole, dans l'espoir de l'entendre se dire plus tard que de telles lois ne sont pas faites uniquement pour les chiens ! » La corrida, ni un art, ni une culture ; mais la torture d’une victime dĂ©signĂ©e. » Le devoir le plus Ă©levĂ© pour un homme est de soustraire les animaux Ă  la cruautĂ©. » Pourquoi la souffrance d’une bĂȘte me bouleverse-t-elle ainsi ? Pourquoi ne puis-je supporter l’idĂ©e qu’une bĂȘte souffre, au point de me relever la nuit, l’hiver, pour m’assurer que mon chat a bien sa tasse d’eau ? [
] Pour moi, je crois bien que ma charitĂ© pour les bĂȘtes est faite de ce qu’elles ne peuvent parler, expliquer leurs besoins, indiquer leurs maux. Une crĂ©ature qui souffre et qui n’a aucun moyen de nous faire entendre comment et pourquoi elle souffre, n’est-ce pas affreux, n’est-ce pas angoissant ? » C’est Ă  la souffrance qu’il faut dĂ©clarer la guerre, et vous parlez un langage universel, lorsque vous criez pitiĂ© et justice pour les bĂȘtes. » Louise Michel, 1830-1905, institutrice, figure de la Commune de Paris Au fond de ma rĂ©volte contre les forts, je trouve du plus loin qu’il me souvienne l’horreur des tortures infligĂ©es aux bĂȘtes. Depuis la grenouille que les paysans coupent en deux, laissant se traĂźner au soleil la moitiĂ© supĂ©rieure, les yeux horriblement sortis, les bras tremblants cherchant Ă  s’enfouir sous la terre, jusqu’à l’oie dont on cloue les pattes, jusqu’au cheval qu’on fait Ă©puiser par les sangsues ou fouiller par les cornes des taureaux, la bĂȘte subit, lamentable, le supplice infligĂ© par l’homme. Et plus l’homme est fĂ©roce envers la bĂȘte, plus il est rampant devant les hommes qui le dominent. » C’est que tout va ensemble, depuis l’oiseau dont on Ă©crase la couvĂ©e jusqu’aux nids humains dĂ©cimĂ©s par la guerre. » Et le cƓur de la bĂȘte est comme le cƓur humain, son cerveau est comme le cerveau humain, susceptible de sentir et de comprendre. » George Thorndike Angell, 1823-1909, avocat On me demande parfois Pourquoi dĂ©pensez-vous autant de votre temps et d’argent Ă  parler de la bontĂ© envers les animaux quand il y a tant de cruautĂ© faite aux humains ? Je rĂ©ponds Je travaille Ă  ses racines. » LĂ©on TolstoĂŻ, 1828-1910, Ă©crivain S’il cherche sĂ©rieusement et sincĂšrement la voie morale, la premiĂšre dont l’ĂȘtre humain se privera sera la nourriture animale ; car [
] son usage est tout simplement immoral, car il exige une action contraire au sentiment de moralitĂ© – l’assassinat – et il n’est provoquĂ© que par la gourmandise, la voracitĂ©. » De l'assassinat d'un animal Ă  celui d'un ĂȘtre humain, il n'y a qu'un pas ». Le vĂ©gĂ©tarisme vaut comme critĂšre de base avec lequel nous pouvons reconnaĂźtre si l’homme aspire sĂ©rieusement Ă  une perfection morale. La nourriture carnĂ©e est un rĂ©sidu primitif ; le passage Ă  une alimentation vĂ©gĂ©tarienne est la premiĂšre manifestation de l’instruction. »Luther Standing Bear, 1863/1868 – 1939, chef Sioux Les animaux ont des droits le droit d’ĂȘtre protĂ©gĂ©s par l’ĂȘtre humain, le droit Ă  la vie et Ă  la multiplication de l’espĂšce, le droit Ă  la libertĂ© et le droit de n’avoir aucune dette envers l’ĂȘtre humain. » Romain Rolland, 1866-1944, Ă©crivain, prix Nobel de LittĂ©rature La cruautĂ© envers les animaux et mĂȘme dĂ©jĂ  l’indiffĂ©rence envers leur souffrance, est Ă  mon avis l’un des pĂ©chĂ©s les plus lourds de l’humanitĂ©. Il est la base de la perversitĂ© humaine. Si l’homme crĂ©e tant de souffrance, quel droit a-t-il Ă  se plaindre de ses propres souffrances ? » Mohandas Gandhi, 1869-1948, avocat, militant des droits humains Un humain cruel avec les animaux ne peut ĂȘtre un ĂȘtre humain bon. » On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traitĂ©s. » Jamais je ne consentirai Ă  sacrifier au corps humain la vie d’un agneau. J’estime que, moins une crĂ©ature peut se dĂ©fendre, plus elle a droit Ă  la protection de l’ĂȘtre humain contre la cruautĂ© humaine. » Maurice Maeterlinck, 1862-1949, Ă©crivain, prix Nobel de LittĂ©rature Je n’ai pas l’intention d’approfondir ici la question du vĂ©gĂ©tarisme ni de rencontrer les objections qu’on y peut faire, mais il convient de reconnaitre que bien peu de ces objections rĂ©sistent Ă  un examen loyal et attentif, et l’on peut affirmer que tous ceux qui se sont soumis Ă  ce rĂ©gime ont senti leurs forces s’accroitre, leur santĂ© se rĂ©tablir ou s’affermir, leur esprit s’allĂ©ger et se purifier comme au sortir d’une prison sĂ©culaire, nausĂ©abonde et misĂ©rable. » Si quelque jour se gĂ©nĂ©ralisait la certitude que lÂŽhomme peut se passer de la chair des animaux, il y aurait non seulement une grande rĂ©volution Ă©conomique, – car un bƓuf, pour produire une livre de viande, consomme plus de cent livres de fourrage, – il y aurait encore une amĂ©lioration morale probablement aussi importante et certainement plus sincĂšre et plus durable que si l’EnvoyĂ© du PĂšre revenait une seconde fois visiter notre terre pour rĂ©parer les erreurs et les oublis de son premier pĂšlerinage. » Louis Raimbault, 1877-1949, anarchiste, libertaire LibĂ©rer tout ce qui vit, tout ce qui est sensible et qui souffre de l’injustice, de l’iniquitĂ©, de l’abus, de la perversion des hommes. » George Bernard Shaw, 1856-1950, Ă©crivain, prix Nobel de LittĂ©rature, critique musical Les animaux sont mes amis et je ne mange pas mes amis » Tant que nous sommes nous-mĂȘmes les tombeaux vivants d’animaux assassinĂ©s, comment pouvons-nous espĂ©rer des conditions de vie idĂ©ales sur cette Terre ? » Albert Einstein, 1879-1955, physicien, prix Nobel de Physique Rien ne peut ĂȘtre plus bĂ©nĂ©fique Ă  la santĂ© humaine ni accroĂźtre les chances de survie de la vie sur la Terre qu’une Ă©volution vers un rĂ©gime vĂ©gĂ©tarien. » Albert Schweitzer, 1875-1965, mĂ©decin, pasteur, thĂ©ologien, prix Nobel de la Paix Peu m’importe de savoir si un animal peut raisonner
 Mais du seul fait que je le sais capable de souffrir, c’est en cela que je le considĂšre comme mon prochain. » À mon avis, nous devons nous engager pour la protection des animaux et cesser complĂštement de manger de la viande. Je le fais moi-mĂȘme et c’est ainsi que bien des personnes deviennent attentives Ă  ce problĂšme qui a Ă©tĂ© posĂ© si tard. » Martin Luther King, 1929-1968, pasteur, militant des droits civiques, prix Nobel de la Paix N’ayez jamais peur de faire ce qui est juste, surtout si le bien ĂȘtre d’une personne ou d’un animal est en jeu. Les punitions de la sociĂ©tĂ© sont faibles comparĂ©es aux blessures que nous infligeons Ă  l’ñme quand nous dĂ©tournons le regard. » ThĂ©odore Adornau, 1903-1969, philosophe, sociologue, musicologue Auschwitz commence quand quelqu'un regarde un abattoir et pense ce ne sont que des animaux. » Jacques PrĂ©vert, 1900-1977, poĂšte et scĂ©nariste Un seul oiseau en cageLa libertĂ© est en deuil. » Louis de Funes de Galarza, 1914-1983, comĂ©dien J’ai abandonnĂ© la pĂȘche le jour oĂč je me suis aperçu qu’en les attrapant, les poissons ne frĂ©tillaient pas de joie. » Marguerite Yourcenar, 1903-1987, Ă©crivaine Je me dis souvent, que si nous n’avions pas acceptĂ©, depuis des gĂ©nĂ©rations, de voir Ă©touffer des animaux dans des wagons Ă  bestiaux [
] personne, pas mĂȘme les soldats chargĂ©s de les convoyer, n’aurait supportĂ© les wagons plombĂ©s des annĂ©es 1940-1945. » L’Homme a peu de chances de cesser d’ĂȘtre un tortionnaire pour l’Homme, tant qu’il continuera Ă  apprendre sur l’animal son mĂ©tier de bourreau. » Tout comme ZĂ©non, il me dĂ©plaĂźt de digĂ©rer des agonies. » Isaac Bashevis Singer, 1902-1991, Ă©crivain Tout ce verbiage sur la dignitĂ©, la compassion, la culture ou la morale semble ridicule lorsqu’il sort de la bouche mĂȘme de ceux qui tuent des crĂ©atures innocentes, pourchassent des renards que leurs chiens ont Ă©puisĂ©s, ou mĂȘme encouragent l’existence de combat de taureaux. Je ne crois pas qu’il puisse y avoir de paix dans le monde tant que les animaux seront traitĂ©s comme ils le sont aujourd’hui. Les humains sont des nazis pour eux, pour les animaux, c’est tous les jours Treblinka. » On affirme souvent que les hommes ont toujours mangĂ© de la viande, comme si c’était une justification pour continuer Ă  le faire. Selon la mĂȘme logique, nous ne devrions pas chercher Ă  empĂȘcher un homme d’en tuer un autre Ă©tant donnĂ© que cela aussi a toujours Ă©tĂ©. » ThĂ©odore Monod, 1902-2000, universitaire, naturaliste, explorateur Ce qu’on peut critiquer, c’est cette prééminence exclusive donnĂ©e Ă  l’homme, car cela implique tout le reste. Si l’homme se montrait plus modeste et davantage convaincu de l’unitĂ© des choses et des ĂȘtres, de sa responsabilitĂ© et de sa solidaritĂ© avec les autres ĂȘtres vivants, les choses seraient bien diffĂ©rentes. » Les animaux n’ont pas, comme l’homme, l’orgueil de se croire le roi des animaux. » L’animal ne demande pas qu’on l’aime, il demande qu’on lui fiche la paix. » Pourquoi reconnaĂźtre des droits Ă  l'animal implique-t-il nĂ©cessairement qu'on l'identifie Ă  l'homme ? En dĂ©pit de nos diffĂ©rences, ne peut-on pas tout simplement lui accorder le droit de vivre, d'exister ? » Jacques Derrida, 1930-2004, philosophe De quelque façon qu'on l'interprĂšte, quelque consĂ©quence pratique, technique, scientifique, juridique, Ă©thique, ou politique qu'on en tire, personne aujourd'hui ne peut nier cet Ă©vĂ©nement, Ă  savoir les proportions sans prĂ©cĂ©dent de cet assujettissement de l'animal. Cet assujettissement dont nous cherchons Ă  interprĂ©ter l’histoire, nous pouvons l’appeler violence, fĂ»t-ce au sens moralement le plus neutre de ce terme et mĂȘme quand la violence interventionniste se pratique, dans certains cas, fort minoritaires et nullement dominants, ne l’oublions jamais, au service ou pour la protection de l’animal, mais le plus souvent de l’animal humain. » Personne ne peut plus nier sĂ©rieusement et longtemps que les hommes font tout ce qu’ils peuvent pour dissimuler ou pour se dissimuler cette cruautĂ©, pour organiser Ă  l’échelle mondiale l’oubli ou la mĂ©connaissance de cette violence que certains pourraient comparer aux pires gĂ©nocides. » Claude LĂ©vi-Strauss, 1908-2009, anthropologue, ethnologue Un jour viendra oĂč l’idĂ©e que, pour se nourrir, les hommes du passĂ© Ă©levaient et massacraient des ĂȘtres vivants et exposaient complaisamment leur chair en lambeaux dans les vitrines, inspirera sans doute la mĂȘme rĂ©pulsion qu’aux voyageurs du XVIe ou XVIIe siĂšcle, les repas cannibales des sauvages amĂ©ricains, ocĂ©aniens ou africains. » Les problĂšmes posĂ©s par les prĂ©jugĂ©s raciaux reflĂštent Ă  l’échelle humaine un problĂšme beaucoup plus vaste et dont la solution est encore plus urgente celui des rapports de l’homme avec les autres espĂšces vivantes
 Le respect que nous souhaitons obtenir de l’homme envers ses semblables n’est qu’un cas particulier du respect qu’il faudrait ressentir pour toutes les formes de vie
 »Albert Jacquard, 1925-2013, gĂ©nĂ©ticien, essayiste Maltraiter un animal n’est pas le simple rĂ©sultat d’un dĂ©sordre mineur de la personnalitĂ©, mais le symptĂŽme d’une perturbation mentale profonde. » François Cavanna, 1923-2014, Ă©crivain et dessinateur humoristique L'homme est mon frĂšre, certes. Le chien l'est aussi. Et le singe, et l'ours, et l'Ă©lĂ©phant. Et l'araignĂ©e. Oui, l'araignĂ©e. Est mon frĂšre quiconque peut, comme moi, souffrir, avoir peur, aimer, mourir. Je souffre avec tout ce qui souffre ... avec l'enfant noir au ventre vide, avec la fiancĂ©e de Beyrouth aux jambes arrachĂ©es, avec le singe clouĂ© sur une planche, dont on dĂ©roule les intestins "pour voir". Leurs yeux hurlent la mĂȘme horreur, la mĂȘme folie la souffrance. » VoilĂ  qu'une douleur soudaine, atroce, paralyse mon Ă©paule gauche. D'un bond je me retourne. C'est un type, dĂ©guisĂ© comme les autres, qui m'a plantĂ© une espĂšce de saloperie de grappin en forme d’hameçon en plein entre deux vertĂšbres, et cet engin de torture est Ă©quipĂ© de telle façon qu'Ă  chacun de mes mouvements il se balance et dĂ©chiquette la chair et les nerfs Ă  grands flots de sang. La douleur est Ă©pouvantable. Maman, vois ce qu'on fait Ă  ton petit enfant ! Qu'ai-je fait pour mĂ©riter cela ?Le public est dĂ©chaĂźnĂ©. On m'attaque de partout, mon martyre les met en joie. C'est donc cela, la corrida ? Des hommes fous de mĂ©chancetĂ© jouissant plus fort que par le sexe mĂȘme ? Les salauds ! C'est donc pour cela qu’ils m’ont Ă©levĂ© et fait si beau ? Pour dĂ©guster ma mort ? L'arĂšne est jonchĂ©e de ce que, dans leur enthousiasme ou leur fureur, lancent les spectateurs, et aussi de monceaux de tripailles de chevaux qui n'ont pas eu de chance. DĂ©jĂ  le tueur couvert d'oripaille tend les fesses et darde l'Ă©pĂ©e, suivant la sacro-sainte tradition. Il me fait face. Je ne suis plus qu'une pauvre carcasse tremblante, vidĂ©e, Ă  bout. Je tombe sur les genoux ; puisqu'il faut en finir, finissons-en. Je tends le cou. » Dick Gregory, 1932-2017, Ă©crivain, humoriste, acteur, militant des droits civiques Je milite pour le droit des animaux pour les mĂȘmes raisons que je milite pour les droits humains. Les animaux et les humains meurent de la mĂȘme façon, et la violence produit la mĂȘme souffrance, le mĂȘme sang versĂ©, la mĂȘme odeur de mort, la mĂȘme cruautĂ©, arrogance et brutalitĂ© dans l’acte de tuer. Nous n’avons pas besoin d’en faire partie. » Tomi Ungerer, 1931-2019, auteur illustrateur Les animaux de boucherie sont gĂ©nĂ©ralement tuĂ©s par procuration avant d’ĂȘtre mangĂ©s par des hypocrites qui s’évanouiraient Ă  la vue du sang. » Milan Kundera, nĂ© en 1929, Ă©crivain La vraie bontĂ© de l'homme ne peut se manifester en toute puretĂ© et en toute libertĂ© qu'Ă  l'Ă©gard de ceux qui ne reprĂ©sentent aucune force. Le vĂ©ritable test moral de l'humanitĂ© le plus radical, qui se situe Ă  un niveau si profond qu'il Ă©chappe Ă  notre regard, ce sont ses relations avec ceux qui sont Ă  sa merci les animaux. Et c'est ici que s'est produite la faillite fondamentale de l'homme, si fondamentale que toutes les autres en dĂ©coulent. » Boris Cyrulnik, nĂ© en 1937, neurologue, psychiatre, psychanalyste, Ă©thologue Le jour oĂč les humains comprendront qu’une pensĂ©e sans langage existe chez les animaux, nous mourrons de honte de les avoir enfermĂ©s dans des zoos et de les avoir humiliĂ©s par nos rires
 » Howard Lyman, nĂ© en 1938, ancien Ă©leveur reconverti dans la dĂ©fense des animaux Vous ne pouvez pas ĂȘtre un Ă©cologiste et manger de la viande, point. Leurrez-vous si vous voulez, si vous avez envie de nourrir votre addiction, mais ne vous dites pas Ă©cologiste. »Eugen Drewermann, nĂ© en 1940, universitaire, psychanalyste, philosophe Aussi longtemps que les hommes tueront les animaux, ils feront la guerre. Aussi longtemps que les hommes mangeront des animaux, ils tortureront Ă  mort leurs victimes innocentes par centaines de milliers dans les laboratoires et les installations d’élevage collectif, par millions dans les abattoirs des villes, par myriades dans les mers du monde. Leur fleuve de sang ne doit pas servir plus longtemps de nourriture, leur corps de matiĂšre premiĂšre, leur vie de provision pour nous les hommes. »Paul McCartney, nĂ© en 1942, musicien, auteur-compositeur, chanteur Si les abattoirs avaient des vitres, on serait tous vĂ©gĂ©tariens. » Harvey Diamond, nĂ© en 1945, auteur animaux, nutrition Mettez un enfant dans un berceau avec une pomme et un lapin. S’il mange le lapin et joue avec la pomme, je vous achĂšte une voiture neuve. »Yann Arthus-Bertrand, nĂ© en 1946, photographe, reporter, rĂ©alisateur Tous les Ă©colos devraient arrĂȘter de manger de la viande, car elle est en train de dĂ©truire la planĂšte. On dĂ©foreste tous les ans l’équivalent de la Belgique pour cultiver des cĂ©rĂ©ales qui nourrissent les animaux. C’est facile de dire que c’est Trump le mĂ©chant et de continuer Ă  manger de la viande dans son coin. On a les hommes politiques qu’on mĂ©rite. » Peter Singer, nĂ© en 1946, universitaire, philosophe Le spĂ©cisme est un prĂ©jugĂ© ou une attitude de parti pris en faveur des intĂ©rĂȘts des membres de sa propre espĂšce et Ă  l'encontre des intĂ©rĂȘts des membres des autres espĂšces. » La libĂ©ration animale exigera des ĂȘtres humains un altruisme plus grand que tout autre mouvement de libĂ©ration. Les animaux sont incapables d'exiger d'eux-mĂȘmes leur propre libĂ©ration, ou de protester contre leur situation par des votes, des manifestations ou des boycotts. » Je crois que nos comportements actuels vis Ă  vis de ces ĂȘtres sont fondĂ©s sur une longue histoire de prĂ©jugĂ©s et de discrimination arbitraire. Je soutiens qu'il ne peut y avoir aucune raison - hormis le dĂ©sir Ă©goĂŻste de prĂ©server les privilĂšges du groupe exploiteur - de refuser d'Ă©tendre le principe fondamental d'Ă©galitĂ© aux membres des autres espĂšces. Je vous demande de reconnaĂźtre que vos attitudes Ă  l'Ă©gard des membres des autres espĂšces sont une forme de prĂ©jugĂ© tout aussi contestable que les prĂ©jugĂ©s concernant la race ou le sexe. » Tous les arguments pour prouver la supĂ©rioritĂ© de l’homme ne peuvent briser cette dure rĂ©alitĂ© nous sommes tous Ă©gaux dans la souffrance. » Carlos Santana, nĂ© en 1947, guitariste, compositeur, interprĂšte Je ne mange pas de viande car la viande apporte des propriĂ©tĂ©s nĂ©gatives telles que la peur, la colĂšre, l’anxiĂ©tĂ©, l’agressivitĂ©, etc
 Les lĂ©gumes s’offrent paisiblement Ă  la terre quand ils sont mĂ»rs, permettant ainsi un paisible et excellent Ă©tat d’esprit. » John Robbins, nĂ© en 1947, auteur militant animaux, environnement, nutrition J’ai rĂ©coltĂ© des choux et cueilli des carottes et j’ai aussi visitĂ© des abattoirs ces expĂ©riences ne peuvent pas se comparer ». Nul besoin de se priver il s’agit seulement de mieux comprendre comment manger de la façon la plus saine, la plus agrĂ©able, la plus nourrissante d’une part, et la plus Ă©conomique, la plus gĂ©nĂ©reuse, la moins polluante d’autre part. [
] La vie dans son ensemble en bĂ©nĂ©ficierait vous, le genre humain, les animaux, les forĂȘts, les riviĂšres, le sol, les ocĂ©ans, et l’atmosphĂšre terrestre. » Armand Farrachi, nĂ© en 1949, Ă©crivain Aucune civilisation n’a jamais infligĂ© d’aussi dures souffrances aux animaux que la nĂŽtre, au nom de la production rationnelle au coĂ»t le plus bas ». 
 N’ayons pas peur des mots la France est couverte de camps de concentration et de salles de torture. 
 Pour ces millions, pour ces milliards d’animaux, le simple fait de vivre, depuis la naissance jusqu’à la mort, est un supplice de chaque seconde. »Philip Wollen, nĂ© en 1950, ex-banquier, militant des droits des animaux humains et non-humains Les animaux doivent ĂȘtre retirĂ©s des menus parce que ce soir, ils crient de terreur dans les abattoirs, les caisses et les cages, vils goulags ignobles de dĂ©sespoir. » J’ai entendu les cris de mon pĂšre mourant, son corps ravagĂ© par le cancer qui l’a tuĂ©, et j’ai rĂ©alisĂ© que j’avais dĂ©jĂ  entendu ces cris avant. Dans les abattoirs ; les yeux arrachĂ©s et les tendons coupĂ©s, sur les navires bĂ©taillers en direction du Moyen-Orient et chez la mĂšre baleine mourante quand un harpon explose dans son cerveau alors qu’elle appelle son baleineau. Ces cris Ă©taient ceux de mon pĂšre. J’ai alors dĂ©couvert que dans la souffrance, nous sommes tous Ă©gaux, et que dans notre capacitĂ© Ă  souffrir, un chien est un cochon, est un ours
 est un garçon. » La viande est le nouvel amiante, plus meurtriĂšre que le tabac. CO2, mĂ©thane et oxyde nitreux provenant du secteur de l’élevage tuent nos ocĂ©ans, crĂ©ant des zones mortes, acides, hypoxiques. 90 % des poissons de petite taille sont broyĂ©s pour nourrir le bĂ©tail les vaches vĂ©gĂ©tariennes sont aujourd’hui les plus grands prĂ©dateurs marins. Les ocĂ©ans sont en train de mourir. » Seulement 100 milliards de personnes ont vĂ©cu sur terre. 7 milliards y vivent aujourd’hui. Et nous torturons et tuons 2 milliards d’animaux chaque semaine. 10 000 espĂšces sont anĂ©anties chaque annĂ©e par les actions d’une seule. Nous sommes maintenant face Ă  sixiĂšme extinction de masse de l’histoire cosmologique. Si un autre organisme agissait comme cela, les biologistes l’appelleraient un virus ». Victor Hugo a dit Rien n’est plus fort qu’une idĂ©e dont l’heure est venue. » Les droits des animaux sont aujourd’hui la plus importante question de justice sociale depuis l’abolition de l’esclavage. Il y a plus de 600 millions de vĂ©gĂ©tariens dans le monde. [
] Si nous Ă©tions une nation, nous serions plus grands que les 27 pays de l’Union EuropĂ©enne rĂ©unis ! » La viande est comme les piĂšces de 1 et 2 centimes. Elle coĂ»te plus cher Ă  faire que ce qu’elle vaut. Et les agriculteurs sont ceux qui ont le plus Ă  gagner. Ce ne serait pas la fin de l’agriculture, mais son essor. » Jean-François Noblet, nĂ© en 1951, ornithologue, mammalogiste, herpĂ©tologiste Je trouve insupportable que l'on tente d'opposer l'amour des hommes et l'amour des animaux. Je crois Ă  l'amour de la vie. » Francis Cabrel, nĂ© en 1953, auteur, compositeur, interprĂšte Chaque fois que la corrida avance, c'est l'humanitĂ© qui recule. » Gary Francione, nĂ© en 1954, juriste, philosophe, universitaire Quand il s’agit de la violation des droits fondamentaux des humains, nous sommes absolutistes. Personne ne propose de rendre l’esclavage, la pĂ©dophilie, le viol etc
 plus humains ». Quand il s’agit de la violation des droits fondamentaux des animaux, nous parlons de tout, sauf d’absolutisme. Au contraire, nous nous concentrons sur le fait de rendre plus humaine » la violation de leurs droits fondamentaux. Nous traitons les intĂ©rĂȘts fondamentaux des humains et des non-humains diffĂ©remment. » Il n’y a pas de diffĂ©rence entre tuer un animal et payer quelqu’un pour le faire Ă  sa place. » Le problĂšme est la violence et la hiĂ©rarchie. Et je pense que cela est intimement liĂ© Ă  la tendance patriarcale Ă  traiter les autres exclusivement comme un moyen pour des fins. Si nous quittons le terrain du patriarcat et rejetons la violence comme moyen de rĂ©soudre les conflits, ainsi que le principe de hiĂ©rarchie et le fait de traiter les autres seulement comme des moyens, cela ne peut qu'amĂ©liorer l'acceptation du vĂ©ganisme. » Si vous pensez qu’ĂȘtre vĂ©gan est difficile, imaginez la difficultĂ© pour les animaux que vous ne le soyez pas. » Ne dites plus que vous aimez les animaux si par ailleurs vous consommez des produits d’origine animale. Devenez vĂ©gan et faites-en sorte que ce qui franchit vos lĂšvres soit cohĂ©rent avec les paroles qui en sortent. » James Cameron, nĂ© en 1954, rĂ©alisateur Ce n’est pas indispensable de manger des animaux, nous en faisons juste le choix. Cela devient donc un choix moral, celui de choisir un mode de vie ayant un Ă©norme impact sur la planĂšte, utilisant d’énormes ressources primaires et dĂ©truisant la biosphĂšre. » Steven Patrick Morrissey, nĂ© en 1959, chanteur Manger des animaux est au mĂȘme niveau moral qu’abuser des enfants. C’est la mĂȘme chose. Les animaux comme les enfants attendent de nous une protection. Nous devrions les protĂ©ger. » Nagui Fam, dit Nagui, nĂ© en 1961, animateur, producteur, comĂ©dien Sur la corrida Il ne s’agit pas “seulement” d’un problĂšme de souffrance animale mais bien d’un problĂšme Ă©thique quelles peuvent ĂȘtres les motivations de gens qui payent pour assister Ă  la torture et Ă  la mise Ă  mort d’un ĂȘtre vivant, qu’ils essayent de justifier par des discours techniques ou esthĂ©tiques, si ce n’est autre que le voyeurisme et le sadisme ? » Florence Burgat, nĂ©e en 1962, philosophe et directrice de recherches Ă  l’INRA L’abattoir est une monstruositĂ© au sens propre du terme, une anomalie, un vice, une difformitĂ© engendrĂ©e par l’humanitĂ© carnivore, un lieu oĂč le mal se dĂ©ploie et se rĂ©pĂšte en toute impunitĂ©. » Si l’on respecte les animaux, par principe, on fait autre chose qu’un mĂ©tier qui vit de la mort, qui plus est en bas Ăąge, des animaux. » Au moment oĂč l’humanitĂ© se pense elle-mĂȘme philosophiquement, mĂ©taphysiquement, elle le fait comme une entitĂ© qui doit se couper de ce qu’elle appelle la nature ou l’animal. Comme pour se rappeler qu’elle s’est sĂ©parĂ©e des animaux, elle les tue et les mange, en cet acte si singulier qu’est l’absorption, la digestion et l’excrĂ©tion d’ĂȘtres dont nous savons qu’ils ne sont, Ă  bien des Ă©gards, pas si diffĂ©rents de nous. Comment affirmer plus radicalement une mainmise que par la manducation, c’est-Ă -dire le fait de manger ? » Du calvaire de l'animal, le consommateur ne sait rien, et ne veut rien savoir. » Jerome Flynn, nĂ© en 1963, acteur Nous n’avons pas Ă©tĂ© Ă©duquĂ©s Ă  faire un lien entre la nourriture dans notre assiette et les animaux que nous aimons. [
] Nous savons maintenant que nous n’avons pas besoin d’obtenir les protĂ©ines par la viande. [
]. Je ne veux pas faire partie de toute cette souffrance. » Melanie Joy, nĂ©e en 1966, universitaire, psychologue Le carnisme est un systĂšme de croyance particulier. C’est une idĂ©ologie dominante, un systĂšme invisible et enracinĂ© qui modĂšle nos croyances, nos comportements, nos normes, etc
 C’est aussi une idĂ©ologie violente. La viande ne peut pas ĂȘtre obtenue sans tuer. »Peter Dinklage, nĂ© en 1969, acteur J’aime les animaux, tous les animaux. Je ne ferais pas de mal Ă  un chat, un chien, un poulet ou une vache. Et je ne demanderais pas Ă  quelqu’un de leur faire du mal pour moi. C’est pour cela que je suis vĂ©gan. »Astrid Guillaume, universitaire, sĂ©mioticienne Je crois en l'humanimalisme, soit un humanisme Ă©tendu aux animaux, et un animalisme Ă©tendu aux humains. Non plus un antagonisme humains - animaux, mais une troisiĂšme voie, pacifiante, reconnaissant Ă  tous les ĂȘtres sentients le droit aux liens interspĂ©cifiques fondĂ©s sur le respect dans un rapport d'Ă©gal Ă  Ă©gal. Ces droits seraient Ă©tablis sur la dĂ©couverte et la reconnaissance des intelligences, langages et sensibilitĂ©s spĂ©cifiques. Ces droits seraient gĂ©nĂ©rateurs de partages, de langages communs, de connaissance de soi et de l'altĂ©ritĂ©. Ils seraient propices Ă  l'Ă©dification d'une intelligence et d'une sentience communes, dans un intĂ©rĂȘt commun. » Gary Yourofsky, nĂ© en 1970, universitaire, confĂ©rencier A l’adresse des consommateurs d’aliments carnĂ©s et ovo-lactĂ©s Ce n’est pas “votre” droit, basĂ© sur “vos” traditions, “vos” coutumes et “vos” habitudes, de bafouer leur libertĂ© afin de leur faire du mal, de les asservir et de les tuer. Ce n’est pas une histoire de droit. C’est une injustice. » Stomy Bugsy, nĂ© en 1972, rappeur, acteur Je suis tellement heureux, tellement fier de moi, de savoir que je ne participe plus Ă  cette tuerie, Ă  ce massacre, de ne plus me nourrir de la mort, d’ouvrir mon frigo et que mon frigo ressemble plus Ă  un jardin qu’à une morgue. » +++ Ce que je ne tue pas, me rend plus fort. » Brigitte GothiĂšre, nĂ©e en 1973, militante animaliste Tuer avec dignitĂ© et respect en abattoir, aurait-on inventĂ© la magie ? Non, mais on a inventĂ© le langage qui maquille habilement des faits ignobles sous des mots rassurants. » Entre les ĂȘtres humains et les autres animaux, il y a des diffĂ©rences. Mais les dĂ©couvertes en Ă©thologie nous apprennent qu’il y a surtout de grandes similitudes en particulier le dĂ©sir de vivre sa propre vie, le mieux possible. Nos habitudes et notre culture nous retiennent dans un paradoxe, nous privent de cohĂ©rence nous ne voulons pas maltraiter et tuer sans nĂ©cessité  et nous le faisons pratiquement tous, chaque jour, en dĂ©lĂ©guant Ă  d’autres le soin de faire le sale boulot. » Des injustices du passĂ© sont aujourd’hui condamnĂ©es, comme l’esclavage humain ou le statut infĂ©rieur assignĂ© aux femmes. Elles Ă©taient soutenues par des intĂ©rĂȘts puissants, elles aussi ancrĂ©es dans la conscience collective au point que la majoritĂ© les croyait normales, naturelles, nĂ©cessaires. La discrimination arbitraire – appelĂ©e spĂ©cisme – qui balaie les intĂ©rĂȘts fondamentaux des animaux pour le moindre dĂ©sir humain est aussi amenĂ©e Ă  disparaĂźtre. Un jour, nous mettrons ensemble fin Ă  une Ăšre d’injustice envers les animaux parce que c’est possible, parce que c’est logique, parce qu’il est juste de le faire. » Vanessa Wagner, nĂ©e en 1973, pianiste La question Ă©cologique est aujourd’hui incontournable et sera intimement liĂ©e Ă  l’avancĂ©e du traitement animal. On doit repenser totalement notre rapport Ă  la nature, Ă  la Terre qui nous porte, nous nourrit et nous fait vivre. » Joaquin Phoenix, nĂ© en 1974, acteur Nous devons apprendre l’empathie, nous devons apprendre Ă  regarder dans les yeux d’un animal et rĂ©aliser que sa vie a de l’importance, parce qu’il est, lui aussi, un ĂȘtre vivant. » "Consommer des produits d'origine animale n'est plus du ressort du choix personnel. Cet acte a des consĂ©quences catastrophiques sur l'ensemble de la planĂšte" Dominick Thompson, nĂ© en 1979, athlĂšte multisports L’industrie laitiĂšre est un grand groupe de violeurs et de meurtriers. Quelle personne saine d’esprit voudrait soutenir des violeurs et des meurtriers ? » Alexey Ivanovitch VoĂŻevoda, nĂ© en 1980, mĂ©daillĂ© d’or olympique et champion du monde de bras de fer J’ai constatĂ© tant de bĂ©nĂ©fices depuis que je suis devenu vĂ©gan. PremiĂšrement, je ne me nourris plus de la souffrance et de la douleur d’animaux sans dĂ©fense. DeuxiĂšmement, mon corps est devenu plus lĂ©ger, pour ainsi dire plus pur ». TroisiĂšmement, dans ma profession, la souplesse et l’élasticitĂ© sont extrĂȘmement importantes, et j’ai augmentĂ© les deux. Et quatriĂšmement, je ne suis aujourd’hui presque plus jamais enrhumĂ© ou grippĂ©. » Renan Larue, universitaire, littĂ©rature et histoire L’antispĂ©cisme et le vĂ©ganisme ne sont pas des inventions rĂ©centes
 ils sont les hĂ©ritiers de la philosophie des LumiĂšres, une philosophie qui sapait Ă  coups de marteau le suprĂ©macisme humain et la fable anthropocentriste. » On dĂ©sinforme les enfants Ă  l’égard de leur rĂ©gime alimentaire. Cela va devenir impossible Ă  justifier dans les annĂ©es Ă  venir. » David Haye, nĂ© en 1980, double champion de monde de boxe J’ai regardĂ© un documentaire tĂ©lĂ© sur la façon dont les animaux Ă©taient Ă©levĂ©s, tuĂ©s et prĂ©parĂ©s pour qu’on les mange. J’ai vu toutes ces vaches et tous ces cochons, et j’ai rĂ©alisĂ© que je ne pouvais plus ĂȘtre complice de ça. C’était horrible. » Natalie Portman, nĂ©e en 1981, actrice et productrice Au sujet de son vĂ©ganisme Trois fois par jour, je me rappelle que j’estime la vie et que je ne veux pas causer de la douleur ou tuer d’autres ĂȘtres vivants. VoilĂ  pourquoi je mange de cette façon. » Res Turner, nĂ© en 1982, rappeur, quintuple champion d'improvisation et dĂ©fenseur des droits des opprimĂ©s Et si c'Ă©tait ton chien, si c'Ă©tait ton frĂšre, tu dirais aussi qu'il faut laisser le temps faire son affaire ? » "Oh oui ! Appelez nous extrĂ©mistes, radicaux ! Loin d'ĂȘtre Ă  la hauteur de l'horreur que subissent les animaux ! Pas une nuit oĂč leurs cris de dĂ©tresse ne retentissent. On se doit de rĂ©pondre Ă  leurs appels Ă  l'aide en tant que repentis. Et qui force qui ? Soyez censĂ©s. On dĂ©porte tous les jours 3 millions d'animaux dans les abattoirs français. Donc, qui force qui ? À outrance. Quand ces mĂȘmes innocents se font Ă©gorger dans une totale indiffĂ©rence " Être vĂ©gan c'est juste ne plus contribuer, ne plus ĂȘtre acteur d'un tel massacre. Et aux derniĂšres nouvelles, quand on parle de lutter, ne rien faire ce n'est pas faire sa part. » JoĂ«l Cessio, nĂ© en 1985, militant de la libĂ©ration animale Violemment malmenĂ© aprĂšs s’ĂȘtre introduit dans les arĂšnes de Dax en pleine corrida On sent une haine du public [
] et on se rend compte que quand on fait du mal Ă  un animal, on peut trĂšs bien en faire Ă  un ĂȘtre humain, c’est pareil. Il n’y a qu’un pas entre tuer un animal et tuer un ĂȘtre humain [
]. La violence doit cesser, que ce soit sur des animaux, que ce soit sur des ĂȘtres humains. » Au sujet de photographies prises en pleine campagne Quelque part, sur les routes de l’indiffĂ©rence en France Quelle torture pour un bĂ©bĂ© d'avoir sa mĂšre Ă  cĂŽtĂ© sans pouvoir la tĂ©ter ! Un anneau rouge avec des pics pour l’en empĂȘcher. Si toi aussi, ces images te choquent, alors peut-ĂȘtre vas-tu y rĂ©flĂ©chir Ă  deux fois avant de prendre son lait
 »David Carter, nĂ© en 1987, footballeur professionnel Vous n’avez pas besoin de prendre une vie pour prendre du muscle. » Marina P, nĂ©e en 1990, neuropsychologue, militante des rues et avenues J'ose espĂ©rer que les choses ne sont pas figĂ©es et que nous sommes acteurs de notre vie tout autant que du monde dans lequel nous vivons et Ă©voluons... Ce qui me semble "juste" et "bon" et inversement, est purement intuitif et invariablement liĂ© Ă  une dynamique Ă©motionnelle il me semble que pour de trĂšs nombreuses choses, nous n'avons pas forcĂ©ment besoin d'ĂȘtre "Ă©duquĂ©s", que nous sommes Ă  mĂȘme de distinguer, et en faisant preuve d’empathie, une situation acceptable ou non... Lorsque l'on est Ă  mĂȘme de ne plus fermer les yeux sur ce qui nous entoure, on est Ă  mĂȘme de se positionner et de lutter contre ce qui nous dĂ©range
 Comme le dit si bien saint Augustin A force de tout voir l’on finit par tout supporter
 A force de tout supporter, on finit par tout tolĂ©rer
 A force de tout tolĂ©rer, on finit par tout accepter
 A force de tout accepter on finit par tout approuver ! ». La situation animale est une des plus terribles dĂ©tresses de ce monde... En somme, ce qui m'engage, au-delĂ  de la lutte contre les injustices, c'est d'oser encore espĂ©rer un monde dans lequel notre discernement aura raison de sa laideur.» PhilĂ©mon DrĂ gĂ n Mačko , nĂ© en 1990, chroniqueur, anarchiste libertaire agitateur Ă  temps plein » Je me laisse guider dans ma fatalitĂ© personnelle, qui est aussi celle du monde, et je lutte contre tout ce qui empĂȘche les gens, les animaux, les plantes, les Ă©lĂ©ments, de vivre, de prospĂ©rer, de se dĂ©ployer, de se toucher, de s’aimer. » Hector Bellerin, nĂ© en 1995, footballeur international Au sujet de son vĂ©ganisme Je crois fermement que la Terre nous rend ce qu’on lui fait. » Pour que la main de l’animal humain PosĂ©e sur l’animal non-humain Ne soit plus celle du bourreau Mais celle du Sage
 Ce billet n’a pas pour sujet les dĂ©couvertes en gĂ©nĂ©tique, Ă©thologie et zoosĂ©miotique, des avancĂ©es bouleversantes et passionnantes. Ce billet n’a pas pour sujet l’essor de la gastronomie vĂ©gĂ©talienne, aussi nutritive qu’époustouflante et qui se dĂ©ploie des en-cas aux cuisines Ă©toilĂ©es. Ce billet n’a pas pour sujet l’agriculture, de ses redoutables fourvoiements et abominations aux belles alternatives et perspectives. Ce billet n’a pas pour sujet la question des objectifs, welfaristes ou abolitionnistes, ni des modes d’action, lĂ©gaux ou illĂ©gaux, qui se rĂ©pandent Ă  travers le monde dĂ©sormais, sujets dans le sujet. Ce billet, bien incomplet et imparfait, est partage de conscience, et mise en perspective d’une prise de conscience qui nĂ©e de la pensĂ©e, des Ă©motions, de la science et de la sagesse, est dĂ©sormais abordĂ©e des pavĂ©s Ă  l’universitĂ©, jaillissant au cƓur de nos tablĂ©es et Ă©mergeant enfin dans les programmes Ă©lectoraux. Car cette prise de conscience qui s’étend de façon exponentielle interpelle dĂ©sormais le lĂ©gislateur. Ce billet est aussi invitation Ă  sonder le passĂ© et le prĂ©sent pour affiner et partager une pensĂ©e trop longtemps ignorĂ©e voire moquĂ©e, afin que cette rĂ©volution copernicienne s’opĂšre au bĂ©nĂ©fice de tous et de toutes. Car la Terre n’a que trop saignĂ© et ce, depuis trop longtemps dĂ©jĂ . Et c’est une considĂ©ration Ă©mue et enthousiaste qui va Ă  tous ceux et toutes celles qui Ɠuvrent en faveur de cette derniĂšre conquĂȘte engagĂ©e par les Anciens et les LumiĂšres. RĂ©sumĂ© Texte Notes Citation Auteur RĂ©sumĂ©s Les cinq poĂšmes de Victor Hugo souvent rĂ©unis sous l’appellation de nĂ©buleuse “OcĂ©an” », bien qu’ils aient Ă©tĂ© sĂ©parĂ©s dans des publications tardives, possĂšdent plusieurs caractĂ©ristiques communes une mĂȘme pĂ©riode de rĂ©daction bien circonscrite fĂ©vrier 1854, une forte unitĂ© thĂ©matique, et une forme strophique trĂšs contraignante. Leur genĂšse est indissociable de celle, strictement contemporaine, d’autres poĂšmes qui entreront dans La Fin de Satan, encore Ă  l’état d’ébauche, mais aussi dans Les Contemplations et la premiĂšre sĂ©rie de La LĂ©gende des siĂšcles. On peut alors observer dans cet ocĂ©an crĂ©atif, sans Ă©quivalent dans la vie de Victor Hugo, que c’est autour du poĂšme de Satan que se construit le reste, nĂ©buleuse “OcĂ©an” » comprise. PrĂ©vue dĂšs l’origine en poĂšmes distincts, cette derniĂšre ne se comprend que dans son rapport avec lui, non comme un projet Ă  part, mais plutĂŽt comme une tentative provisoire, et compensatoire, de donner une forme Ă  ce qui n’en avait pas encore. The five poems of Victor Hugo, often assembled in the collection called “nĂ©buleuse Ocean’ Ocean’ nebula”, although separated in later editions, possess several common characteristics the same narrow publication period February 1854, a strong coherent theme and a solid, binding verse structure. Their origin is inseparable from that of other poems, strictly contemporary, which find their way into The End of Satan La Fin de Satan, then still in rough note form, but also in The Contemplations Les Contemplations and the first series of The Legend of the Ages La LĂ©gende des siĂšcles. We can observe in this creative ocean, unique in Victor Hugo’s life, that the others are written around the poem of Satan, “Ocean nebula” included. Drafted from the outset as distinct poems, the latter can only be understood by their relationship with it, not as a separate project, but rather as a temporary and compensatory attempt to give shape to something which did not yet have one. Die fĂŒnf Gedichte Victor Hugos, die hĂ€ufig unter dem Titel „nĂ©buleuse OcĂ©an’“ zusammengestellt wurden, obwohl sie in spĂ€teren Editionen getrennt wurden, haben mehrere Charakteristika gemeinsam einen eng umgrenzten Produktionszeitraum Februar 1854, eine eng zusammenhĂ€ngende Thematik sowie eine stark gebundene Versform. Ihr Ursprung ist untrennbar mit dem anderer, genau zeitgleich entstandener Gedichte verbunden, die spĂ€ter, noch in Rohform, in La Fin de Satan Eingang finden sollten, aber auch in Les Contemplations und in die erste Folge von La LĂ©gende des siĂšcles. Man kann also beobachten, dass in diesem kreativen Ozean, der im Leben Victor Hugos einmalig ist, der Rest rund um das Gedicht vom Satan konstruiert wird, einschließlich des „OcĂ©an“. Anfangs als separate Gedichte konzipiert, kann „OcĂ©an“ nur in Verbindung mit dem Zyklus verstanden werden, nicht als ein eigenes Projekt, sondern vielmehr als ein provisorischer und kompensatorischer Versuch, dem eine Form zu verleihen, was davor noch keine hatte. Los cinco poemas de VĂ­ctor Hugo que son reunidos a menudo con la denominaciĂłn de “nebulosa OcĂ©ano’”, por mĂĄs que hayan estado separados en publicaciones tardĂ­as, poseen varias caracterĂ­sticas comunes un mismo perĂ­odo de redacciĂłn bien circunscripto febrero de 1854, una gran unidad temĂĄtica y una forma estrĂłfica muy estricta. Su gĂ©nesis es indisociable de la de otros poemas estrictamente contemporĂĄneos que entrarĂĄn en El fin de SatĂĄn, en un estado de esbozo, pero tambiĂ©n en Las contemplaciones y en la primera serie de La leyenda de los siglos, lo que permite observar en ese ocĂ©ano creativo –sin equivalentes en la vida de VĂ­ctor Hugo–, que es alrededor del poema de SatĂĄn que se construye el resto, incluida la “nebulosa OcĂ©ano’”. Prevista desde el comienzo como poemas independientes, la “nebulosa OcĂ©ano’” sĂłlo puede ser entendida en su relaciĂłn con aquĂ©l, no como un proyecto aparte, sino mĂĄs bien como una tentativa provisoria, y compensatoria, de otorgar una forma a algo que carecĂ­a de ella todavĂ­a. Os cinco poemas de Victor Hugo muitas vezes referidos como "nebulosa OcĂ©an", embora separados em publicaçÔes tardias, possuem vĂĄrias caracterĂ­sticas comuns o mesmo circunscrito tempo de escrita fevereiro de 1854, uma forte coerĂȘncia temĂĄtica e uma sĂłlida e coesa estrutura versificatĂłria. Pela origem sĂŁo indissociĂĄveis de outros poemas contemporĂąneos que entrarĂŁo em La Fin de Satan, ainda em esboço, e tambĂ©m em Les Contemplations e na primeira sĂ©rie de La LĂ©gende des siĂšcles. Neste oceano criativo, sem equivalente na vida de Victor Hugo, Ă© possĂ­vel constatar que Ă© em torno do poema de Satan que se constrĂłi o resto, inclusive a "nebulosa OcĂ©an". Esta foi planejada desde o inĂ­cio como sĂ©rie de poemas distintos, mas que sĂł ganham sentido associados na estrutura maior ; nĂŁo sĂŁo um projecto separado, mas uma tentativa provisĂłria, e bem sucedida, de dar forma ao que ainda nĂŁo a tinha. I cinque poemi di Victor Hugo spesso riuniti sotto il titolo di nĂ©buleuse “OcĂ©an” nebulosa “Oceano”, nonostante siano stati pubblicati separatamente, possiedono molte caratteristiche comuni uno stesso periodo di redazione ben circoscritto febbraio 1854, una forte unitĂ  tematica ed una forma strofica molto vincolante. La loro genesi Ăš indissociabile da quella, strettamente contemporanea, di altri poemi che entreranno a far parte de La fine di Satana – ancora allo stadio di bozza – ma anche delle Contemplazioni e della prima serie de La leggenda dei secoli. In quest’oceano creativo senza equivalenti nella vita di Hugo, Ăš attorno al poema di Satana che si costruisce il resto, nebulosa “Oceano” compresa. Prevista fin dall’inizio come una serie di poemi distinti, quest’ultima si comprende solamente nel suo rapporto a questo poema ; non come un progetto separato, dunque, ma come un tentativo provvisorio – e compensatorio – di dare una forma a ciĂČ che non l’aveva de page Texte intĂ©gral 1 Le mot de nĂ©buleuse » est de Jean Massin, il sert de titre au regroupement des poĂšmes OcĂ©an », ... 2 Voir Jean Gaudon, Victor Hugo Ă  Jersey », CFL, t. IX, p. xl, et Le Temps de la contemplation, Par ... 1Une fois employĂ© le mot de nĂ©buleuse » Ă  propos d’ OcĂ©an » et des poĂšmes qui sont dans sa mouvance, il semble que tout soit dit1. On est en prĂ©sence d’un vaste ensemble de plus de mille vers qui couvrent tout l’espace de la page, corps du texte et marge, en une profusion extraordinaire fig. 1. Exemple de poĂ©sie ininterrompue en une poussĂ©e irrĂ©pressible qui s’invente au fur et Ă  mesure qu’elle se compose2, selon un mouvement doublement contradictoire d’une part, les strophes prolifĂšrent, s’ajoutant les unes aux autres dans la marge, quitte Ă  ĂȘtre ensuite rayĂ©es, ou bien pour ĂȘtre transposĂ©es sur une autre page, ou bien pour ĂȘtre purement et simplement Ă©liminĂ©es, abandonnĂ©es plutĂŽt ; d’autre part, le texte paraĂźt connaĂźtre une expansion sans limite, mais chaque poĂšme de l’ensemble est structurĂ© et organisĂ©, soumis Ă  des divisions internes, et les unes par rapport aux autres les piĂšces dessinent une configuration gĂ©nĂ©rale de sens. S’ajoute, et ceci n’est pas sĂ©parable de cela, que cet ensemble se signale immĂ©diatement par la mĂȘme forme strophique des sizains composĂ©s de deux tercets formĂ©s chacun de deux heptasyllabes et d’un tĂ©trasyllabe 7/7/4/7/7/4. Une telle organisation strophique ne se rencontre nulle part ailleurs chez Hugo et pour la singularitĂ© elle ne peut se comparer qu’aux Djinns » des Orientales. À soi seule elle donne son identitĂ© poĂ©tique Ă  la nĂ©buleuse- OcĂ©an ». Fig. 1 Manuscrit d’ OcĂ©an » La LĂ©gende des siĂšcles Naf 24 758 1F., f° 128 r°. 3 Le nombre de strophes indiquĂ© n’est qu’approximatif ; il faudrait Ă©galement tenir compte des stroph ... 4 Voir Jean Gaudon, De la poĂ©sie au poĂšme remarques sur les manuscrits poĂ©tiques de Victor Hugo » ... 2La nĂ©buleuse – nous utiliserons cette expression commode, qui vaut ce qu’elle vaut – est formĂ©e de cinq poĂšmes Chanson de bord » 6 strophes ; non datĂ© ; Gros temps la nuit » 13 strophes ; datĂ© du 2 fĂ©vrier 1854 ; OcĂ©an » 82 strophes ; datĂ© du 18 fĂ©vrier 1854 ; Sur la falaise » 13 strophes ; datĂ© du 28 fĂ©vrier 1854 et Les paysans au bord de la mer » 27 strophes ; datĂ© du 1er mars 18543. L’unitĂ© thĂ©matique est manifeste et assure aux cinq poĂšmes leur cohĂ©rence. La question qui se pose est de savoir si on est en prĂ©sence d’un ensemble qui a Ă©tĂ© dans un premier temps indĂ©terminĂ© et fragmentĂ© ensuite en diffĂ©rents poĂšmes. Dans ce cas on aurait affaire moins Ă  un poĂšme qu’à un texte, et ce texte serait l’expression d’une pulsion qui serait poĂ©sie, poĂ©sie Ă  l’état brut, immĂ©diat, en toute libertĂ©4, Hugo ayant ensuite essayĂ© de discipliner ce texte de poĂ©sie en poĂšmes. Cette interprĂ©tation est possible, et rendrait assez bien compte de ce mouvement premier qu’est la poĂ©sie de Hugo. 5 Renvoyons Ă  l’article dĂ©cisif de Pierre Albouy, Une Ɠuvre de Victor Hugo reconstituĂ©e », RHLF, ju ... 3Faut-il dans ces conditions rapprocher le cas d’ OcĂ©an » et de la ci-devant nĂ©buleuse du Verso de la page ? Certainement pas les deux poĂšmes ne sont qu’apparemment comparables dans le traitement qu’ils ont subi. Pour ce qui est du Verso de la page, il a connu un dĂ©membrement bien postĂ©rieur Ă  sa composition5. Écrit entre novembre 1857 et fĂ©vrier 1858, alors que Hugo se livre Ă  une vaste et angoissante rĂ©flexion sur le mal dans l’histoire et sur les moyens d’y remĂ©dier, il fut destinĂ©, un temps, Ă  figurer dans ce qui s’appelait alors Les Petites ÉpopĂ©es avec La PitiĂ© suprĂȘme, L’Âne et La RĂ©volution. Ayant renoncĂ© Ă  ce projet pharaonique, Hugo garda par-devers lui-mĂȘme ce poĂšme dĂ©sormais sans emploi, jusqu’en 1870-1871, lorsqu’il entreprit L’AnnĂ©e terrible. Il tailla donc dans le vieux poĂšme de 1857-1858 afin d’en extraire plus de cinq cents vers, deux cent quinze pour le Prologue » et trois cent trente constituant le poĂšme Loi de formation du progrĂšs ». Le reste, c’est-Ă -dire un peu plus de huit cents vers, connut des publications postĂ©rieures dans Les Quatre Vents de l’esprit, L’Art d’ĂȘtre grand-pĂšre et Toute la lyre. En somme, Hugo a piochĂ© dans ce poĂšme de la matiĂšre textuelle en le dĂ©piautant. C’est sinon la pratique de l’accommodation des restes, du moins la gestion avisĂ©e des fonds de tiroir. 4Rien de semblable en ce qui concerne OcĂ©an » et les poĂšmes qui se rattachent Ă  lui. Contrairement au Verso, il n’y a pas eu avec OcĂ©an » de dĂ©membrement. Cela de toute façon aurait Ă©tĂ© impossible, du fait de la forme mĂȘme si particuliĂšre du texte composĂ© de sizains uniques dans son Ɠuvre, alors que le discours en alexandrins, qui dans le cas du poĂšme de 1857-1858 est quelquefois assez proche de la prose versifiĂ©e, peut se redistribuer sans trop de difficultĂ©s dans d’autres poĂšmes. Surtout, ce qu’on suppose ĂȘtre un Ă©clatement d’ OcĂ©an » n’est en aucune façon un dĂ©membrement, mais, Ă©ventuellement, une rĂ©organisation textuelle qui serait intervenue au moment mĂȘme de la composition, et ce n’est d’ailleurs pas sĂ»r du tout. Si les cinq poĂšmes qualifiĂ©s de nĂ©buleuse- OcĂ©an » ont une parfaite homogĂ©nĂ©itĂ©, ce n’est pas dire qu’ils formaient Ă  l’origine un seul et mĂȘme texte dans lequel Hugo aurait opĂ©rĂ© des divisions, pour aboutir aux cinq poĂšmes en question. Nous soutiendrons, au contraire, que ces poĂšmes, tout en ayant la mĂȘme forme et tout en mettant en Ɠuvre la mĂȘme thĂ©matique, ont Ă©tĂ© conçus par Hugo comme distincts les uns des autres. Il n’est donc pas possible de se livrer sur OcĂ©an » et ses quatre poĂšmes satellites au travail qui a Ă©tĂ© fait sur Le Verso de la page, pour la bonne raison que le poĂšme de 1854 n’a pas Ă©tĂ© mis en piĂšces comme l’a Ă©tĂ© celui de 1857-1858. 6 Hugo utilise rĂ©guliĂšrement dans son Ɠuvre cette citation de l’Évangile selon saint Jean 3, 8 ... 5 OcĂ©an » et les poĂšmes qui l’accompagnent, par leur forme unique et par le trĂšs court espace de temps que leur composition a demandĂ© un mois, font l’effet d’une espĂšce d’hapax poĂ©tique dans l’Ɠuvre de Hugo. De fait, il est difficile de trouver chez lui quelque chose d’aussi singulier. Pour expliquer un tel cas, pas d’explication, ou alors la convocation de la pulsion de la poĂ©sie spiritus flat ubi vult6, afin d’expliquer, ou de ne pas expliquer, ce qui dĂ©fie le sens. Avant tout il faut s’interdire de penser que ces poĂšmes- OcĂ©an » constitueraient Ă  eux seuls une singularitĂ© au sein de la production de l’hiver de 1854 ; au contraire, nous poserons qu’ils se rattachent gĂ©nĂ©tiquement Ă  elle et que mĂȘme ils ne peuvent se comprendre qu’en Ă©tant rattachĂ©s Ă  elle. 6Que fait donc Hugo en fĂ©vrier 1854, lorsqu’il Ă©crit OcĂ©an » ? Pour l’essentiel il travaille Ă  un texte dont Satan est le hĂ©ros, donnant corps narrativement Ă  un personnage qui vient de faire son entrĂ©e dans l’Ɠuvre. 7 Voir RenĂ© Journet et Guy Robert, Contribution aux Ă©tudes sur Victor Hugo, t. II, Le texte de La F ... 7Texte, et non pas poĂšme, simplement parce que de poĂšme Ă  l’origine, il n’y en a pas, mais un long cri Ă©perdu de 288 vers7, auquel est donnĂ© le titre, si c’en est un, de Satan ». Satan au fond de la nuit de l’enfer vocifĂšre son amour pour Dieu, car il aime Dieu, c’est lĂ  son tourment. Ces vers sont datĂ©s du 20 janvier, ils formeront bien plus tard le cƓur noir de la division Satan dans la nuit » de La Fin de Satan. Encore n’est-ce qu’une illusion rĂ©trospective, puisque, au moment oĂč ces vers sont Ă©crits, il n’y a pas de poĂšme Ă©pique en vue, ce n’est qu’un cri de damnĂ© qui clame sa dĂ©rĂ©liction. Cependant, Ă  partir de fĂ©vrier, un peu plus de trois semaines aprĂšs cet ensemble occupĂ© par les lamentations de Satan, Hugo compose deux discours, un discours de MelchisĂ©dech et un discours d’OrphĂ©e, datĂ©s respectivement du 14 et du 16 fĂ©vrier. Ces deux discours ont pour auditeur Nemrod le conquĂ©rant. Telles que les choses en la matiĂšre peuvent ĂȘtre reconstituĂ©es, il apparaĂźt qu’en ce mois de fĂ©vrier 1854 une concrĂ©tion poĂ©tique s’élabore autour de ce personnage de Nemrod. Nemrod est le guerrier, la figure du mal que Satan du fond de l’enfer inspire sur terre. UltĂ©rieurement, quand Hugo Ă©crira La Fin de Satan, un Ă©pisode entier lui sera consacrĂ©, Le Glaive », dans lequel prendront place les deux chants Ă©crits en fĂ©vrier. En janvier-fĂ©vrier, on n’en est pas lĂ . Quelque chose cristallise, qui n’a guĂšre qu’un nom, Satan », auquel se raccrochent des motifs, comme ceux du mal et de la guerre, qui se fixent sur ce personnage de Nemrod. SpĂ©cialement remarquable le fait que dans ce qui s’écrit alors, en janvier comme en fĂ©vrier, domine le chant chant de Satan, chant de MelchisĂ©dech, chant d’OrphĂ©e. Ce sont des chants Ă  la premiĂšre personne, oĂč un sujet s’interroge sur lui-mĂȘme, sur son identitĂ©, dans la relation que celle-ci entretient justement avec la parole, la parole de soi. Mais il est Ă  noter que cette parole ne trouve pas Ă  se fixer sous la forme d’un poĂšme ; elle est ou bien cri, dans le cas de Satan, ou bien fragment au sein d’un ensemble qui n’existe pas encore. 8 OcĂ©an », CFL, t. IX, p. 677-683. 9 Ibid., p. 681. 10 Ibid., p. 683. 8Quel rapport avec OcĂ©an » ? D’un point de vue poĂ©ticien, le rapport est Ă©vident une crĂ©ature incontestablement satanique, OcĂ©an, exalte sa fureur en un long monologue hystĂ©rique. À la diffĂ©rence des autres monstres du bestiaire cosmique et mythologique, qui ont fini par ĂȘtre domptĂ©s, lui n’a connu aucun belluaire ; il persiste Ă  ĂȘtre une force sauvage que rien ne fait plier. Comme Satan, son mot est Non serviam ». Et il s’en vante de maniĂšre triomphale pendant des dizaines de strophes8, dans un chant ivre de lui-mĂȘme, un chant Ă  la premiĂšre personne d’un lyrisme noir. C’est un fils de Satan significativement les deux derniĂšres rimes de son imprĂ©cation sont yatagan et ouragan. OcĂ©an est un Satan forcenĂ©, mais Ă  la diffĂ©rence du maudit, il n’a aucun amour pour Dieu. L’idĂ©e mĂȘme d’une fin de Satan » suscite ses sarcasmes Je devine/Qu’on rĂȘve une Ăšre divine/Fin des flĂ©aux9 ». À ce chant de haine, rĂ©pond dans la seconde partie du poĂšme, au contraire, la parole sensĂ©e de l’homme qui prĂ©dit Ă  l’ocĂ©an l’ùre nouvelle des temps futurs Tout enfer s’éteint ; nul bagne/N’est Ă©ternel10 », mais reconnaissons que ces 18 derniĂšres strophes du poĂšme ne pĂšsent pas bien lourd en face des 48 strophes d’une noirceur jouissive et jubilatoire d’OcĂ©an. Ce n’est pas Ă©tonnant, car dans le personnage d’OcĂ©an se conjoignent Satan et Nemrod. 11 Ibid., p. 676, n. 2, p. 677, n. 15 et p. 683, n. 42. 9La signification d’un pareil poĂšme est manifeste, il s’agit pour Hugo de s’offrir en raccourci l’image de son poĂšme de Satan/Satan achevĂ©. C’est rendu visible par la volontĂ© d’abord de structurer un texte en un poĂšme, avec des divisions internes. Ce souci se traduit lui-mĂȘme, notera-t-on en passant, par des hĂ©sitations sur la cĂ©sure du poĂšme en deux ou en trois parties11. Quant aux quatre poĂšmes qui servent d’escorte Ă  OcĂ©an », ils ont pour fonction de l’éclairer de l’extĂ©rieur. Le premier, Chanson de bord », en faisant entendre un chant humain, le deuxiĂšme, en Ă©voquant la furie de l’ocĂ©an sur terre et sur mer, les deux derniers, Sur la falaise » et Les paysans au bord de la mer », en donnant Ă  voir du rivage le spectacle de l’ocĂ©an dĂ©chaĂźnĂ©. Ces deux derniers poĂšmes, signalons-le, sont eux-mĂȘmes soumis Ă  des divisions internes. L’élĂ©ment le plus remarquable reste la forme strophique si particuliĂšre employĂ©e par Hugo pour ces cinq poĂšmes. Elle semble terriblement corsetĂ©e, infiniment plus Ă  premiĂšre vue que les alexandrins qui se dĂ©roulent au kilomĂštre dans la plupart des poĂšmes de Hugo de l’époque. Ce n’est peut-ĂȘtre qu’une apparence ces sizains d’heptasyllabes et de tĂ©trasyllabes ont une lĂ©gĂšretĂ© mĂ©trique qui les distingue des alexandrins et leur donne une espĂšce de volatilitĂ©, mais, d’un autre cĂŽtĂ©, la contrainte strophique permet de soumettre Ă  une forme fixe le flux poĂ©tique pour en faire un poĂšme et contribue Ă  le canaliser. Pour reprendre la mĂ©taphore trĂšs cĂ©lĂšbre de Hugo Ă  laquelle aboutit le poĂšme de Pasteurs et troupeaux » Les Contemplations, II, 23, ces strophes sont les moutons sinistres » de l’ocĂ©an, ses flocons d’écume. 12 Le poĂšme Chanson de bord » n’est pas datĂ©, mais, comme le remarque Massin dans son Ă©dition, le gl ... 10Les analyses sommaires prĂ©cĂ©dentes relevaient de la poĂ©tique ; essayons maintenant de les vĂ©rifier en nous plaçant au plan de la gĂ©nĂ©tique. Pour cela nous commencerons par la datation des diffĂ©rents poĂšmes de la nĂ©buleuse- OcĂ©an ». Si on se fie aux dates portĂ©es sur quatre des poĂšmes de la nĂ©buleuse12, l’ensemble a Ă©tĂ© Ă©crit entre le 2 fĂ©vrier et le 1er mars 1854. C’est tout Ă  fait possible, mais il faut souligner que pendant ce mois de fĂ©vrier l’écriture de ces poĂšmes a Ă©tĂ© menĂ©e parallĂšlement Ă  celle de nombreux autres poĂšmes, et certains de grande ampleur comme la plus grande partie du Glaive » de La Fin de Satan, Les pauvres gens » et Au lion d’AndroclĂšs », entre autres, pour ne rien dire de la Lettre Ă  lord Palmerston. L’activitĂ© de Hugo pendant ces quatre semaines a Ă©tĂ© considĂ©rable, dĂ©bordante. Dans des pĂ©riodes de ce genre, Hugo est capable d’écrire deux cents vers par jour, mais, si on se reporte, par exemple, Ă  l’automne et Ă  l’hiver de 1857-1858, il ne travaille alors que sur un seul poĂšme, ou bien un poĂšme didactique, comme La RĂ©volution ou La PitiĂ© suprĂȘme ou un poĂšme narratif, comme les textes qui composent le cycle de Ratbert. Ces poĂšmes, d’autre part, tous en alexandrins, sont d’une grande homogĂ©nĂ©itĂ© thĂ©matique et idĂ©ologique. Ce n’est pas du tout le cas avec ce qui s’écrit en fĂ©vrier 1854, oĂč les sizains d’ OcĂ©an » sont contemporains d’un Ă©pisode Ă©pique Le Glaive », d’un rĂ©cit Les Pauvres Gens », d’une machine façon pĂ©plum Au lion d’AndroclĂšs » et de poĂšmes qui prendront place dans Les Contemplations Chose vue un jour de printemps », CrĂ©puscule ». Bien sĂ»r, il est toujours possible de parler de bouillonnement, d’effervescence, etc., mais c’est une forme de dĂ©mission de la pensĂ©e. Reste cependant qu’il est difficile de faire entrer la nĂ©buleuse dans le calendrier gĂ©nĂ©tique de ce mois de fĂ©vrier, Ă  moins de suspecter que les dates portĂ©es sur les poĂšmes soient fausses. 11Elles ne sont pas fausses, et il serait sans aucune pertinence Ă  cet Ă©gard d’avancer le cas des datations fictives d’un grand nombre de poĂšmes des Contemplations ces datations ont pour but de dessiner la courbe d’une vie et elles ont un caractĂšre fictionnel, plus que fictif, le propos de Hugo Ă©tant d’écrire le roman de sa vie. Admettons, au contraire, que les dates qui figurent au bas des poĂšmes de la nĂ©buleuse- OcĂ©an » sont exactes, que la datation scande le travail d’avancement de la nĂ©buleuse. Celle-ci s’élabore mĂ©thodiquement, et, Ă  nos yeux, est beaucoup moins fiĂ©vreuse et emportĂ©e qu’il pourrait sembler. Cela n’exclut pas une certaine exubĂ©rance, qui se traduit par une Ă©criture de type prolifĂ©rant. Il faut cependant souligner que cette prolifĂ©ration ne s’observe vĂ©ritablement que dans le seul poĂšme OcĂ©an », et c’est alors Ă  attribuer au chant lui-mĂȘme d’OcĂ©an, personnage qui vit sa relation Ă  la parole sur le mode de l’éructation, exactement comme le Satan du mois de janvier. Par contraste, les autres poĂšmes qui l’entourent ont pour fonction de stabiliser en quelque sorte ce jaillissement Ă©ruptif et d’en limiter la propagation, resserrant cette explosion au seul poĂšme OcĂ©an ». Il est remarquable Ă  cet Ă©gard que ces poĂšmes sont trĂšs strictement divisĂ©s en sections, comme s’il fallait empĂȘcher qu’ils Ă©chappent Ă  tout contrĂŽle. La prĂ©sentation du poĂšme Sur la falaise » est de ce point de vue trĂšs significative. Le titre, la premiĂšre section du poĂšme ainsi qu’une partie de la troisiĂšme section sont localisĂ©s Ă  gauche, c’est-Ă -dire dans la position qui serait la leur s’ils Ă©taient des additions marginales fig. 2. L’usage constant de Hugo, on le sait, est de laisser libre dans les pages qu’il utilise un espace important sur la gauche de la feuille pour y porter d’éventuelles additions. De quoi on conclura, non pas que les strophes de la premiĂšre et d’une partie de la troisiĂšme section sont des additions – additions Ă  quoi ? –, mais qu’en lui-mĂȘme le poĂšme a un statut de marge, ce qui a pour effet de crĂ©er une tension entre texte et poĂšme, ou Ă  tout le moins d’instaurer au sein mĂȘme de la stabilitĂ© du poĂšme un espace d’instabilitĂ© textuelle. Il serait possible d’étendre cette remarque Ă  l’ensemble de la nĂ©buleuse- OcĂ©an », mais il n’est pas lĂ©gitime de pousser cette idĂ©e jusqu’au bout, parce qu’alors elle aboutit Ă  la conclusion que toute cette nĂ©buleuse- OcĂ©an » jouit d’une espĂšce de singularitĂ© poĂ©tique par rapport au reste de la production de Hugo en ce mois de fĂ©vrier 1854, et que nous avons refusĂ© une semblable conception, au nom d’une approche gĂ©nĂ©tique unitaire de cette pĂ©riode. Fig. 2 Manuscrit de Sur la falaise » Les Quatre Vents de l’Esprit, III, 19 BnF, Naf 24762, f° 352 r°-353 r°. 12Reste une difficultĂ© de taille, au sens propre. Si on fait la somme de tous les vers qui sont Ă©crits pendant ce mois de fĂ©vrier, on arrive Ă  un total Ă©norme qui suppose que Hugo travaillait plus de vingt-quatre heures par jour, et que, le mĂȘme jour, il Ă©crivait plusieurs poĂšmes diffĂ©rents et trĂšs Ă©trangers les uns aux autres. Ainsi la plus grande partie de la nĂ©buleuse- OcĂ©an », qui reprĂ©sente plus de mille vers, aurait Ă©tĂ© Ă©crite pendant que Hugo mettait en place l’épisode du Glaive » de la future Fin de Satan, et ainsi de suite. Il y a lĂ  quelque chose qui Ă©chappe Ă  la comprĂ©hension. De lĂ  la tentation de suspecter les dates portĂ©es aux manuscrits, mais nous avons dĂ©cidĂ© de ne pas y cĂ©der, et, de toute façon, quoi qu’il faille penser de ces dates, les poĂšmes ont Ă©tĂ© Ă©crits, la masse de leurs vers est lĂ . Avançons donc qu’il y a deux chronologies qui coexistent pendant ce mois de fĂ©vrier 1854. L’une est la chronologie de la nĂ©buleuse- OcĂ©an », l’autre est la chronologie des dĂ©veloppements destinĂ©s Ă  l’épopĂ©e de Satan Le glaive » et du tout-venant des poĂšmes isolĂ©s qui sont suscitĂ©s par telle ou telle circonstance. Au lion d’AndroclĂšs », par exemple, rĂ©sulte d’une commande de la Table. À la suite formulons l’hypothĂšse suivante le chantier- OcĂ©an » est en grande partie indĂ©pendant du reste de ce qui s’écrit alors, en l’occurrence et pour l’essentiel le poĂšme de Satan, dont Hugo Ă©crit l’épisode de Nemrod. C’est ce chantier principal qui l’occupe tout au long du mois. Tout ce qui est en dehors, les poĂšmes isolĂ©s comme la nĂ©buleuse- OcĂ©an » ne s’y rapporte que marginalement, par la bande, pour ainsi dire, voire pas du tout. D’aprĂšs notre hypothĂšse le travail de Hugo en ce mois de fĂ©vrier ne s’est pas fixĂ© sur deux projets, OcĂ©an », d’une part, le poĂšme de Satan, d’autre part, mais sur un seul, Ă  savoir le poĂšme de Satan. C’est lui qui permet de comprendre la genĂšse et le dĂ©veloppement d’ OcĂ©an » et de ses poĂšmes satellites. 13 Voir supra, n. 12. 13Les choses cependant se compliquent un peu, si on prend en compte les autres poĂšmes Ă©crits par Hugo en plus d’ OcĂ©an » et de ce que nous appellerons Satan. Il y a aussi de grandes compositions comme le poĂšme dĂ©diĂ© au lion d’AndroclĂšs et Les Pauvres Gens ». Sur le poĂšme Au lion d’AndroclĂšs », nous irons vite. Il est datĂ© du 28 fĂ©vrier 1854 et il n’est pas du tout impossible qu’il ait Ă©tĂ© Ă©crit en un seul jour ; ses quatre-vingt-seize vers correspondent Ă  ce que Hugo peut Ă©crire quotidiennement, et pour l’occasion d’autant plus facilement que les motifs de la dĂ©cadence de Rome qu’il dĂ©veloppe dans ce poĂšme lui sont bien connus et familiers depuis L’égout de Rome » avril 1853. Le cas des Pauvres Gens » est plus intĂ©ressant, non pas parce que ce poĂšme est nettement plus long deux cent cinquante-six vers, mais parce qu’il interfĂšre directement avec la nĂ©buleuse- OcĂ©an ». Il est datĂ© du 3 fĂ©vrier, le lendemain mĂȘme de Gros temps la nuit ». Il a sans doute dĂ» demander plus d’un jour de travail et ĂȘtre entrepris dans la seconde quinzaine de janvier, vraisemblablement la derniĂšre semaine, aprĂšs l’achĂšvement le 20 janvier du monologue fiĂ©vreux de Satan dans l’enfer. C’est alors aussi qu’ont pu ĂȘtre Ă©crits les poĂšmes Chanson de bord » et Gros temps la nuit ». Le premier n’est pas datĂ©, mais comme certaines de ses strophes se retrouvent dans des poĂšmes ultĂ©rieurs de la nĂ©buleuse- OcĂ©an »13, il a dĂ» constituer le point de dĂ©part de l’ensemble et remonterait donc Ă  la toute fin de cette derniĂšre semaine de janvier ; pour sa part, Gros temps la nuit » est datĂ© du 2 fĂ©vrier. La proximitĂ© entre ces deux poĂšmes, surtout le second, et Les Pauvres Gens » est indiscutable. MĂȘme contexte, mĂȘme thĂ©matique ; voici les trois derniers vers de la premiĂšre section des Pauvres Gens » 14 Les pauvres gens », La LĂ©gende des siĂšcles, CFL, t. X, p. 632. Nous rĂ©tablissons la majuscule Ă  ... Et dehors, blanc d’écume,Au ciel, aux vents, aux rocs, Ă  la nuit, Ă  la brume,Le sinistre OcĂ©an jette son noir sanglot14. 15 Le lien entre les deux poĂšmes est tel que les vers 13 et 14 de Chose vue un jour de printemps » s ... 16 Ajoutons un alexandrin dĂ©libĂ©rĂ©ment prosaĂŻque dans Les pauvres gens », qui fait multiplier Ă  Hu ... C’est exactement la mĂȘme prĂ©sentation d’ OcĂ©an », lequel a une majuscule ici comme dans le poĂšme auquel il donne son titre. Dans le mĂȘme ordre d’idĂ©es, ces paysans au bord de la mer qui donnent la matiĂšre d’un des poĂšmes de la nĂ©buleuse sont les pauvres gens mis en scĂšne par le poĂšme du 3 fĂ©vrier. Ce poĂšme des Pauvres Gens » suscite lui-mĂȘme, Ă  peine achevĂ©, Chose vue un jour de printemps » Les Contemplations, III, 7 ; datĂ© du 4 fĂ©vrier 1854, dont la scĂ©nographie une mĂšre morte de faim laissant quatre orphelins15 reprend partiellement celle du poĂšme terminĂ© la veille. Il est inutile de se demander si le poĂšme d’ OcĂ©an » est sorti des Pauvres Gens » ou le contraire, ce n’est pas une question de source ou d’influence ; ce qui est certain, c’est que cette nĂ©buleuse- OcĂ©an » n’a pas Ă  ĂȘtre isolĂ©e dans une solitude hĂ©roĂŻque. Mais le plus intĂ©ressant est que Les Pauvres Gens », s’ils ont bien en commun la mĂȘme thĂ©matique que Gros temps la nuit », sont en rupture mĂ©trique et, plus profondĂ©ment, poĂ©tique par rapport Ă  la nĂ©buleuse- OcĂ©an ». Il y a en particulier une narrativitĂ© qui est totalement Ă©trangĂšre Ă  elle, et on peut Ă  ce propos se demander si cette absence de narrativitĂ© dans OcĂ©an » et ses poĂšmes satellites n’est pas ce qui explique justement leur forme si particuliĂšre, le narratif, au contraire, se coulant dans l’alexandrin16. On est donc en prĂ©sence de deux Ă©critures Ă  la fois diffĂ©rentes et parallĂšles, se cĂŽtoyant, mais ne se rencontrant pas. 17 Voir Le glaive », La Fin de Satan ; CFL, t. XI, p. 1634-1636. 14Cette remarque s’étend Ă  la relation de la nĂ©buleuse- OcĂ©an » avec le poĂšme de Satan, mais en la circonstance une distinction doit ĂȘtre faite entre ce qui a Ă©tĂ© Ă©crit en janvier et ce qui s’écrit en fĂ©vrier. En janvier, c’est un monologue Ă  la premiĂšre personne, exemplaire du lyrisme noir que Hugo pratique rĂ©guliĂšrement Ă  partir de l’exil et dont la tirade d’OcĂ©an est une parfaite illustration ; en fĂ©vrier, au contraire, les chants de MelchisĂ©dech et d’OrphĂ©e prennent place dans un rĂ©cit. Sans doute sont-ils, quand ils sont composĂ©s Ă  la mi-fĂ©vrier, des chants Ă  la premiĂšre personne, et des chants de mort d’une noirceur terrible, mais l’écriture par la suite du rĂ©cit mettant en scĂšne Nemrod17 leur ĂŽte une bonne partie de leur sombre dimension lyrique et fait d’eux des discours au sein d’une narration. Toutes choses Ă©tant Ă©gales, la mĂȘme chose se produit avec les deux poĂšmes Les paysans au bord de la mer » et Sur la falaise » que Hugo Ă©crit aprĂšs OcĂ©an » datĂ©s respectivement du 28 fĂ©vrier et du 1er mars pour offrir un cadre narratif Ă  la diatribe d’OcĂ©an. Le but recherchĂ© n’est pas d’anesthĂ©sier le chant d’OcĂ©an et de lui faire perdre sa coloration infernale, mais d’imposer la structure d’un poĂšme Ă  ce qui pourrait bien n’ĂȘtre comme le monologue de Satan qu’un texte, oĂč un Je est pour ainsi dire rĂ©duit Ă  sa propre Ă©nonciation. 18 OcĂ©an », CFL, t. IX, p. 680, ainsi que les citations suivantes. 19 Voir Jean Gaudon, Le Temps de la contemplation, Ă©d. citĂ©e, p. 210-214. 15Les cinq piĂšces de la nĂ©buleuse- OcĂ©an » ont Ă©tĂ© Ă©crites en parallĂšle avec les autres poĂšmes de fĂ©vrier 1854. Mais pas en concurrence avec eux. Elles ont Ă©tĂ© conçues, avancerons-nous, comme un ensemble parfaitement distinct, mĂȘme s’il leur arrivait, presque nĂ©cessairement, d’avoir des Ă©lĂ©ments en commun. L’objection qui peut ĂȘtre faite, Ă  savoir qu’il est quand mĂȘme assez extraordinaire, et mĂȘme difficilement pensable, qu’une telle masse de vers ait pu ĂȘtre composĂ©e en mĂȘme temps que le reste de ce qui s’écrivait n’en est pas une. Ces poĂšmes d’ OcĂ©an » sont tellement diffĂ©rents par leur forme qu’il Ă©tait tout Ă  fait possible qu’ils aient Ă©tĂ© Ă©crits assez facilement, les strophes sont lĂ©gĂšres et allĂšgres, tombant les unes aprĂšs les autres comme Ă  Gravelotte, chacune entraĂźnant la suivante. Le caractĂšre contraint des strophes, loin d’avoir offert une rĂ©sistance, a pu, au contraire, favoriser cette mitraille, imprimant un rythme rapide d’écriture. À cela il faut Ă©galement ajouter un Ă©lĂ©ment non nĂ©gligeable la part de la fantaisie dans ces vers. Non pas dans ses motifs, il serait absurde de minimiser la noirceur du tableau qui est fait de l’ocĂ©an en furie, mais dans la rupture stylistique et mĂ©trique avec la grande poĂ©sie de la nuit que cultive ailleurs Hugo. Ainsi aux grincements de dents de Satan se substituent les ricanements sarcastiques d’OcĂ©an, qui traite l’orage des plaines18 » de canard sauvage » et l’hydre de Lerne de grenouille », ou qui ruine avec une joyeuse jubilation tous les mythes progressistes et promĂ©thĂ©ens sur lesquels se fonde une bonne partie de la philosophie de Hugo depuis longtemps. À cet Ă©gard OcĂ©an » n’est pas si Ă©loignĂ© d’une fantaisie comme La ForĂȘt mouillĂ©e, qui constituera quelques mois plus tard, au printemps de 1854, un jeu de massacre spirituel, qui tourne gentiment en dĂ©rision les interrogations mĂ©taphysiques de Hugo19. 20 OcĂ©an », CFL, t. IX, p. 678. 16 Je suis sans forme et sans nombre20 », dĂ©clare OcĂ©an. Sans nul doute, et en son genre c’est un pervers polymorphe, il est le frĂšre du dĂ©mon LĂ©gion ou de l’Esprit humain, l’infini de ses vagues et de ses flots fait de lui l’incarnation du multiple, du pluriel, du divers. Cependant, si OcĂ©an est sans forme et sans nombre », son chant, poĂ©tiquement et mĂ©triquement, est soumis Ă  la forme et au nombre, c’est sa caractĂ©ristique la plus visible. La forme et le nombre qu’il rĂ©cuse, c’est celui du vers qui serait beau comme de la prose », la prorsa oratio 21 Ibid., p. 679. Moi, je ne suis pas la pour roue et pour charrue Le tourbillon ;Je bondis, c’est ma maniĂšre ;Je n’accepte pas l’orniĂšre Ni le sillon21. 17Dans cette contradiction intime prend sens l’écriture de la nĂ©buleuse- OcĂ©an » parallĂšlement avec les autres poĂšmes de fĂ©vrier 1854. Elle les rĂ©pĂšte, thĂ©matiquement, et, pour ce qui est du poĂšme de Satan, en donne une reprĂ©sentation achevĂ©e. Sauf que cette reprĂ©sentation est distordue, sous la forme d’une espĂšce d’anamorphose, et quel que soit le plan qu’on adopte Ă  son propos idĂ©ologique, stylistique, mĂ©trique. La projection qui en rĂ©sulte est donc de l’ordre de l’altĂ©ration. Ce qui est assez fascinant, c’est que ces cinq poĂšmes devraient ĂȘtre l’expression d’une poĂ©sie livrĂ©e Ă  elle-mĂȘme, une poĂ©sie en libertĂ©, ne cessant de jouir de sa propre invention, enivrĂ©e de la pulsion qui prĂ©side Ă  sa genĂšse, avec pour consĂ©quence un manuscrit Ă©toilĂ© de partout, et ne constituant pas un poĂšme, mais un texte. Ce n’est pas le cas. Bien entendu, le manuscrit, particuliĂšrement celui d’ OcĂ©an », est assez Ă©ruptif et explosif fig. 1 et 3, mais sans que sa cohĂ©sion soit jamais mise en question. L’énoncĂ© autant que l’énonciation est structurĂ©, organisĂ©. Quant aux quatre autres poĂšmes qui se rattachent Ă  OcĂ©an », ils ont un aspect trĂšs sage et disciplinĂ©. L’ensemble, enfin, est scandĂ© par les dates d’achĂšvement des poĂšmes. Paradoxalement, mĂȘme si ce regroupement de poĂšmes traduit une indĂ©niable effervescence, il est pliĂ©, jour aprĂšs jour, par Hugo Ă  la coercition d’une forme. Ce qui aurait pu n’ĂȘtre qu’un texte, avec ce que cela suppose d’indĂ©termination, se rĂ©vĂšle ĂȘtre au bout du compte un poĂšme. 18Un poĂšme d’une nature un peu particuliĂšre. Laquelle ? Il est en fait moins un poĂšme qu’une chimĂšre de poĂšme. Une chimĂšre au sens romantique du terme, c’est-Ă -dire une configuration oĂč se confrontent l’une Ă  l’autre les catĂ©gories du rĂ©el et du possible. RĂ©el, ce poĂšme d’ OcĂ©an » et de sa nĂ©buleuse, structurĂ©, ordonnĂ©, cohĂ©rent, en un ensemble achevĂ© ; imaginaire, ce qui se cherche et s’invente, comme le poĂšme de Satan, en cours de constitution. La nĂ©buleuse- OcĂ©an », qui devrait ĂȘtre un chaos textuel en belligĂ©rance avec lui-mĂȘme, est la forme que prend l’Ɠuvre en train de se faire et qui se fixe en un poĂšme. Fig. 3 Manuscrit d’ OcĂ©an » La LĂ©gende des siĂšcles Naf 24758 1F., f° 130 r°. 22 Voir CFL, t. X, p. 667, 668 et 670. 19Le destin de la nĂ©buleuse- OcĂ©an » elle-mĂȘme n’est pas sans intĂ©rĂȘt les cinq poĂšmes seront redistribuĂ©s – pas dĂ©membrĂ©s, puisque jamais ils n’ont constituĂ© un poĂšme d’une seule tenue – dans des recueils prĂ©posthumes comme Les Quatre Vents de l’Esprit Sur la falaise » ou la sĂ©rie complĂ©mentaire de La LĂ©gende des siĂšcles OcĂ©an », Les paysans au bord de la mer », ou posthumes comme Toute la lyre Chanson de bord », Gros temps la nuit ». Plusieurs plans, il est vrai, prĂ©voyaient de faire entrer OcĂ©an » dans la premiĂšre sĂ©rie de la LĂ©gende22, mais ce projet a Ă©tĂ© finalement abandonnĂ©, tant il est clair qu’un aussi volumineux poĂšme aurait dĂ©sĂ©quilibrĂ© l’ensemble du recueil, outre qu’il ne s’accordait pas du tout Ă  son orientation poĂ©tique et idĂ©ologique telle qu’elle s’était fixĂ©e au printemps de 1859. Une fois exclu de la LĂ©gende, il Ă©tait inemployable, comme les poĂšmes qui lui servaient d’escorte ; de lĂ  leur recyclage dans les recueils fourre-tout de la fin. Triste destin, mais il ne pouvait en ĂȘtre autrement si la nĂ©buleuse- OcĂ©an » est un des grands moments gĂ©nĂ©tiques de l’Ɠuvre de Hugo, la contrepartie est qu’elle n’a existĂ© poĂ©tiquement Ă  un moment donnĂ© que comme une chimĂšre plus ou moins expĂ©rimentale, elle a Ă©tĂ© une sorte de miroir de concentration » de l’Ɠuvre en train de se chercher. Celle-ci se trouvera, au printemps, quand Hugo se mettra rĂ©solument Ă  La Fin de Satan, en Ă©crivant Et nox facta est » et La sortie de l’ombre » mars-avril 1854, et Ă  l’automne, lorsqu’il commencera Ă  fixer la poĂ©tique des Contemplations avec RĂ©ponse Ă  un acte d’accusation » octobre 1854 et leur politique, un mois plus tard, avec Écrit en 1846 » novembre 1854. La nĂ©buleuse- OcĂ©an » Ă©tait donc du passĂ© et n’entrait pas dans les nouvelles configurations gĂ©nĂ©tiques de l’Ɠuvre. Pour employer un mot qu’aime Hugo, elle est un rĂ©sidu – ce qui reste de l’Ɠuvre quand le travail gĂ©nĂ©tique qui l’animait a pris fin. 23 BnF, Naf 24 787, f° 1 reproduit par RenĂ© Journet et Guy Robert dans leur ouvrage Autour des Cont ... 20Rappelons pour finir la note prĂ©testamentaire que Hugo rĂ©dige le 19 novembre 1846 ; elle commence par cette phrase Le travail qui me reste Ă  faire apparaĂźt Ă  mon esprit comme une mer23 », et, un aperçu de cette mer de projets et de rĂ©alisations ayant Ă©tĂ© dĂ©crit et leur localisation indiquĂ©e l’armoire en faux laque », Hugo termine par ces mots Ă  l’adresse de ses enfants Ils publieront tout cela sous ce titre OcĂ©an ». Il se trouve que la nĂ©buleuse- OcĂ©an » n’a jamais figurĂ© dans OcĂ©an, puisque ses poĂšmes ont Ă©tĂ© publiĂ©s, au moins pour trois d’entre eux, dont OcĂ©an », du vivant de Hugo. Rien d’ironique Ă  cela OcĂ©an » Ă©tait bien achevĂ© depuis 1854 et n’avait pas Ă  subir le sort des opera interrupta. Il Ă©tait surtout, en miniature, l’image parfaite de l’Ɠuvre. Haut de page Notes 1 Le mot de nĂ©buleuse » est de Jean Massin, il sert de titre au regroupement des poĂšmes OcĂ©an », Chanson de bord », Gros temps la nuit », Sur la falaise », Les paysans au bord de la mer », qu’il rĂ©unit dans son Ă©dition des ƒuvres complĂštes, Paris, Club français du livre [dĂ©sormais CFL], 1968, t. IX, p. 669-692. 2 Voir Jean Gaudon, Victor Hugo Ă  Jersey », CFL, t. IX, p. xl, et Le Temps de la contemplation, Paris, Flammarion, 1969, p. 205-207. 3 Le nombre de strophes indiquĂ© n’est qu’approximatif ; il faudrait Ă©galement tenir compte des strophes rayĂ©es par Hugo sur le manuscrit des poĂšmes, et dans ce cas on arrive Ă  environ 160 strophes. 4 Voir Jean Gaudon, De la poĂ©sie au poĂšme remarques sur les manuscrits poĂ©tiques de Victor Hugo », Genesis, n° 2, Manuscrits poĂ©tiques », 1992, p. 81-100, en particulier pour la nĂ©buleuse- OcĂ©an » p. 98-99. 5 Renvoyons Ă  l’article dĂ©cisif de Pierre Albouy, Une Ɠuvre de Victor Hugo reconstituĂ©e », RHLF, juillet-septembre 1960, p. 388-423 et Ă  la prĂ©sentation et la publication du poĂšme dans CFL, t. X, p. 249-287. 6 Hugo utilise rĂ©guliĂšrement dans son Ɠuvre cette citation de l’Évangile selon saint Jean 3, 8 Le vent [ou l’esprit] souffle oĂč il veut [
]. » 7 Voir RenĂ© Journet et Guy Robert, Contribution aux Ă©tudes sur Victor Hugo, t. II, Le texte de La Fin de Satan » dans le manuscrit Paris/Besançon, Les Belles-Lettres/Annales littĂ©raires de l’universitĂ© de Besançon, 1979, p. 11. 8 OcĂ©an », CFL, t. IX, p. 677-683. 9 Ibid., p. 681. 10 Ibid., p. 683. 11 Ibid., p. 676, n. 2, p. 677, n. 15 et p. 683, n. 42. 12 Le poĂšme Chanson de bord » n’est pas datĂ©, mais, comme le remarque Massin dans son Ă©dition, le glissement de trois de ses strophes dans OcĂ©an » et Les paysans au bord de la mer » implique qu’il leur est antĂ©rieur. 13 Voir supra, n. 12. 14 Les pauvres gens », La LĂ©gende des siĂšcles, CFL, t. X, p. 632. Nous rĂ©tablissons la majuscule Ă  OcĂ©an, que cette Ă©dition imprime Ă  tort avec une minuscule. 15 Le lien entre les deux poĂšmes est tel que les vers 13 et 14 de Chose vue un jour de printemps » se trouvaient dans Les pauvres gens » CFL, t. X, p. 635, n. 8, oĂč ils ont Ă©tĂ© rayĂ©s une fois transfĂ©rĂ©s. 16 Ajoutons un alexandrin dĂ©libĂ©rĂ©ment prosaĂŻque dans Les pauvres gens », qui fait multiplier Ă  Hugo les monosyllabes Ă  l’intĂ©rieur des vers et prodiguer les rimes indigentes. Par exemple Mon pauvre homme ! ah ! mon Dieu ! que va-t-il dire ? Il a/DĂ©jĂ  tant de souci ! Qu’est-ce que j’ai fait lĂ  ? » CFL, t. X, p. 636. 17 Voir Le glaive », La Fin de Satan ; CFL, t. XI, p. 1634-1636. 18 OcĂ©an », CFL, t. IX, p. 680, ainsi que les citations suivantes. 19 Voir Jean Gaudon, Le Temps de la contemplation, Ă©d. citĂ©e, p. 210-214. 20 OcĂ©an », CFL, t. IX, p. 678. 21 Ibid., p. 679. 22 Voir CFL, t. X, p. 667, 668 et 670. 23 BnF, Naf 24 787, f° 1 reproduit par RenĂ© Journet et Guy Robert dans leur ouvrage Autour des Contemplations », Paris/Besançon, Les Belles-Lettres/Annales littĂ©raires de l’UniversitĂ© de Besançon, 1955, p. 31, ainsi que la citation de page Pour citer cet article RĂ©fĂ©rence papier Pierre Laforgue, OcĂ©an » texte, poĂ©sie, poĂšme fĂ©vrier 1854 », Genesis, 45 2017, 61-70. RĂ©fĂ©rence Ă©lectronique Pierre Laforgue, OcĂ©an » texte, poĂ©sie, poĂšme fĂ©vrier 1854 », Genesis [En ligne], 45 2017, mis en ligne le 15 dĂ©cembre 2018, consultĂ© le 27 aoĂ»t 2022. URL ; DOI de page Auteur Pierre LaforguePierre Laforgue est professeur de littĂ©rature française Ă  l’universitĂ© de Bordeaux-Montaigne. SpĂ©cialitĂ© acadĂ©mique Hugo. Domaines de recherche romantisme français, francophonie caribĂ©enne ; approches sociocritique, gĂ©nĂ©tique. Derniers ouvrages parus La Fabrique de La ComĂ©die humaine », Presses universitaires de Franche-ComtĂ©, 2013 ; Stendhal alla Monaca. Le roman, le romanesque, le romantisme, Classiques Garnier, 2016. pajlaforgue de page Droits d’auteur Tous droits rĂ©servĂ©sHaut de page Je ne suis qu'une goutte dans l'ocĂ©an, une goutte de plus parmi vous Une goutte de pluie ou une larme de plus sur les joues De notre planĂšte Terre, MĂšre pardonne nous L'Homme a créé ce tourbillon, qui nous a tous rendus fous Folie gĂ©nĂ©rale, mĂȘme les climats ne tiennent plus le coup Nos vies ternissent par notre faute, on en a mĂȘme perdu le goĂ»t J'ai peur du coup, pourtant j'ai bien vu la Lueur du gouffre Du moins je l'ai aperçue, en Ă©clairant un peu mon coeur du fouillis Que le Soleil, la Lune, les Arbres, les Mers nous pardonnent Toutes les espĂšces vivantes que la mienne a exterminĂ©es... J'demande pardon, parce que tout le mal qu'on a créé Faudra de la force pour le rĂ©parer et j'ai du mal Ă  voir que ce monde est prĂȘt L'immonde est prĂšs de nous mais j'ai la foi que ça change ça parait fou une goutte de plus peut-ĂȘtre une goutte qui dĂ©range... Une goutte noyĂ©e, dans un ocĂ©an qui se dĂ©chaĂźne Et tente de nous broyer, voyez, on a pourtant pas de haine dans les gĂȘnes Tant pis, on part de lĂ , mais on peut aller loin L'enfant en chacun le sait mĂȘme si on fait comme si tout allait bien Que la rage demeure, fait naĂźtre tant de violence dans nos coeurs Trop de conflits en pagaille, aux ondes qui s'installent dans nos peurs Venez pas, faire un tour dans nos esprits en bordel MĂ©lancolie, une goutte de plus et le poison devient mortel Simple reflet d'un monde particuliĂšrement en bordel Juste une goutte de plus pour que dĂ©borde le vase ou l'cocktail Parce qu'il suffit d'une goutte de plus parfois pour que tout change Rééquilibrer, faire basculer, pas besoin de beaucoup de chance Juste du goutte Ă  goutte, avant que le sablier ne se vide Limpidement le temps s'Ă©coule, et la raison ordonne de fuir vite Le coeur dit de se battre et mĂȘme si c'est trop tard Dignement allons-y pour le geste, et pour que nos idĂ©aux partent Rejoindre le Ciel, qu'on en reçoive les pluies Juste une goutte pour chacun, une goutte qui suffirait Ă  remplir chaque coeur MĂȘme si le temps Ă©crit tristesse On aperçoit la LumiĂšre au loin, libĂ©ratrice, mĂ©langeant calme et ivresse Qui goutte Ă  goutte nourrit lorsqu'on s'en approche Loin de cette maudite flaque, reflet d'une Ă©poque atroce Une LumiĂšre qui semble ĂȘtre la source Qui se dĂ©verse dans les coeurs pleins d'espoir et qui fait fondre la frousse Que la Vie nous donne le courage De ne plus se voiler la face, une goutte de cran, de compassion Juste une goutte qui soulage... Je ne suis qu'une goutte de plus noyĂ©e dans l'ocĂ©an qui sait Qu'Ă  nous tous, on pourrait faire plein de vagues et tout Ă©clabousser PoussĂ©e par un Vent de Sagesse, Ă©manant du Ciel Un peu plus de Foi, la mienne, elle m'a rendu sienne Que chaque maillon se ressoude et reconstitue la chaĂźne Et si ce monde veut notre peau, gardons l'Esprit et la Chair On y arrivera, mĂȘme si ici le Mal est bien portant Parce qu'on est tous une goutte de plus Et que chaque goutte est importante... [ParlĂ©] Chaque pensĂ©e, chaque mot Juste une goutte de plus Chaque geste, chaque action Juste une goutte de plus Chaque personne Juste une goutte de plus Juste une goutte de plus Juste une goutte de plus Car tout n'est que le maillon d'une longue chaĂźne Et qu'on peut tous changer le monde Ă  son Ă©chelle Car tout n'est que le maillon d'une longue chaĂźne Et qu'on peut tous changer le monde Ă  son Ă©chelle Nous avons dĂ©jĂ  vu en quelle occasion Zeus descend sur Terre afin de juger par lui-mĂȘme de la noirceur de l’humanitĂ©. Se dĂ©guisant en vieillard, il fait la connaissance des habitants d’Arcadie et de son roi Lycaon. Fou de colĂšre face au comportement horrible du souverain, il dĂ©chaĂźne sa colĂšre sur le Royaume et transforme le monarque en loup assoiffĂ© de sang. Mais Zeus a bien conscience que l’Arcadie est l’arbre qui cache la forĂȘt. Partout oĂč il va, il ne voit que malheurs et horreurs commis par les hommes, alors mĂȘme que ceux-ci auraient tout pour vivre en paix et en harmonie. Ne voulant pas prendre de dĂ©cisions sans y rĂ©flĂ©chir intensĂ©ment, il rentre dans son palais sur l’Olympe et convoque tous les autres dieux Ă  une rĂ©union exceptionnelle. – Mes amis, l’heure est grave. L’humanitĂ© entiĂšre mĂ©rite une punition. – Ah, cool! On a qu’à leur balancer des Ă©clairs dans la tronche! J’adore ça, moi, tout voir brĂ»ler! – Non, impossible, HadĂšs. Les flammes risqueraient d’ĂȘtre trop hautes et l’Olympe serait menacĂ©e. – Tu pourrais aller baiser toutes les femmes de la Terre et enfanter des demi-dieux. C’est un boulot dans tes cordes, ça, mon petit Zeusounet d’amour. Non? – Éh, oh, HĂ©ra! Pas de scĂšnes de mĂ©nage en public, s’il te plaĂźt. On rĂ©glera nos comptes plus tard! – Euh
 Et si on jouait au tir au pigeon? Je pourrais les buter un Ă  un avec mes flĂšches, moi
 – Mais non, Cupidon, ça prendrait bien trop de temps! – Je pourrais demander aux eaux de la mer de s’élever tellement que tout l’humanitĂ© pĂ©rirait noyĂ©e. – Ben voilĂ , ça c’est une idĂ©e du tonnerre, PosĂ©idon!Et c’est ainsi que Zeus ordonne aux Ă©lĂ©ments de se dĂ©chaĂźner. La moindre riviĂšre, le moindre ruisseau sont mis Ă  contribution pour engloutir la Terre sous les flots. Des nuages menaçants se forment, tandis que le Soleil arrĂȘte de briller. TrĂšs vite, Ă©tangs, marais, mers, fleuves,
 tous les flots se rejoignent et ne forment qu’une seule immense Ă©tendue d’eau. MĂȘme les plus hautes montagnes n’échappent pas Ă  la fureur des dieux et leur sommet autrefois si imposant se transforme en de vulgaires rĂ©cifs Ă  la surface d’un vaste ocĂ©an. Les hommes qui tentent de survivre sur des embarcations de fortune sont aussitĂŽt balayĂ©s par les vents dĂ©chaĂźnĂ©s. Certains tentent bien de sacrifier leurs propres enfants pour apaiser la colĂšre des Dieux, mais il est trop tard pour la misĂ©ricorde. Les jours passent et la colĂšre des Ă©lĂ©ments s’apaisent petit Ă  petit. BientĂŽt, les eaux retrouvent leur calme. Seuls deux ĂȘtres humains, Deucalion et son Ă©pouse Pyrrha, ont survĂ©cu Ă  cette terrible Ă©preuve. Sur leur barque, rĂ©chauffĂ©s par les rayons de Soleil qui caresse enfin leur peau, ils scrutent les alentours. Aussi loin que porte leur regard, dans toutes les directions, ils ne voient que mort et dĂ©solation. Tout autour d’eux, des milliers – des millions! – de cadavres flottent dans une eau rougie par le sang. Surtout, un silence de mort rĂšgne maintenant sur la Terre. Le DĂ©luge, LĂ©on Comerre, 1911Zeus est heureux. Que le sort ait choisi Deucalion et Pyrrha, deux ĂȘtres au cƓur pur, comme uniques rescapĂ©s est un bon prĂ©sage. Le Dieu ordonne alors Ă  la Terre de s’ouvrir et des brĂšches bĂ©antes absorbent les flots en un clin d’Ɠil. L’immense ocĂ©an se vide en un instant. La barque des deux amants se retrouve maintenant Ă  sec, au milieu d’un dĂ©sert aride. Zeus s’adresse en personne aux deux survivants, et leur ordonne de donner naissance Ă  une nouvelle race d’hommes. Vous portez en vous l’avenir de l’humanitĂ©, dit-il. Et Ă©galement mon plus grand espoir. »Deucalion s’en donne Ă  cƓur joie auprĂšs de sa dulcinĂ©e
 Ayons un peu de pudeur, et laissons-les batifoler en paix!Quelques complĂ©ments d’info sur le DĂ©lugeLe DĂ©luge et l’anĂ©antissement de l’humanitĂ© est un thĂšme rĂ©current dans Ă©normĂ©ment de religions et de mythologies. Que l’on pense Ă  l’épopĂ©e de Gilgamesh, Ă  l’arche de NoĂ©, Ă  Manu dans l’hindouisme sauvĂ© par un avatar de Vishnou, etc. Mais ce chĂątiment ne marque en aucun la fin du Monde, mais plutĂŽt la fin d’un cycle
 La nouvelle humanitĂ© qui s’annonce est porteuse des plus beaux espoirs. Un genre de Monde en quelque sorte. Vous avez aimĂ© cet article ? Alors j'ai besoin de vous ! Vous pouvez soutenir le blog sur Tipeee. Un beau geste, facile Ă  faire, et qui permettra Ă  EtaleTaCulture de garder son indĂ©pendance et d'assurer sa survie...

meme si les oceans se dechaine paroles