Peuimporte la situation que nous traversons, mĂȘme si nous avons lâimpression que les ocĂ©ans se dĂ©chaĂźnent contre nous, nous ne devons jamais oublier la promesse de Dieu nous disant quâIl sera toujours Ă nos cĂŽtĂ©s, car câest la vĂ©ritĂ©. MĂȘme si nous ne le sentons pas toujours, Il est lĂ . MĂȘme si JĂ©sus-Christ ne se manifeste pas encore dans notre situation, nous devons croire
Abritemoi Sous tes ailes Couvre-moi Par ta main puissante / Tango mbonge pe mopepe ekoya Elongo to ko mata likolo Po y'oza mokonzi ya mopepe Na banga te, na yebi oza/ 2x MĂȘme si les ocĂ©ans se dĂ©chainent Je les traverserai avec toi PĂšre tu domines les tempĂȘtes Je suis tranquille car tu es lĂ youtube.com
Ici on pardonne mais on n'oublie pas. 1989-2022, il y a 33 ans éclatait le conflit entre le Sénégal et la Mauritanie. Une page sombre des relations entre les deux pays.
Jene suis qu'une goutte dans l'ocĂ©an, une goutte de plus parmi vous Une goutte de pluie ou une larme de plus sur les joues De notre planĂšte Terre, MĂšre pardonne nous L'homme a créé ce tourbillon, qui nous a tous rendus fous Folie gĂ©nĂ©rale, mĂȘme les climats ne tiennent plus le coup Nos vies ternissent par notre faute, on en a mĂȘme perdu le goĂ»t J'ai peur du coup, pourtant j'ai
Bb F C Dm Am Eb Em G] Chords for MĂȘme si les ocĂ©ans with song key, BPM, capo transposer, play along with guitar, piano, ukulele & mandolin. C hord U. home Home; restore Recently Viewed; event My Requests; person Login; album Weekly Top; album Pop Hotlist; Chords for MĂȘme si les ocĂ©ans . Diagram Slider. Chord Sheet. layers Edit lyrics. O:OO. Bb. F. C. Dm. Am. Eb. Em. G.
Monseul lien contigu Tu m'enrubannes et m'embryonnes Et tu me gardes vue Tu es le seul animal de mon arche. toxique, ma voluptĂ© suprĂȘme, Mon rendez vous chĂ©ri et mon abĂźme Tu fais rire au plus doux de mon Ăąme Tu es ma came Tu es mon genre de dĂ©lice, de programme.
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Hugo Haerdtl, Inn und Donau - Pallas-Athene-Brunnen, Vienne, Autriche, 1902 Tour dâhorizon de la bienveillance, des fondations aux actes, forcĂ©ment sommaire, trĂšs sommaire, et qui ne dit rien des parcours individuels dans ce quâils ont de doutes, de contradictions, de nuances, dâitinĂ©raires et dâaccomplissements. Le passage de la prise de conscience au vĂ©gĂ©tal Ă©tant potentiellement sinueux, abouti parfois, de plus en plus souvent dĂ©sormais. Ce florilĂšge suggĂšre cependant lâuniversalitĂ© du propos, par-delĂ siĂšcles et millĂ©naires, Pythagore, en pĂšre fondateur avec les orphiques, apportant par exemple une rĂ©ponse toujours pertinente aux dĂ©fis actuels qui sont, notamment, de permettre Ă tous et Ă toutes un accĂšs aux ressources. Une Ă©quitĂ© que lâalimentation carnĂ©e et ovo-lactĂ©e comme lâagriculture quâelle implique interdisent, et avec le bilan humain, environnemental et climatique que lâon sait aujourdâhui. IntemporalitĂ© aussi quand LĂ©onard de Vinci, gĂ©nie sâil en est, tance lâhumanitĂ© et que Denis Diderot suggĂšre une autre dĂ©finition de lâhumain maĂźtre » du monde, soit une analyse qui fait frĂ©mir Ă prĂ©sent que lâon parle dâAnthropocĂšne⊠Et ce nâest pas tout ! Car les siĂšcles, Ă la suite de Pythagore toujours, savent le lien entre la violence que lâhumanitĂ© inflige aux espĂšces quâelle veut dominer et la violence quâelle inflige aux siens, avec Ovide et Marguerite Yourcenar par exemple, Louise Michel dĂ©nonçant mĂȘme les outrages qui sâabattent comme un piĂšge sur celui qui enfonce la lame dans la chair. Les mondes aussi reconnaissent Ă lâhumain une Ă©minence qui reste Ă conquĂ©rir, avec notamment Ămile Zola, Luther Standing Bear et Mohandas Gandhi. Vivifiante est alors cette dĂ©monstration menĂ©e par Renan Larue, reconnaissant Ă Voltaire son authentique cheminement intellectuel et personnel, de Porphyre Ă lâhindouisme, et un antispĂ©cisme avant lâheure, dĂ©monstration qui fait du vĂ©ganisme et de lâanticarnisme un mouvement vieux de 2500 ans et qui restitue aux LumiĂšres sa renaissance comme la sape de lâanthropocentrisme occidental. Soit une avancĂ©e que lâĂąge industriel a occultĂ©e en Ă©loignant des yeux la mise Ă mort des animaux non-humains. Une Ăšre industrielle qui a aussi Ă©rigĂ© la prĂ©dation et le profit au rang de moteurs, sinistre fourvoiement ne pouvant tolĂ©rer le raisonnement anthropologique et philosophique de Jean-Jacques Rousseau qui souligne lâaptitude Ă souffrir comme fondement du droit. Et lâamour comme moteur⊠Câest Ă la suite de cette percĂ©e dâailleurs, que Jeremy Bentham, interrogeant notre espĂšce, dit lui aussi la sentience avant lâĂ©mergence de ce nĂ©ologisme⊠On se rĂ©jouit alors, avec Brigitte GothiĂšre, convaincue que le temps de la Justice sera, et avec Astrid Guillaume qui propose une troisiĂšme voie » qui nâest pas de renoncer mais dâavancer. Quand Res Turner fait battre son cĆur et son art sur les pavĂ©s pour revendiquer la libĂ©ration animale, et que MaÄko DrĂ gĂ n confie le cĆur comme unique horizon qui vailleâŠEt nous le savons, le cĆur peut sâemballer pour dĂ©noncer et libĂ©rer, mais câest sa douceur toujours qui est lâessence des mots et des actes quâil crĂ©e. Dâautant plus lorsque la raison ne peut que le rejoindre⊠On ne sâĂ©tonnera pas alors de lire Claude LĂ©vi-Strauss annonçant la fin des vitrines de boucheries quand Paul McCartney dĂ©crypte leur absence dans les abattoirsâŠUn modeste billet qui nâest quâinvitation Ă se repenser, invitation aussi Ă Ă©largir cette ambitieuse promenade qui convie sens et conscience Ă percevoir la main qui se pose sur notre Ă©paule. Et Ă lui accorder notre regard, quâelle soit identifiĂ©e ici main dâ dâartiste, de olympique, d' agricole ou main militante des rues, avenues ou arĂšnes. Car elle est la mĂȘmeâŠAvertissement Ce billet de blog est lâoccasion de mettre Ă lâĂ©preuve l'une ou l'autre citation prĂ©sente ici, lĂ et ailleurs, jusque dans des ouvrages et nombreux sites de presse, sans identification de la source. C'est le cas ici de la seconde citation de Lamartine propos rapportĂ© ? dont le "succĂšs" est parlant Ă lui seul, c'est aussi Ă noter. Les quĂȘtes et Ă©clairages sont espĂ©rĂ©s et bienvenus ! [Pythagore, vers 580 â vers 495, philosophe, scientifique ; textes apocryphes et tradition orale Aussi longtemps que les hommes massacreront des animaux, ils sâentretueront. En effet, celui qui sĂšme les graines du meurtre et de la souffrance ne peut pas rĂ©colter la joie et lâamour. » La terre donne des richesses en abondance et de la nourriture pacifique. Elle nous offre des repas qui ne sont tachĂ©s ni de sang, ni dâassassinat. »]Ovide, 43 av. JC â 17/18, poĂšte Comme il se fait dâhorribles goĂ»ts, comme il se prĂ©pare Ă verser un jour le sang humain, celui qui Ă©gorge de sang-froid un agneau, et qui prĂȘte une oreille insensible Ă ses bĂȘlements plaintifs ; celui qui peut sans pitiĂ© tuer le jeune chevreau et lâentendre vagir comme un enfant ; celui qui peut manger lâoiseau quâil a nourri de sa main ! Y a-t-il loin de ce crime au dernier des crimes, lâhomicide ? Nâen ouvre-t-il pas le chemin ? »Plutarque, v. 46 â v. 125, philosophe, biographe Comment l'homme peut-il jouir de manger de la chair ? » Nous, civilisĂ©s, nous qui vivons sur une terre cultivĂ©e, riche, abondante, nous n'avons aucune raison de tuer pour manger. » Mais rien ne nous Ă©meut, ni la belle couleur, ni la douceur de la voix accordĂ©e, ni la subtilitĂ© de l'esprit, ni la nettetĂ© du vivre, ni la vivacitĂ© du sens et entendement des malheureux animaux, ainsi juste pour le plaisir de quelques pauvres bouchĂ©es de chair, nous privons une Ăąme du soleil et de la lumiĂšre, et de la vie et du temps qui lui revenaient, et dont elle Ă©tait nĂ©e en ce monde pour jouir. » Et nous pensons que les cris quâils jettent de peur ne sont point articulĂ©s, quâils ne signifient rien, lĂ oĂč ce ne sont que priĂšres, supplications et justifications de chacune de ces pauvres bĂȘtes qui gĂ©missent. » Regardons-nous comme indiffĂ©rente, la perte dâune Ăąme ? Je veux que ce ne soit pas, comme le croit EmpĂ©docle, celle dâun pĂšre, dâune mĂšre, dâun fils ou dâune amie ; câest toujours celle dâun ĂȘtre qui sent, qui voit et qui entend, qui a de lâimagination et de lâintelligence, facultĂ©s que chaque animal a reçues de la nature pour se procurer ce qui lui convient et Ă©viter ce qui peut lui nuire. »Porphyre, 233-304, philosophe, historien Ceux qui soutiennent quâil est permis de faire usage des viandes, prouvent suffisamment quâils sont les esclaves de leurs passions. » LĂ©onard de Vinci, 1452-1519, artiste, scientifique Jâai rejetĂ© la viande depuis trĂšs tĂŽt dans mon enfance et le temps viendra oĂč les hommes, comme moi, regarderont le meurtre des animaux comme ils regardent maintenant le meurtre de leurs semblables. » Tu as dĂ©fini lâhomme comme le Roi des Animaux ; moi par contre, je dirai que lâhomme est le roi des fauves fĂ©roces parmi lesquels tu es le plus grand. Nâas-tu pas effectivement tuĂ© et mangĂ© les animaux pour satisfaire les plaisirs de ton palais, te transformant toi-mĂȘme en tombe pour tous ces animaux ? La nature ne produit-elle pas de la nourriture vĂ©gĂ©tale en quantitĂ© suffisante pour te rassasier ? »John Ray, 1627-1705, naturaliste En aucune façon, lâhomme nâa la constitution dâun carnivore. Chasse et voracitĂ© ne lui sont pas naturelles. Lâhomme nâa ni les dents acĂ©rĂ©es ni les griffes pour tuer et dĂ©chiqueter sa proie. Au contraire, ses mains sont faites pour cueillir des fruits, des baies et des lĂ©gumes, et ses dents sont appropriĂ©es pour les mĂącher. » Tout ce dont nous avons besoin pour nous nourrir, nous restaurer et nous rĂ©galer est abondamment pourvu dans le magasin inĂ©puisable de la Nature. Quelle vision agrĂ©able, plaisante et innocente quâune table frugalement servie, et quelle diffĂ©rence avec un repas composĂ© de chair animale fumante et massacrĂ©e. En rĂ©sumĂ©, nos vergers offrent tous les dĂ©lices imaginables, tandis que les abattoirs et les boucheries sont pleins de sang coagulĂ©, et dâune abominable puanteur. » Pierre François Guyot Desfontaines, 1685-1745, journaliste, critique littĂ©raire Ayant demandĂ© Ă TaĂŻfaco de quelle nature Ă©taient les mets excellents quâil nous prĂ©sentait, il me rĂ©pondit que ce nâĂ©tait que des lĂ©gumes singuliers qui croissait dans le pays et quâon avait lâart dâassaisonner. Nous nâimitons pas, ajouta-t-il, les Espagnols et les autres EuropĂ©ens qui se repaissent de la chair des animaux funeste habitude qui les a en quelque sorte familiarisĂ©s avec lâeffusion du sang des hommes. Les bĂȘtes nâont-elles pas une Ăąme ? Quel droit Ă lâhomme de la sĂ©parer de leur corps et de sâapproprier leur substance pour sustenter la sienne, tandis que la terre libĂ©rale lui offre une infinitĂ© de grains, de racines et de fruits dont il peut se nourrir lĂ©gitimement ? »François-Marie Arouet dit Voltaire, 1694-1778, philosophe Il nâest que trop certain que ce carnage dĂ©goĂ»tant, Ă©talĂ© sans cesse dans nos boucheries et dans nos cuisines, ne nous paraĂźt pas un mal ; au contraire, nous regardons cette horreur, souvent pestilentielle, comme une bĂ©nĂ©diction du Seigneur et nous avons des priĂšres dans lesquelles on le remercie de ces meurtres. Quây a-t-il pourtant de plus abominable que de se nourrir continuellement de cadavres ? » [Porphyre] regarde les animaux comme nos frĂšres, parce quâils sont animĂ©s comme nous, quâils ont les mĂȘmes principes de vie, quâils ont ainsi que nous des idĂ©es, du sentiment, de la mĂ©moire, de lâindustrie. Il ne leur manque que la parole ; sâils lâavaient, oserions-nous les tuer et les manger ? Oserions-nous commettre ces fratricides ? Quel est le barbare qui pourrait faire rĂŽtir un agneau, si cet agneau nous conjurait par un discours attendrissant de nâĂȘtre point Ă la fois assassin et anthropophage ? » Les moutons nâont pas sans doute Ă©tĂ© faits absolument pour ĂȘtre cuits et mangĂ©s, puisque plusieurs nations sâabstiennent de cette horreur. » Il faut convenir quâil y a de la barbarie Ă les faire souffrir ; il nây a certainement que lâusage qui puisse diminuer en nous lâhorreur naturelle dâĂ©gorger un animal que nous avons nourri de nos mains. » Quel est le chien de chasse, lâorang-outang, lâĂ©lĂ©phant bien organisĂ© qui nâest pas supĂ©rieur Ă nos imbĂ©ciles que nous renfermons, Ă nos vieux gourmands frappĂ©s dâapoplexie, traĂźnant les restes dâune inutile vie dans lâabrutissement dâune vĂ©gĂ©tation ininterrompue, sans mĂ©moire, sans idĂ©es, languissant entre quelques sensations et le nĂ©ant ? Quel est lâanimal qui ne soit pas cent fois au-dessus de nos enfants nouveau-nĂ©s ? » La chasse est le moyen le plus sĂ»r pour supprimer les sentiments des hommes envers les crĂ©atures qui les entourent. » Jean-Jacques Rousseau, 1712-1778, philosophe Tant qu[e lâhomme] ne rĂ©sistera point Ă lâimpulsion intĂ©rieure de la commisĂ©ration, il ne fera jamais du mal Ă un autre homme ni mĂȘme Ă aucun ĂȘtre sensible. [âŠ] Par ce moyen, on termine aussi les anciennes disputes sur la participation des animaux Ă la loi naturelle. Car il est clair que, dĂ©pourvus de lumiĂšres et de libertĂ©, ils ne peuvent reconnaĂźtre cette loi ; mais tenant en quelque chose Ă notre nature par la sensibilitĂ© dont ils sont douĂ©s, on jugera quâils doivent aussi participer au droit naturel, et que lâhomme est assujetti envers eux Ă quelque espĂšce de devoirs. Il semble, en effet, que si je suis obligĂ© de ne faire aucun mal Ă mon semblable, câest moins parce quâil est un ĂȘtre raisonnable que parce quâil est un ĂȘtre sensible ; qualitĂ© qui, Ă©tant commune Ă la bĂȘte et Ă lâhomme, doit au moins donner Ă lâune le droit de nâĂȘtre point maltraitĂ©e inutilement par lâautre. » Nous passĂąmes une heure ou deux Ă pĂȘcher Ă cinq cents pas du rivage. La pĂȘche fut bonne ; mais, Ă lâexception dâune truite qui avait reçu un coup dâaviron, Julie fit tout rejeter Ă lâeau. Ce sont, dit-elle, des animaux qui souffrent ; dĂ©livrons-les jouissons du plaisir quâils auront dâĂȘtre Ă©chappĂ©s au pĂ©ril. » Cette opĂ©ration se fit lentement, Ă contrecĆur, non sans quelques reprĂ©sentations ; et je vis que nos gens auraient mieux goĂ»tĂ© le poisson quâils avaient pris que la morale qui lui sauvait la vie. » Denis Diderot, 1713-1784 Ă©crivain, encyclopĂ©diste, philosophe Ce nâest point parce quâil lĂšve les yeux au ciel comme tous les oiseaux, quâil est le roi des animaux ; câest parce quâil est armĂ© dâune main souple, flexible, industrieuse, terrible et secourable. Sa main est son sceptre. Ce mĂȘme bras quâil lĂšve au ciel comme pour y chercher son origine, il lâĂ©tend, lâappesantit sur la terre pour y dominer par la destruction, pour en bouleverser la surface, et dire quand il a tout ravagĂ© je rĂšgne. La plus sĂ»re marque de la population humaine est la dĂ©population des autres espĂšces ».Emmanuel Kant, 1724-1804, philosophe La cruautĂ© envers les animaux est la violation dâun devoir de lâhumain envers lui-mĂȘme. » Nicolas Edme Restif de la Bretonne, 1734-1806, Ă©crivain Sois juste envers les animaux, et tel que tu voudrais que fĂ»t Ă ton Ă©gard un animal supĂ©rieur Ă lâhomme. »Jeremy Bentham, 1748-1832, philosophe Le jour viendra peut-ĂȘtre oĂč le reste de la crĂ©ation animale acquerra ces droits qui nâauraient jamais pu ĂȘtre refusĂ©s Ă ses membres autrement que par la main de la tyrannie. Les Français ont dĂ©jĂ dĂ©couvert que la noirceur de la peau nâest en rien une raison pour quâun ĂȘtre humain soit abandonnĂ© sans recours au caprice dâun bourreau. On reconnaĂźtra peut-ĂȘtre un jour que le nombre de pattes, la pilositĂ© de la peau, ou la façon dont se termine le sacrum sont des raisons Ă©galement insuffisantes pour abandonner un ĂȘtre sensible Ă ce mĂȘme sort. Et quel autre critĂšre devrait marquer la ligne infranchissable ? Est-ce la facultĂ© de raisonner, ou peut-ĂȘtre celle de discourir ? Mais un cheval ou un chien adultes sont des animaux incomparablement plus rationnels, et aussi plus causants, quâun enfant dâun jour, ou dâune semaine, ou mĂȘme dâun mois. Mais sâils ne lâĂ©taient pas, quâest-ce que cela changerait ? La question nâest pas Peuvent-ils raisonner ? ni Peuvent-ils parler ? mais Peuvent-ils souffrir ? Alexander von Humboldt, 1769-1859, explorateur, gĂ©ographe, naturaliste Se nourrir des animaux nâest pas loin de lâanthropophagie et du cannibalisme. » La cruautĂ© Ă lâĂ©gard des animaux nâest conciliable ni avec une vĂ©ritable humanitĂ© instruite, ni avec une vĂ©ritable Ă©rudition. Câest un des vices les plus caractĂ©ristiques dâun peuple ignoble et brutal. Aujourdâhui, pratiquement tous les peuples sont plus ou moins barbares envers les animaux. Il est faux et grotesque de souligner Ă chaque occasion leur apparent haut degrĂ© de civilisation, alors que chaque jour ils tolĂšrent avec indiffĂ©rence les cruautĂ©s les plus infĂąmes perpĂ©trĂ©es contre des millions de victimes sans dĂ©fense. » La mĂȘme superficie de terre utilisĂ©e pour paĂźtre et nourrir du bĂ©tail pour produire la viande pour alimenter 1 personne, pourrait nourrir 10 personnes avec des vĂ©gĂ©taux ; si de plus nous la cultivions avec des lentilles, haricots en grains, ou petits pois, elle pourrait nourrir une centaine de personnes⊠» Arthur Schopenhauer, 1788-1860, philosophe Le monde nâest pas une fabrique et les animaux ne sont pas des produits Ă lâusage de nos besoins » car l'animal est pour l'essentiel le mĂȘme que l'homme ».Henry-David Thoreau, 1818-1862, naturaliste, poĂšte, philosophe Il nây a aucun doute pour moi quâil entre dans le destin de lâhumanitĂ©, parce quâelle se perfectionne progressivement, de cesser un jour de manger des animaux. » Alphonse de Lamartine, 1790-1869, Ă©crivain, homme politique Jâai conservĂ© une rĂ©pugnance raisonnĂ©e pour la chair cuite et il mâa toujours Ă©tĂ© difficile de ne pas voir dans lâĂ©tal du boucher quelque chose de celui du bourreau ». [ On n'a pas deux cĆurs, l'un pour l'homme, l'autre pour l'animal⊠On a du cĆur ou on n'en a pas ».] John Stuart Mill, 1806-1873, philosophe, Ă©conomiste Rien nâest plus naturel pour les ĂȘtres humains, ni, jusquâĂ un certain point dans la culture, plus universel, que dâestimer les plaisirs et les douleurs des autres comme mĂ©ritant dâĂȘtre considĂ©rĂ©s exactement proportionnellement Ă leur ressemblance avec nous-mĂȘmes. [âŠ] Certes, toute pratique cause plus de douleur aux animaux que de plaisir Ă lâhomme ; cette pratique est-elle morale ou immorale ? Et si, exactement comme les ĂȘtres humains lĂšvent la tĂȘte hors du marĂ©cage de lâĂ©goĂŻsme, ils ne rĂ©pondent pas dâune seule voix immoral », que la moralitĂ© du principe dâutilitĂ© soit condamnĂ©e Ă jamais. » Jules Michelet, 1798-1874, historien, philosophe Vie animale, sombre mystĂšre. Toute la nature proteste contre la barbarie de lâhomme qui ne comprend pas, qui humilie et qui torture ses frĂšres infĂ©rieurs. » Le rĂ©gime vĂ©gĂ©tarien ne contribue pas pour peu de chose Ă la puretĂ© de lâĂąme. » Spectacle Ă©trange de voir une mĂšre donner Ă sa fille, quâhier encore elle allaitait, cette grossiĂšre alimentation de viandes sanglantes. » Nos voyages de savants qui font tant dâhonneur aux modernes, le contact de lâEurope civilisatrice qui va partout, ont-ils profitĂ© aux sauvages ? Je ne le vois pas. ⊠Les conquĂ©rants, les missionnaires, les marchands ont massacrĂ©, Ă©puisĂ©, abruti et vĂ©rolĂ© les populations, ils ont produit le dĂ©sert. ⊠On peut juger que si lâhomme a ainsi traitĂ© lâhomme, il nâa pas Ă©tĂ© plus clĂ©ment ni meilleur pour les animaux. Des espĂšces les plus douces, il a fait dâhorribles carnages, les a ensauvagĂ©es et barbarisĂ©es pour toujours. » ⊠Car tous les rĂ©cits de voyageurs concordent il fut un temps oĂč les lamantins, les phoques, les pingouins, les manchots, les baleines aimaient la compagnie de lâhomme⊠» George Sand, 1804-1876, Ă©crivaine Ce sera un grand progrĂšs dans lâĂ©volution de la race humaine quand nous mangerons des fruits et que les carnivores disparaĂźtront de la Terre. Tout sera faisable sur cette Terre Ă partir du moment oĂč nous viendrons Ă bout des repas de viande et des guerres. » Richard Wagner, 1813-1883, compositeur, Ă©crivain Alors que la vue du bĆuf sacrifiĂ© aux dieux nous est devenue insupportable, aujourdâhui les flots de sang qui sâĂ©coulent quotidiennement des abattoirs sont rincĂ©s Ă lâeau et cachĂ©s Ă nos yeux, afin quâau dĂźner nous puissions nous rĂ©jouir du cadavre des animaux abattus, arrangĂ© de telle sorte quâil ne soit plus reconnaissable comme tel. DĂšs Ă prĂ©sent, nous devrions avoir Ă cĆur de cultiver un sol nouveau dâoĂč pourrait Ă©merger une religion de la compassion, malgrĂ© ceux qui ne savent penser quâen fonction de lâutilitĂ© des choses. Quâattendons-nous dâune religion si nous en excluons la pitiĂ© envers les animaux ? »Victor Hugo, 1802-1885, Ă©crivain Torturer un taureau pour le plaisir, pour l'amusement, c'est beaucoup plus que torturer un animal, c'est torturer une conscience. » Lâenfer nâexiste pas pour les animaux, ils y sont dĂ©jĂ . » Ămile Zola, 1840-1902, Ă©crivain La cause des animaux passe avant le souci de me ridiculiser. » Les bĂȘtes n'ont pas encore de patrie. Il n'y a pas encore des chiens allemands, des chiens italiens et des chiens français. Il n'y a partout que des chiens qui souffrent quand on leur allonge des coups de canne. Alors, est-ce qu'on ne pourrait pas, de nation Ă nation, commencer par tomber d'accord sur l'amour qu'on doit aux bĂȘtes ? De cet amour universel des bĂȘtes, par-dessus les frontiĂšres, peut-ĂȘtre en arriverait-on Ă l'universel amour des hommes. Les chiens du monde entier devenus frĂšres, caressĂ©s en tous lieux avec la mĂȘme tendresse, traitĂ©s selon le mĂȘme code de justice, rĂ©alisant le peuple unique des libertaires, en dehors de l'idĂ©e guerroyante et fratricide de patrie, n'est-ce pas lĂ le rĂȘve d'un acheminement vers la citĂ© du bonheur futur ? Des chiens internationaux que tous les peuples pourraient aimer et protĂ©ger, en qui tous les peuples pourraient communier, ah ! Grand Dieu ! Le bel exemple, et comme il serait dĂ©sirable que l'humanitĂ© se mĂźt dĂšs aujourd'hui Ă cette Ă©cole, dans l'espoir de l'entendre se dire plus tard que de telles lois ne sont pas faites uniquement pour les chiens ! » La corrida, ni un art, ni une culture ; mais la torture dâune victime dĂ©signĂ©e. » Le devoir le plus Ă©levĂ© pour un homme est de soustraire les animaux Ă la cruautĂ©. » Pourquoi la souffrance dâune bĂȘte me bouleverse-t-elle ainsi ? Pourquoi ne puis-je supporter lâidĂ©e quâune bĂȘte souffre, au point de me relever la nuit, lâhiver, pour mâassurer que mon chat a bien sa tasse dâeau ? [âŠ] Pour moi, je crois bien que ma charitĂ© pour les bĂȘtes est faite de ce quâelles ne peuvent parler, expliquer leurs besoins, indiquer leurs maux. Une crĂ©ature qui souffre et qui nâa aucun moyen de nous faire entendre comment et pourquoi elle souffre, nâest-ce pas affreux, nâest-ce pas angoissant ? » Câest Ă la souffrance quâil faut dĂ©clarer la guerre, et vous parlez un langage universel, lorsque vous criez pitiĂ© et justice pour les bĂȘtes. » Louise Michel, 1830-1905, institutrice, figure de la Commune de Paris Au fond de ma rĂ©volte contre les forts, je trouve du plus loin quâil me souvienne lâhorreur des tortures infligĂ©es aux bĂȘtes. Depuis la grenouille que les paysans coupent en deux, laissant se traĂźner au soleil la moitiĂ© supĂ©rieure, les yeux horriblement sortis, les bras tremblants cherchant Ă sâenfouir sous la terre, jusquâĂ lâoie dont on cloue les pattes, jusquâau cheval quâon fait Ă©puiser par les sangsues ou fouiller par les cornes des taureaux, la bĂȘte subit, lamentable, le supplice infligĂ© par lâhomme. Et plus lâhomme est fĂ©roce envers la bĂȘte, plus il est rampant devant les hommes qui le dominent. » Câest que tout va ensemble, depuis lâoiseau dont on Ă©crase la couvĂ©e jusquâaux nids humains dĂ©cimĂ©s par la guerre. » Et le cĆur de la bĂȘte est comme le cĆur humain, son cerveau est comme le cerveau humain, susceptible de sentir et de comprendre. » George Thorndike Angell, 1823-1909, avocat On me demande parfois Pourquoi dĂ©pensez-vous autant de votre temps et dâargent Ă parler de la bontĂ© envers les animaux quand il y a tant de cruautĂ© faite aux humains ? Je rĂ©ponds Je travaille Ă ses racines. » LĂ©on TolstoĂŻ, 1828-1910, Ă©crivain Sâil cherche sĂ©rieusement et sincĂšrement la voie morale, la premiĂšre dont lâĂȘtre humain se privera sera la nourriture animale ; car [âŠ] son usage est tout simplement immoral, car il exige une action contraire au sentiment de moralitĂ© â lâassassinat â et il nâest provoquĂ© que par la gourmandise, la voracitĂ©. » De l'assassinat d'un animal Ă celui d'un ĂȘtre humain, il n'y a qu'un pas ». Le vĂ©gĂ©tarisme vaut comme critĂšre de base avec lequel nous pouvons reconnaĂźtre si lâhomme aspire sĂ©rieusement Ă une perfection morale. La nourriture carnĂ©e est un rĂ©sidu primitif ; le passage Ă une alimentation vĂ©gĂ©tarienne est la premiĂšre manifestation de lâinstruction. »Luther Standing Bear, 1863/1868 â 1939, chef Sioux Les animaux ont des droits le droit dâĂȘtre protĂ©gĂ©s par lâĂȘtre humain, le droit Ă la vie et Ă la multiplication de lâespĂšce, le droit Ă la libertĂ© et le droit de nâavoir aucune dette envers lâĂȘtre humain. » Romain Rolland, 1866-1944, Ă©crivain, prix Nobel de LittĂ©rature La cruautĂ© envers les animaux et mĂȘme dĂ©jĂ lâindiffĂ©rence envers leur souffrance, est Ă mon avis lâun des pĂ©chĂ©s les plus lourds de lâhumanitĂ©. Il est la base de la perversitĂ© humaine. Si lâhomme crĂ©e tant de souffrance, quel droit a-t-il Ă se plaindre de ses propres souffrances ? » Mohandas Gandhi, 1869-1948, avocat, militant des droits humains Un humain cruel avec les animaux ne peut ĂȘtre un ĂȘtre humain bon. » On peut juger de la grandeur dâune nation par la façon dont les animaux y sont traitĂ©s. » Jamais je ne consentirai Ă sacrifier au corps humain la vie dâun agneau. Jâestime que, moins une crĂ©ature peut se dĂ©fendre, plus elle a droit Ă la protection de lâĂȘtre humain contre la cruautĂ© humaine. » Maurice Maeterlinck, 1862-1949, Ă©crivain, prix Nobel de LittĂ©rature Je nâai pas lâintention dâapprofondir ici la question du vĂ©gĂ©tarisme ni de rencontrer les objections quâon y peut faire, mais il convient de reconnaitre que bien peu de ces objections rĂ©sistent Ă un examen loyal et attentif, et lâon peut affirmer que tous ceux qui se sont soumis Ă ce rĂ©gime ont senti leurs forces sâaccroitre, leur santĂ© se rĂ©tablir ou sâaffermir, leur esprit sâallĂ©ger et se purifier comme au sortir dâune prison sĂ©culaire, nausĂ©abonde et misĂ©rable. » Si quelque jour se gĂ©nĂ©ralisait la certitude que lÂŽhomme peut se passer de la chair des animaux, il y aurait non seulement une grande rĂ©volution Ă©conomique, â car un bĆuf, pour produire une livre de viande, consomme plus de cent livres de fourrage, â il y aurait encore une amĂ©lioration morale probablement aussi importante et certainement plus sincĂšre et plus durable que si lâEnvoyĂ© du PĂšre revenait une seconde fois visiter notre terre pour rĂ©parer les erreurs et les oublis de son premier pĂšlerinage. » Louis Raimbault, 1877-1949, anarchiste, libertaire LibĂ©rer tout ce qui vit, tout ce qui est sensible et qui souffre de lâinjustice, de lâiniquitĂ©, de lâabus, de la perversion des hommes. » George Bernard Shaw, 1856-1950, Ă©crivain, prix Nobel de LittĂ©rature, critique musical Les animaux sont mes amis et je ne mange pas mes amis » Tant que nous sommes nous-mĂȘmes les tombeaux vivants dâanimaux assassinĂ©s, comment pouvons-nous espĂ©rer des conditions de vie idĂ©ales sur cette Terre ? » Albert Einstein, 1879-1955, physicien, prix Nobel de Physique Rien ne peut ĂȘtre plus bĂ©nĂ©fique Ă la santĂ© humaine ni accroĂźtre les chances de survie de la vie sur la Terre quâune Ă©volution vers un rĂ©gime vĂ©gĂ©tarien. » Albert Schweitzer, 1875-1965, mĂ©decin, pasteur, thĂ©ologien, prix Nobel de la Paix Peu mâimporte de savoir si un animal peut raisonner⊠Mais du seul fait que je le sais capable de souffrir, câest en cela que je le considĂšre comme mon prochain. » Ă mon avis, nous devons nous engager pour la protection des animaux et cesser complĂštement de manger de la viande. Je le fais moi-mĂȘme et câest ainsi que bien des personnes deviennent attentives Ă ce problĂšme qui a Ă©tĂ© posĂ© si tard. » Martin Luther King, 1929-1968, pasteur, militant des droits civiques, prix Nobel de la Paix Nâayez jamais peur de faire ce qui est juste, surtout si le bien ĂȘtre dâune personne ou dâun animal est en jeu. Les punitions de la sociĂ©tĂ© sont faibles comparĂ©es aux blessures que nous infligeons Ă lâĂąme quand nous dĂ©tournons le regard. » ThĂ©odore Adornau, 1903-1969, philosophe, sociologue, musicologue Auschwitz commence quand quelqu'un regarde un abattoir et pense ce ne sont que des animaux. » Jacques PrĂ©vert, 1900-1977, poĂšte et scĂ©nariste Un seul oiseau en cageLa libertĂ© est en deuil. » Louis de Funes de Galarza, 1914-1983, comĂ©dien Jâai abandonnĂ© la pĂȘche le jour oĂč je me suis aperçu quâen les attrapant, les poissons ne frĂ©tillaient pas de joie. » Marguerite Yourcenar, 1903-1987, Ă©crivaine Je me dis souvent, que si nous nâavions pas acceptĂ©, depuis des gĂ©nĂ©rations, de voir Ă©touffer des animaux dans des wagons Ă bestiaux [âŠ] personne, pas mĂȘme les soldats chargĂ©s de les convoyer, nâaurait supportĂ© les wagons plombĂ©s des annĂ©es 1940-1945. » LâHomme a peu de chances de cesser dâĂȘtre un tortionnaire pour lâHomme, tant quâil continuera Ă apprendre sur lâanimal son mĂ©tier de bourreau. » Tout comme ZĂ©non, il me dĂ©plaĂźt de digĂ©rer des agonies. » Isaac Bashevis Singer, 1902-1991, Ă©crivain Tout ce verbiage sur la dignitĂ©, la compassion, la culture ou la morale semble ridicule lorsquâil sort de la bouche mĂȘme de ceux qui tuent des crĂ©atures innocentes, pourchassent des renards que leurs chiens ont Ă©puisĂ©s, ou mĂȘme encouragent lâexistence de combat de taureaux. Je ne crois pas quâil puisse y avoir de paix dans le monde tant que les animaux seront traitĂ©s comme ils le sont aujourdâhui. Les humains sont des nazis pour eux, pour les animaux, câest tous les jours Treblinka. » On affirme souvent que les hommes ont toujours mangĂ© de la viande, comme si câĂ©tait une justification pour continuer Ă le faire. Selon la mĂȘme logique, nous ne devrions pas chercher Ă empĂȘcher un homme dâen tuer un autre Ă©tant donnĂ© que cela aussi a toujours Ă©tĂ©. » ThĂ©odore Monod, 1902-2000, universitaire, naturaliste, explorateur Ce quâon peut critiquer, câest cette prééminence exclusive donnĂ©e Ă lâhomme, car cela implique tout le reste. Si lâhomme se montrait plus modeste et davantage convaincu de lâunitĂ© des choses et des ĂȘtres, de sa responsabilitĂ© et de sa solidaritĂ© avec les autres ĂȘtres vivants, les choses seraient bien diffĂ©rentes. » Les animaux nâont pas, comme lâhomme, lâorgueil de se croire le roi des animaux. » Lâanimal ne demande pas quâon lâaime, il demande quâon lui fiche la paix. » Pourquoi reconnaĂźtre des droits Ă l'animal implique-t-il nĂ©cessairement qu'on l'identifie Ă l'homme ? En dĂ©pit de nos diffĂ©rences, ne peut-on pas tout simplement lui accorder le droit de vivre, d'exister ? » Jacques Derrida, 1930-2004, philosophe De quelque façon qu'on l'interprĂšte, quelque consĂ©quence pratique, technique, scientifique, juridique, Ă©thique, ou politique qu'on en tire, personne aujourd'hui ne peut nier cet Ă©vĂ©nement, Ă savoir les proportions sans prĂ©cĂ©dent de cet assujettissement de l'animal. Cet assujettissement dont nous cherchons Ă interprĂ©ter lâhistoire, nous pouvons lâappeler violence, fĂ»t-ce au sens moralement le plus neutre de ce terme et mĂȘme quand la violence interventionniste se pratique, dans certains cas, fort minoritaires et nullement dominants, ne lâoublions jamais, au service ou pour la protection de lâanimal, mais le plus souvent de lâanimal humain. » Personne ne peut plus nier sĂ©rieusement et longtemps que les hommes font tout ce quâils peuvent pour dissimuler ou pour se dissimuler cette cruautĂ©, pour organiser Ă lâĂ©chelle mondiale lâoubli ou la mĂ©connaissance de cette violence que certains pourraient comparer aux pires gĂ©nocides. » Claude LĂ©vi-Strauss, 1908-2009, anthropologue, ethnologue Un jour viendra oĂč lâidĂ©e que, pour se nourrir, les hommes du passĂ© Ă©levaient et massacraient des ĂȘtres vivants et exposaient complaisamment leur chair en lambeaux dans les vitrines, inspirera sans doute la mĂȘme rĂ©pulsion quâaux voyageurs du XVIe ou XVIIe siĂšcle, les repas cannibales des sauvages amĂ©ricains, ocĂ©aniens ou africains. » Les problĂšmes posĂ©s par les prĂ©jugĂ©s raciaux reflĂštent Ă lâĂ©chelle humaine un problĂšme beaucoup plus vaste et dont la solution est encore plus urgente celui des rapports de lâhomme avec les autres espĂšces vivantes⊠Le respect que nous souhaitons obtenir de lâhomme envers ses semblables nâest quâun cas particulier du respect quâil faudrait ressentir pour toutes les formes de vie⊠»Albert Jacquard, 1925-2013, gĂ©nĂ©ticien, essayiste Maltraiter un animal nâest pas le simple rĂ©sultat dâun dĂ©sordre mineur de la personnalitĂ©, mais le symptĂŽme dâune perturbation mentale profonde. » François Cavanna, 1923-2014, Ă©crivain et dessinateur humoristique L'homme est mon frĂšre, certes. Le chien l'est aussi. Et le singe, et l'ours, et l'Ă©lĂ©phant. Et l'araignĂ©e. Oui, l'araignĂ©e. Est mon frĂšre quiconque peut, comme moi, souffrir, avoir peur, aimer, mourir. Je souffre avec tout ce qui souffre ... avec l'enfant noir au ventre vide, avec la fiancĂ©e de Beyrouth aux jambes arrachĂ©es, avec le singe clouĂ© sur une planche, dont on dĂ©roule les intestins "pour voir". Leurs yeux hurlent la mĂȘme horreur, la mĂȘme folie la souffrance. » VoilĂ qu'une douleur soudaine, atroce, paralyse mon Ă©paule gauche. D'un bond je me retourne. C'est un type, dĂ©guisĂ© comme les autres, qui m'a plantĂ© une espĂšce de saloperie de grappin en forme dâhameçon en plein entre deux vertĂšbres, et cet engin de torture est Ă©quipĂ© de telle façon qu'Ă chacun de mes mouvements il se balance et dĂ©chiquette la chair et les nerfs Ă grands flots de sang. La douleur est Ă©pouvantable. Maman, vois ce qu'on fait Ă ton petit enfant ! Qu'ai-je fait pour mĂ©riter cela ?Le public est dĂ©chaĂźnĂ©. On m'attaque de partout, mon martyre les met en joie. C'est donc cela, la corrida ? Des hommes fous de mĂ©chancetĂ© jouissant plus fort que par le sexe mĂȘme ? Les salauds ! C'est donc pour cela quâils mâont Ă©levĂ© et fait si beau ? Pour dĂ©guster ma mort ? L'arĂšne est jonchĂ©e de ce que, dans leur enthousiasme ou leur fureur, lancent les spectateurs, et aussi de monceaux de tripailles de chevaux qui n'ont pas eu de chance. DĂ©jĂ le tueur couvert d'oripaille tend les fesses et darde l'Ă©pĂ©e, suivant la sacro-sainte tradition. Il me fait face. Je ne suis plus qu'une pauvre carcasse tremblante, vidĂ©e, Ă bout. Je tombe sur les genoux ; puisqu'il faut en finir, finissons-en. Je tends le cou. » Dick Gregory, 1932-2017, Ă©crivain, humoriste, acteur, militant des droits civiques Je milite pour le droit des animaux pour les mĂȘmes raisons que je milite pour les droits humains. Les animaux et les humains meurent de la mĂȘme façon, et la violence produit la mĂȘme souffrance, le mĂȘme sang versĂ©, la mĂȘme odeur de mort, la mĂȘme cruautĂ©, arrogance et brutalitĂ© dans lâacte de tuer. Nous nâavons pas besoin dâen faire partie. » Tomi Ungerer, 1931-2019, auteur illustrateur Les animaux de boucherie sont gĂ©nĂ©ralement tuĂ©s par procuration avant dâĂȘtre mangĂ©s par des hypocrites qui sâĂ©vanouiraient Ă la vue du sang. » Milan Kundera, nĂ© en 1929, Ă©crivain La vraie bontĂ© de l'homme ne peut se manifester en toute puretĂ© et en toute libertĂ© qu'Ă l'Ă©gard de ceux qui ne reprĂ©sentent aucune force. Le vĂ©ritable test moral de l'humanitĂ© le plus radical, qui se situe Ă un niveau si profond qu'il Ă©chappe Ă notre regard, ce sont ses relations avec ceux qui sont Ă sa merci les animaux. Et c'est ici que s'est produite la faillite fondamentale de l'homme, si fondamentale que toutes les autres en dĂ©coulent. » Boris Cyrulnik, nĂ© en 1937, neurologue, psychiatre, psychanalyste, Ă©thologue Le jour oĂč les humains comprendront quâune pensĂ©e sans langage existe chez les animaux, nous mourrons de honte de les avoir enfermĂ©s dans des zoos et de les avoir humiliĂ©s par nos rires⊠» Howard Lyman, nĂ© en 1938, ancien Ă©leveur reconverti dans la dĂ©fense des animaux Vous ne pouvez pas ĂȘtre un Ă©cologiste et manger de la viande, point. Leurrez-vous si vous voulez, si vous avez envie de nourrir votre addiction, mais ne vous dites pas Ă©cologiste. »Eugen Drewermann, nĂ© en 1940, universitaire, psychanalyste, philosophe Aussi longtemps que les hommes tueront les animaux, ils feront la guerre. Aussi longtemps que les hommes mangeront des animaux, ils tortureront Ă mort leurs victimes innocentes par centaines de milliers dans les laboratoires et les installations dâĂ©levage collectif, par millions dans les abattoirs des villes, par myriades dans les mers du monde. Leur fleuve de sang ne doit pas servir plus longtemps de nourriture, leur corps de matiĂšre premiĂšre, leur vie de provision pour nous les hommes. »Paul McCartney, nĂ© en 1942, musicien, auteur-compositeur, chanteur Si les abattoirs avaient des vitres, on serait tous vĂ©gĂ©tariens. » Harvey Diamond, nĂ© en 1945, auteur animaux, nutrition Mettez un enfant dans un berceau avec une pomme et un lapin. Sâil mange le lapin et joue avec la pomme, je vous achĂšte une voiture neuve. »Yann Arthus-Bertrand, nĂ© en 1946, photographe, reporter, rĂ©alisateur Tous les Ă©colos devraient arrĂȘter de manger de la viande, car elle est en train de dĂ©truire la planĂšte. On dĂ©foreste tous les ans lâĂ©quivalent de la Belgique pour cultiver des cĂ©rĂ©ales qui nourrissent les animaux. Câest facile de dire que câest Trump le mĂ©chant et de continuer Ă manger de la viande dans son coin. On a les hommes politiques quâon mĂ©rite. » Peter Singer, nĂ© en 1946, universitaire, philosophe Le spĂ©cisme est un prĂ©jugĂ© ou une attitude de parti pris en faveur des intĂ©rĂȘts des membres de sa propre espĂšce et Ă l'encontre des intĂ©rĂȘts des membres des autres espĂšces. » La libĂ©ration animale exigera des ĂȘtres humains un altruisme plus grand que tout autre mouvement de libĂ©ration. Les animaux sont incapables d'exiger d'eux-mĂȘmes leur propre libĂ©ration, ou de protester contre leur situation par des votes, des manifestations ou des boycotts. » Je crois que nos comportements actuels vis Ă vis de ces ĂȘtres sont fondĂ©s sur une longue histoire de prĂ©jugĂ©s et de discrimination arbitraire. Je soutiens qu'il ne peut y avoir aucune raison - hormis le dĂ©sir Ă©goĂŻste de prĂ©server les privilĂšges du groupe exploiteur - de refuser d'Ă©tendre le principe fondamental d'Ă©galitĂ© aux membres des autres espĂšces. Je vous demande de reconnaĂźtre que vos attitudes Ă l'Ă©gard des membres des autres espĂšces sont une forme de prĂ©jugĂ© tout aussi contestable que les prĂ©jugĂ©s concernant la race ou le sexe. » Tous les arguments pour prouver la supĂ©rioritĂ© de lâhomme ne peuvent briser cette dure rĂ©alitĂ© nous sommes tous Ă©gaux dans la souffrance. » Carlos Santana, nĂ© en 1947, guitariste, compositeur, interprĂšte Je ne mange pas de viande car la viande apporte des propriĂ©tĂ©s nĂ©gatives telles que la peur, la colĂšre, lâanxiĂ©tĂ©, lâagressivitĂ©, etc⊠Les lĂ©gumes sâoffrent paisiblement Ă la terre quand ils sont mĂ»rs, permettant ainsi un paisible et excellent Ă©tat dâesprit. » John Robbins, nĂ© en 1947, auteur militant animaux, environnement, nutrition Jâai rĂ©coltĂ© des choux et cueilli des carottes et jâai aussi visitĂ© des abattoirs ces expĂ©riences ne peuvent pas se comparer ». Nul besoin de se priver il sâagit seulement de mieux comprendre comment manger de la façon la plus saine, la plus agrĂ©able, la plus nourrissante dâune part, et la plus Ă©conomique, la plus gĂ©nĂ©reuse, la moins polluante dâautre part. [âŠ] La vie dans son ensemble en bĂ©nĂ©ficierait vous, le genre humain, les animaux, les forĂȘts, les riviĂšres, le sol, les ocĂ©ans, et lâatmosphĂšre terrestre. » Armand Farrachi, nĂ© en 1949, Ă©crivain Aucune civilisation nâa jamais infligĂ© dâaussi dures souffrances aux animaux que la nĂŽtre, au nom de la production rationnelle au coĂ»t le plus bas ». ⊠Nâayons pas peur des mots la France est couverte de camps de concentration et de salles de torture. ⊠Pour ces millions, pour ces milliards dâanimaux, le simple fait de vivre, depuis la naissance jusquâĂ la mort, est un supplice de chaque seconde. »Philip Wollen, nĂ© en 1950, ex-banquier, militant des droits des animaux humains et non-humains Les animaux doivent ĂȘtre retirĂ©s des menus parce que ce soir, ils crient de terreur dans les abattoirs, les caisses et les cages, vils goulags ignobles de dĂ©sespoir. » Jâai entendu les cris de mon pĂšre mourant, son corps ravagĂ© par le cancer qui lâa tuĂ©, et jâai rĂ©alisĂ© que jâavais dĂ©jĂ entendu ces cris avant. Dans les abattoirs ; les yeux arrachĂ©s et les tendons coupĂ©s, sur les navires bĂ©taillers en direction du Moyen-Orient et chez la mĂšre baleine mourante quand un harpon explose dans son cerveau alors quâelle appelle son baleineau. Ces cris Ă©taient ceux de mon pĂšre. Jâai alors dĂ©couvert que dans la souffrance, nous sommes tous Ă©gaux, et que dans notre capacitĂ© Ă souffrir, un chien est un cochon, est un ours⊠est un garçon. » La viande est le nouvel amiante, plus meurtriĂšre que le tabac. CO2, mĂ©thane et oxyde nitreux provenant du secteur de lâĂ©levage tuent nos ocĂ©ans, crĂ©ant des zones mortes, acides, hypoxiques. 90 % des poissons de petite taille sont broyĂ©s pour nourrir le bĂ©tail les vaches vĂ©gĂ©tariennes sont aujourdâhui les plus grands prĂ©dateurs marins. Les ocĂ©ans sont en train de mourir. » Seulement 100 milliards de personnes ont vĂ©cu sur terre. 7 milliards y vivent aujourdâhui. Et nous torturons et tuons 2 milliards dâanimaux chaque semaine. 10 000 espĂšces sont anĂ©anties chaque annĂ©e par les actions dâune seule. Nous sommes maintenant face Ă sixiĂšme extinction de masse de lâhistoire cosmologique. Si un autre organisme agissait comme cela, les biologistes lâappelleraient un virus ». Victor Hugo a dit Rien nâest plus fort quâune idĂ©e dont lâheure est venue. » Les droits des animaux sont aujourdâhui la plus importante question de justice sociale depuis lâabolition de lâesclavage. Il y a plus de 600 millions de vĂ©gĂ©tariens dans le monde. [âŠ] Si nous Ă©tions une nation, nous serions plus grands que les 27 pays de lâUnion EuropĂ©enne rĂ©unis ! » La viande est comme les piĂšces de 1 et 2 centimes. Elle coĂ»te plus cher Ă faire que ce quâelle vaut. Et les agriculteurs sont ceux qui ont le plus Ă gagner. Ce ne serait pas la fin de lâagriculture, mais son essor. » Jean-François Noblet, nĂ© en 1951, ornithologue, mammalogiste, herpĂ©tologiste Je trouve insupportable que l'on tente d'opposer l'amour des hommes et l'amour des animaux. Je crois Ă l'amour de la vie. » Francis Cabrel, nĂ© en 1953, auteur, compositeur, interprĂšte Chaque fois que la corrida avance, c'est l'humanitĂ© qui recule. » Gary Francione, nĂ© en 1954, juriste, philosophe, universitaire Quand il sâagit de la violation des droits fondamentaux des humains, nous sommes absolutistes. Personne ne propose de rendre lâesclavage, la pĂ©dophilie, le viol etc⊠plus humains ». Quand il sâagit de la violation des droits fondamentaux des animaux, nous parlons de tout, sauf dâabsolutisme. Au contraire, nous nous concentrons sur le fait de rendre plus humaine » la violation de leurs droits fondamentaux. Nous traitons les intĂ©rĂȘts fondamentaux des humains et des non-humains diffĂ©remment. » Il nây a pas de diffĂ©rence entre tuer un animal et payer quelquâun pour le faire Ă sa place. » Le problĂšme est la violence et la hiĂ©rarchie. Et je pense que cela est intimement liĂ© Ă la tendance patriarcale Ă traiter les autres exclusivement comme un moyen pour des fins. Si nous quittons le terrain du patriarcat et rejetons la violence comme moyen de rĂ©soudre les conflits, ainsi que le principe de hiĂ©rarchie et le fait de traiter les autres seulement comme des moyens, cela ne peut qu'amĂ©liorer l'acceptation du vĂ©ganisme. » Si vous pensez quâĂȘtre vĂ©gan est difficile, imaginez la difficultĂ© pour les animaux que vous ne le soyez pas. » Ne dites plus que vous aimez les animaux si par ailleurs vous consommez des produits dâorigine animale. Devenez vĂ©gan et faites-en sorte que ce qui franchit vos lĂšvres soit cohĂ©rent avec les paroles qui en sortent. » James Cameron, nĂ© en 1954, rĂ©alisateur Ce nâest pas indispensable de manger des animaux, nous en faisons juste le choix. Cela devient donc un choix moral, celui de choisir un mode de vie ayant un Ă©norme impact sur la planĂšte, utilisant dâĂ©normes ressources primaires et dĂ©truisant la biosphĂšre. » Steven Patrick Morrissey, nĂ© en 1959, chanteur Manger des animaux est au mĂȘme niveau moral quâabuser des enfants. Câest la mĂȘme chose. Les animaux comme les enfants attendent de nous une protection. Nous devrions les protĂ©ger. » Nagui Fam, dit Nagui, nĂ© en 1961, animateur, producteur, comĂ©dien Sur la corrida Il ne sâagit pas âseulementâ dâun problĂšme de souffrance animale mais bien dâun problĂšme Ă©thique quelles peuvent ĂȘtres les motivations de gens qui payent pour assister Ă la torture et Ă la mise Ă mort dâun ĂȘtre vivant, quâils essayent de justifier par des discours techniques ou esthĂ©tiques, si ce nâest autre que le voyeurisme et le sadisme ? » Florence Burgat, nĂ©e en 1962, philosophe et directrice de recherches Ă lâINRA Lâabattoir est une monstruositĂ© au sens propre du terme, une anomalie, un vice, une difformitĂ© engendrĂ©e par lâhumanitĂ© carnivore, un lieu oĂč le mal se dĂ©ploie et se rĂ©pĂšte en toute impunitĂ©. » Si lâon respecte les animaux, par principe, on fait autre chose quâun mĂ©tier qui vit de la mort, qui plus est en bas Ăąge, des animaux. » Au moment oĂč lâhumanitĂ© se pense elle-mĂȘme philosophiquement, mĂ©taphysiquement, elle le fait comme une entitĂ© qui doit se couper de ce quâelle appelle la nature ou lâanimal. Comme pour se rappeler quâelle sâest sĂ©parĂ©e des animaux, elle les tue et les mange, en cet acte si singulier quâest lâabsorption, la digestion et lâexcrĂ©tion dâĂȘtres dont nous savons quâils ne sont, Ă bien des Ă©gards, pas si diffĂ©rents de nous. Comment affirmer plus radicalement une mainmise que par la manducation, câest-Ă -dire le fait de manger ? » Du calvaire de l'animal, le consommateur ne sait rien, et ne veut rien savoir. » Jerome Flynn, nĂ© en 1963, acteur Nous nâavons pas Ă©tĂ© Ă©duquĂ©s Ă faire un lien entre la nourriture dans notre assiette et les animaux que nous aimons. [âŠ] Nous savons maintenant que nous nâavons pas besoin dâobtenir les protĂ©ines par la viande. [âŠ]. Je ne veux pas faire partie de toute cette souffrance. » Melanie Joy, nĂ©e en 1966, universitaire, psychologue Le carnisme est un systĂšme de croyance particulier. Câest une idĂ©ologie dominante, un systĂšme invisible et enracinĂ© qui modĂšle nos croyances, nos comportements, nos normes, etc⊠Câest aussi une idĂ©ologie violente. La viande ne peut pas ĂȘtre obtenue sans tuer. »Peter Dinklage, nĂ© en 1969, acteur Jâaime les animaux, tous les animaux. Je ne ferais pas de mal Ă un chat, un chien, un poulet ou une vache. Et je ne demanderais pas Ă quelquâun de leur faire du mal pour moi. Câest pour cela que je suis vĂ©gan. »Astrid Guillaume, universitaire, sĂ©mioticienne Je crois en l'humanimalisme, soit un humanisme Ă©tendu aux animaux, et un animalisme Ă©tendu aux humains. Non plus un antagonisme humains - animaux, mais une troisiĂšme voie, pacifiante, reconnaissant Ă tous les ĂȘtres sentients le droit aux liens interspĂ©cifiques fondĂ©s sur le respect dans un rapport d'Ă©gal Ă Ă©gal. Ces droits seraient Ă©tablis sur la dĂ©couverte et la reconnaissance des intelligences, langages et sensibilitĂ©s spĂ©cifiques. Ces droits seraient gĂ©nĂ©rateurs de partages, de langages communs, de connaissance de soi et de l'altĂ©ritĂ©. Ils seraient propices Ă l'Ă©dification d'une intelligence et d'une sentience communes, dans un intĂ©rĂȘt commun. » Gary Yourofsky, nĂ© en 1970, universitaire, confĂ©rencier A lâadresse des consommateurs dâaliments carnĂ©s et ovo-lactĂ©s Ce nâest pas âvotreâ droit, basĂ© sur âvosâ traditions, âvosâ coutumes et âvosâ habitudes, de bafouer leur libertĂ© afin de leur faire du mal, de les asservir et de les tuer. Ce nâest pas une histoire de droit. Câest une injustice. » Stomy Bugsy, nĂ© en 1972, rappeur, acteur Je suis tellement heureux, tellement fier de moi, de savoir que je ne participe plus Ă cette tuerie, Ă ce massacre, de ne plus me nourrir de la mort, dâouvrir mon frigo et que mon frigo ressemble plus Ă un jardin quâĂ une morgue. » +++ Ce que je ne tue pas, me rend plus fort. » Brigitte GothiĂšre, nĂ©e en 1973, militante animaliste Tuer avec dignitĂ© et respect en abattoir, aurait-on inventĂ© la magie ? Non, mais on a inventĂ© le langage qui maquille habilement des faits ignobles sous des mots rassurants. » Entre les ĂȘtres humains et les autres animaux, il y a des diffĂ©rences. Mais les dĂ©couvertes en Ă©thologie nous apprennent quâil y a surtout de grandes similitudes en particulier le dĂ©sir de vivre sa propre vie, le mieux possible. Nos habitudes et notre culture nous retiennent dans un paradoxe, nous privent de cohĂ©rence nous ne voulons pas maltraiter et tuer sans nĂ©cessité⊠et nous le faisons pratiquement tous, chaque jour, en dĂ©lĂ©guant Ă dâautres le soin de faire le sale boulot. » Des injustices du passĂ© sont aujourdâhui condamnĂ©es, comme lâesclavage humain ou le statut infĂ©rieur assignĂ© aux femmes. Elles Ă©taient soutenues par des intĂ©rĂȘts puissants, elles aussi ancrĂ©es dans la conscience collective au point que la majoritĂ© les croyait normales, naturelles, nĂ©cessaires. La discrimination arbitraire â appelĂ©e spĂ©cisme â qui balaie les intĂ©rĂȘts fondamentaux des animaux pour le moindre dĂ©sir humain est aussi amenĂ©e Ă disparaĂźtre. Un jour, nous mettrons ensemble fin Ă une Ăšre dâinjustice envers les animaux parce que câest possible, parce que câest logique, parce quâil est juste de le faire. » Vanessa Wagner, nĂ©e en 1973, pianiste La question Ă©cologique est aujourdâhui incontournable et sera intimement liĂ©e Ă lâavancĂ©e du traitement animal. On doit repenser totalement notre rapport Ă la nature, Ă la Terre qui nous porte, nous nourrit et nous fait vivre. » Joaquin Phoenix, nĂ© en 1974, acteur Nous devons apprendre lâempathie, nous devons apprendre Ă regarder dans les yeux dâun animal et rĂ©aliser que sa vie a de lâimportance, parce quâil est, lui aussi, un ĂȘtre vivant. » "Consommer des produits d'origine animale n'est plus du ressort du choix personnel. Cet acte a des consĂ©quences catastrophiques sur l'ensemble de la planĂšte" Dominick Thompson, nĂ© en 1979, athlĂšte multisports Lâindustrie laitiĂšre est un grand groupe de violeurs et de meurtriers. Quelle personne saine dâesprit voudrait soutenir des violeurs et des meurtriers ? » Alexey Ivanovitch VoĂŻevoda, nĂ© en 1980, mĂ©daillĂ© dâor olympique et champion du monde de bras de fer Jâai constatĂ© tant de bĂ©nĂ©fices depuis que je suis devenu vĂ©gan. PremiĂšrement, je ne me nourris plus de la souffrance et de la douleur dâanimaux sans dĂ©fense. DeuxiĂšmement, mon corps est devenu plus lĂ©ger, pour ainsi dire plus pur ». TroisiĂšmement, dans ma profession, la souplesse et lâĂ©lasticitĂ© sont extrĂȘmement importantes, et jâai augmentĂ© les deux. Et quatriĂšmement, je ne suis aujourdâhui presque plus jamais enrhumĂ© ou grippĂ©. » Renan Larue, universitaire, littĂ©rature et histoire LâantispĂ©cisme et le vĂ©ganisme ne sont pas des inventions rĂ©centes⊠ils sont les hĂ©ritiers de la philosophie des LumiĂšres, une philosophie qui sapait Ă coups de marteau le suprĂ©macisme humain et la fable anthropocentriste. » On dĂ©sinforme les enfants Ă lâĂ©gard de leur rĂ©gime alimentaire. Cela va devenir impossible Ă justifier dans les annĂ©es Ă venir. » David Haye, nĂ© en 1980, double champion de monde de boxe Jâai regardĂ© un documentaire tĂ©lĂ© sur la façon dont les animaux Ă©taient Ă©levĂ©s, tuĂ©s et prĂ©parĂ©s pour quâon les mange. Jâai vu toutes ces vaches et tous ces cochons, et jâai rĂ©alisĂ© que je ne pouvais plus ĂȘtre complice de ça. CâĂ©tait horrible. » Natalie Portman, nĂ©e en 1981, actrice et productrice Au sujet de son vĂ©ganisme Trois fois par jour, je me rappelle que jâestime la vie et que je ne veux pas causer de la douleur ou tuer dâautres ĂȘtres vivants. VoilĂ pourquoi je mange de cette façon. » Res Turner, nĂ© en 1982, rappeur, quintuple champion d'improvisation et dĂ©fenseur des droits des opprimĂ©s Et si c'Ă©tait ton chien, si c'Ă©tait ton frĂšre, tu dirais aussi qu'il faut laisser le temps faire son affaire ? » "Oh oui ! Appelez nous extrĂ©mistes, radicaux ! Loin d'ĂȘtre Ă la hauteur de l'horreur que subissent les animaux ! Pas une nuit oĂč leurs cris de dĂ©tresse ne retentissent. On se doit de rĂ©pondre Ă leurs appels Ă l'aide en tant que repentis. Et qui force qui ? Soyez censĂ©s. On dĂ©porte tous les jours 3 millions d'animaux dans les abattoirs français. Donc, qui force qui ? Ă outrance. Quand ces mĂȘmes innocents se font Ă©gorger dans une totale indiffĂ©rence " Ătre vĂ©gan c'est juste ne plus contribuer, ne plus ĂȘtre acteur d'un tel massacre. Et aux derniĂšres nouvelles, quand on parle de lutter, ne rien faire ce n'est pas faire sa part. » JoĂ«l Cessio, nĂ© en 1985, militant de la libĂ©ration animale Violemment malmenĂ© aprĂšs sâĂȘtre introduit dans les arĂšnes de Dax en pleine corrida On sent une haine du public [âŠ] et on se rend compte que quand on fait du mal Ă un animal, on peut trĂšs bien en faire Ă un ĂȘtre humain, câest pareil. Il nây a quâun pas entre tuer un animal et tuer un ĂȘtre humain [âŠ]. La violence doit cesser, que ce soit sur des animaux, que ce soit sur des ĂȘtres humains. » Au sujet de photographies prises en pleine campagne Quelque part, sur les routes de lâindiffĂ©rence en France Quelle torture pour un bĂ©bĂ© d'avoir sa mĂšre Ă cĂŽtĂ© sans pouvoir la tĂ©ter ! Un anneau rouge avec des pics pour lâen empĂȘcher. Si toi aussi, ces images te choquent, alors peut-ĂȘtre vas-tu y rĂ©flĂ©chir Ă deux fois avant de prendre son lait⊠»David Carter, nĂ© en 1987, footballeur professionnel Vous nâavez pas besoin de prendre une vie pour prendre du muscle. » Marina P, nĂ©e en 1990, neuropsychologue, militante des rues et avenues J'ose espĂ©rer que les choses ne sont pas figĂ©es et que nous sommes acteurs de notre vie tout autant que du monde dans lequel nous vivons et Ă©voluons... Ce qui me semble "juste" et "bon" et inversement, est purement intuitif et invariablement liĂ© Ă une dynamique Ă©motionnelle il me semble que pour de trĂšs nombreuses choses, nous n'avons pas forcĂ©ment besoin d'ĂȘtre "Ă©duquĂ©s", que nous sommes Ă mĂȘme de distinguer, et en faisant preuve dâempathie, une situation acceptable ou non... Lorsque l'on est Ă mĂȘme de ne plus fermer les yeux sur ce qui nous entoure, on est Ă mĂȘme de se positionner et de lutter contre ce qui nous dĂ©range⊠Comme le dit si bien saint Augustin A force de tout voir lâon finit par tout supporter⊠A force de tout supporter, on finit par tout tolĂ©rer⊠A force de tout tolĂ©rer, on finit par tout accepter⊠A force de tout accepter on finit par tout approuver ! ». La situation animale est une des plus terribles dĂ©tresses de ce monde... En somme, ce qui m'engage, au-delĂ de la lutte contre les injustices, c'est d'oser encore espĂ©rer un monde dans lequel notre discernement aura raison de sa laideur.» PhilĂ©mon DrĂ gĂ n MaÄko , nĂ© en 1990, chroniqueur, anarchiste libertaire agitateur Ă temps plein » Je me laisse guider dans ma fatalitĂ© personnelle, qui est aussi celle du monde, et je lutte contre tout ce qui empĂȘche les gens, les animaux, les plantes, les Ă©lĂ©ments, de vivre, de prospĂ©rer, de se dĂ©ployer, de se toucher, de sâaimer. » Hector Bellerin, nĂ© en 1995, footballeur international Au sujet de son vĂ©ganisme Je crois fermement que la Terre nous rend ce quâon lui fait. » Pour que la main de lâanimal humain PosĂ©e sur lâanimal non-humain Ne soit plus celle du bourreau Mais celle du Sage⊠Ce billet nâa pas pour sujet les dĂ©couvertes en gĂ©nĂ©tique, Ă©thologie et zoosĂ©miotique, des avancĂ©es bouleversantes et passionnantes. Ce billet nâa pas pour sujet lâessor de la gastronomie vĂ©gĂ©talienne, aussi nutritive quâĂ©poustouflante et qui se dĂ©ploie des en-cas aux cuisines Ă©toilĂ©es. Ce billet nâa pas pour sujet lâagriculture, de ses redoutables fourvoiements et abominations aux belles alternatives et perspectives. Ce billet nâa pas pour sujet la question des objectifs, welfaristes ou abolitionnistes, ni des modes dâaction, lĂ©gaux ou illĂ©gaux, qui se rĂ©pandent Ă travers le monde dĂ©sormais, sujets dans le sujet. Ce billet, bien incomplet et imparfait, est partage de conscience, et mise en perspective dâune prise de conscience qui nĂ©e de la pensĂ©e, des Ă©motions, de la science et de la sagesse, est dĂ©sormais abordĂ©e des pavĂ©s Ă lâuniversitĂ©, jaillissant au cĆur de nos tablĂ©es et Ă©mergeant enfin dans les programmes Ă©lectoraux. Car cette prise de conscience qui sâĂ©tend de façon exponentielle interpelle dĂ©sormais le lĂ©gislateur. Ce billet est aussi invitation Ă sonder le passĂ© et le prĂ©sent pour affiner et partager une pensĂ©e trop longtemps ignorĂ©e voire moquĂ©e, afin que cette rĂ©volution copernicienne sâopĂšre au bĂ©nĂ©fice de tous et de toutes. Car la Terre nâa que trop saignĂ© et ce, depuis trop longtemps dĂ©jĂ . Et câest une considĂ©ration Ă©mue et enthousiaste qui va Ă tous ceux et toutes celles qui Ćuvrent en faveur de cette derniĂšre conquĂȘte engagĂ©e par les Anciens et les LumiĂšres.
RĂ©sumĂ© Texte Notes Citation Auteur RĂ©sumĂ©s Les cinq poĂšmes de Victor Hugo souvent rĂ©unis sous lâappellation de nĂ©buleuse âOcĂ©anâ », bien quâils aient Ă©tĂ© sĂ©parĂ©s dans des publications tardives, possĂšdent plusieurs caractĂ©ristiques communes une mĂȘme pĂ©riode de rĂ©daction bien circonscrite fĂ©vrier 1854, une forte unitĂ© thĂ©matique, et une forme strophique trĂšs contraignante. Leur genĂšse est indissociable de celle, strictement contemporaine, dâautres poĂšmes qui entreront dans La Fin de Satan, encore Ă lâĂ©tat dâĂ©bauche, mais aussi dans Les Contemplations et la premiĂšre sĂ©rie de La LĂ©gende des siĂšcles. On peut alors observer dans cet ocĂ©an crĂ©atif, sans Ă©quivalent dans la vie de Victor Hugo, que câest autour du poĂšme de Satan que se construit le reste, nĂ©buleuse âOcĂ©anâ » comprise. PrĂ©vue dĂšs lâorigine en poĂšmes distincts, cette derniĂšre ne se comprend que dans son rapport avec lui, non comme un projet Ă part, mais plutĂŽt comme une tentative provisoire, et compensatoire, de donner une forme Ă ce qui nâen avait pas encore. The five poems of Victor Hugo, often assembled in the collection called ânĂ©buleuse Oceanâ Oceanâ nebulaâ, although separated in later editions, possess several common characteristics the same narrow publication period February 1854, a strong coherent theme and a solid, binding verse structure. Their origin is inseparable from that of other poems, strictly contemporary, which find their way into The End of Satan La Fin de Satan, then still in rough note form, but also in The Contemplations Les Contemplations and the first series of The Legend of the Ages La LĂ©gende des siĂšcles. We can observe in this creative ocean, unique in Victor Hugoâs life, that the others are written around the poem of Satan, âOcean nebulaâ included. Drafted from the outset as distinct poems, the latter can only be understood by their relationship with it, not as a separate project, but rather as a temporary and compensatory attempt to give shape to something which did not yet have one. Die fĂŒnf Gedichte Victor Hugos, die hĂ€ufig unter dem Titel ânĂ©buleuse OcĂ©anââ zusammengestellt wurden, obwohl sie in spĂ€teren Editionen getrennt wurden, haben mehrere Charakteristika gemeinsam einen eng umgrenzten Produktionszeitraum Februar 1854, eine eng zusammenhĂ€ngende Thematik sowie eine stark gebundene Versform. Ihr Ursprung ist untrennbar mit dem anderer, genau zeitgleich entstandener Gedichte verbunden, die spĂ€ter, noch in Rohform, in La Fin de Satan Eingang finden sollten, aber auch in Les Contemplations und in die erste Folge von La LĂ©gende des siĂšcles. Man kann also beobachten, dass in diesem kreativen Ozean, der im Leben Victor Hugos einmalig ist, der Rest rund um das Gedicht vom Satan konstruiert wird, einschlieĂlich des âOcĂ©anâ. Anfangs als separate Gedichte konzipiert, kann âOcĂ©anâ nur in Verbindung mit dem Zyklus verstanden werden, nicht als ein eigenes Projekt, sondern vielmehr als ein provisorischer und kompensatorischer Versuch, dem eine Form zu verleihen, was davor noch keine hatte. Los cinco poemas de VĂctor Hugo que son reunidos a menudo con la denominaciĂłn de ânebulosa OcĂ©anoââ, por mĂĄs que hayan estado separados en publicaciones tardĂas, poseen varias caracterĂsticas comunes un mismo perĂodo de redacciĂłn bien circunscripto febrero de 1854, una gran unidad temĂĄtica y una forma estrĂłfica muy estricta. Su gĂ©nesis es indisociable de la de otros poemas estrictamente contemporĂĄneos que entrarĂĄn en El fin de SatĂĄn, en un estado de esbozo, pero tambiĂ©n en Las contemplaciones y en la primera serie de La leyenda de los siglos, lo que permite observar en ese ocĂ©ano creativo âsin equivalentes en la vida de VĂctor Hugoâ, que es alrededor del poema de SatĂĄn que se construye el resto, incluida la ânebulosa OcĂ©anoââ. Prevista desde el comienzo como poemas independientes, la ânebulosa OcĂ©anoââ sĂłlo puede ser entendida en su relaciĂłn con aquĂ©l, no como un proyecto aparte, sino mĂĄs bien como una tentativa provisoria, y compensatoria, de otorgar una forma a algo que carecĂa de ella todavĂa. Os cinco poemas de Victor Hugo muitas vezes referidos como "nebulosa OcĂ©an", embora separados em publicaçÔes tardias, possuem vĂĄrias caracterĂsticas comuns o mesmo circunscrito tempo de escrita fevereiro de 1854, uma forte coerĂȘncia temĂĄtica e uma sĂłlida e coesa estrutura versificatĂłria. Pela origem sĂŁo indissociĂĄveis de outros poemas contemporĂąneos que entrarĂŁo em La Fin de Satan, ainda em esboço, e tambĂ©m em Les Contemplations e na primeira sĂ©rie de La LĂ©gende des siĂšcles. Neste oceano criativo, sem equivalente na vida de Victor Hugo, Ă© possĂvel constatar que Ă© em torno do poema de Satan que se constrĂłi o resto, inclusive a "nebulosa OcĂ©an". Esta foi planejada desde o inĂcio como sĂ©rie de poemas distintos, mas que sĂł ganham sentido associados na estrutura maior ; nĂŁo sĂŁo um projecto separado, mas uma tentativa provisĂłria, e bem sucedida, de dar forma ao que ainda nĂŁo a tinha. I cinque poemi di Victor Hugo spesso riuniti sotto il titolo di nĂ©buleuse âOcĂ©anâ nebulosa âOceanoâ, nonostante siano stati pubblicati separatamente, possiedono molte caratteristiche comuni uno stesso periodo di redazione ben circoscritto febbraio 1854, una forte unitĂ tematica ed una forma strofica molto vincolante. La loro genesi Ăš indissociabile da quella, strettamente contemporanea, di altri poemi che entreranno a far parte de La fine di Satana â ancora allo stadio di bozza â ma anche delle Contemplazioni e della prima serie de La leggenda dei secoli. In questâoceano creativo senza equivalenti nella vita di Hugo, Ăš attorno al poema di Satana che si costruisce il resto, nebulosa âOceanoâ compresa. Prevista fin dallâinizio come una serie di poemi distinti, questâultima si comprende solamente nel suo rapporto a questo poema ; non come un progetto separato, dunque, ma come un tentativo provvisorio â e compensatorio â di dare una forma a ciĂČ che non lâaveva de page Texte intĂ©gral 1 Le mot de nĂ©buleuse » est de Jean Massin, il sert de titre au regroupement des poĂšmes OcĂ©an », ... 2 Voir Jean Gaudon, Victor Hugo Ă Jersey », CFL, t. IX, p. xl, et Le Temps de la contemplation, Par ... 1Une fois employĂ© le mot de nĂ©buleuse » Ă propos dâ OcĂ©an » et des poĂšmes qui sont dans sa mouvance, il semble que tout soit dit1. On est en prĂ©sence dâun vaste ensemble de plus de mille vers qui couvrent tout lâespace de la page, corps du texte et marge, en une profusion extraordinaire fig. 1. Exemple de poĂ©sie ininterrompue en une poussĂ©e irrĂ©pressible qui sâinvente au fur et Ă mesure quâelle se compose2, selon un mouvement doublement contradictoire dâune part, les strophes prolifĂšrent, sâajoutant les unes aux autres dans la marge, quitte Ă ĂȘtre ensuite rayĂ©es, ou bien pour ĂȘtre transposĂ©es sur une autre page, ou bien pour ĂȘtre purement et simplement Ă©liminĂ©es, abandonnĂ©es plutĂŽt ; dâautre part, le texte paraĂźt connaĂźtre une expansion sans limite, mais chaque poĂšme de lâensemble est structurĂ© et organisĂ©, soumis Ă des divisions internes, et les unes par rapport aux autres les piĂšces dessinent une configuration gĂ©nĂ©rale de sens. Sâajoute, et ceci nâest pas sĂ©parable de cela, que cet ensemble se signale immĂ©diatement par la mĂȘme forme strophique des sizains composĂ©s de deux tercets formĂ©s chacun de deux heptasyllabes et dâun tĂ©trasyllabe 7/7/4/7/7/4. Une telle organisation strophique ne se rencontre nulle part ailleurs chez Hugo et pour la singularitĂ© elle ne peut se comparer quâaux Djinns » des Orientales. Ă soi seule elle donne son identitĂ© poĂ©tique Ă la nĂ©buleuse- OcĂ©an ». Fig. 1 Manuscrit dâ OcĂ©an » La LĂ©gende des siĂšcles Naf 24 758 1F., f° 128 r°. 3 Le nombre de strophes indiquĂ© nâest quâapproximatif ; il faudrait Ă©galement tenir compte des stroph ... 4 Voir Jean Gaudon, De la poĂ©sie au poĂšme remarques sur les manuscrits poĂ©tiques de Victor Hugo » ... 2La nĂ©buleuse â nous utiliserons cette expression commode, qui vaut ce quâelle vaut â est formĂ©e de cinq poĂšmes Chanson de bord » 6 strophes ; non datĂ© ; Gros temps la nuit » 13 strophes ; datĂ© du 2 fĂ©vrier 1854 ; OcĂ©an » 82 strophes ; datĂ© du 18 fĂ©vrier 1854 ; Sur la falaise » 13 strophes ; datĂ© du 28 fĂ©vrier 1854 et Les paysans au bord de la mer » 27 strophes ; datĂ© du 1er mars 18543. LâunitĂ© thĂ©matique est manifeste et assure aux cinq poĂšmes leur cohĂ©rence. La question qui se pose est de savoir si on est en prĂ©sence dâun ensemble qui a Ă©tĂ© dans un premier temps indĂ©terminĂ© et fragmentĂ© ensuite en diffĂ©rents poĂšmes. Dans ce cas on aurait affaire moins Ă un poĂšme quâĂ un texte, et ce texte serait lâexpression dâune pulsion qui serait poĂ©sie, poĂ©sie Ă lâĂ©tat brut, immĂ©diat, en toute libertĂ©4, Hugo ayant ensuite essayĂ© de discipliner ce texte de poĂ©sie en poĂšmes. Cette interprĂ©tation est possible, et rendrait assez bien compte de ce mouvement premier quâest la poĂ©sie de Hugo. 5 Renvoyons Ă lâarticle dĂ©cisif de Pierre Albouy, Une Ćuvre de Victor Hugo reconstituĂ©e », RHLF, ju ... 3Faut-il dans ces conditions rapprocher le cas dâ OcĂ©an » et de la ci-devant nĂ©buleuse du Verso de la page ? Certainement pas les deux poĂšmes ne sont quâapparemment comparables dans le traitement quâils ont subi. Pour ce qui est du Verso de la page, il a connu un dĂ©membrement bien postĂ©rieur Ă sa composition5. Ăcrit entre novembre 1857 et fĂ©vrier 1858, alors que Hugo se livre Ă une vaste et angoissante rĂ©flexion sur le mal dans lâhistoire et sur les moyens dây remĂ©dier, il fut destinĂ©, un temps, Ă figurer dans ce qui sâappelait alors Les Petites ĂpopĂ©es avec La PitiĂ© suprĂȘme, LâĂne et La RĂ©volution. Ayant renoncĂ© Ă ce projet pharaonique, Hugo garda par-devers lui-mĂȘme ce poĂšme dĂ©sormais sans emploi, jusquâen 1870-1871, lorsquâil entreprit LâAnnĂ©e terrible. Il tailla donc dans le vieux poĂšme de 1857-1858 afin dâen extraire plus de cinq cents vers, deux cent quinze pour le Prologue » et trois cent trente constituant le poĂšme Loi de formation du progrĂšs ». Le reste, câest-Ă -dire un peu plus de huit cents vers, connut des publications postĂ©rieures dans Les Quatre Vents de lâesprit, LâArt dâĂȘtre grand-pĂšre et Toute la lyre. En somme, Hugo a piochĂ© dans ce poĂšme de la matiĂšre textuelle en le dĂ©piautant. Câest sinon la pratique de lâaccommodation des restes, du moins la gestion avisĂ©e des fonds de tiroir. 4Rien de semblable en ce qui concerne OcĂ©an » et les poĂšmes qui se rattachent Ă lui. Contrairement au Verso, il nây a pas eu avec OcĂ©an » de dĂ©membrement. Cela de toute façon aurait Ă©tĂ© impossible, du fait de la forme mĂȘme si particuliĂšre du texte composĂ© de sizains uniques dans son Ćuvre, alors que le discours en alexandrins, qui dans le cas du poĂšme de 1857-1858 est quelquefois assez proche de la prose versifiĂ©e, peut se redistribuer sans trop de difficultĂ©s dans dâautres poĂšmes. Surtout, ce quâon suppose ĂȘtre un Ă©clatement dâ OcĂ©an » nâest en aucune façon un dĂ©membrement, mais, Ă©ventuellement, une rĂ©organisation textuelle qui serait intervenue au moment mĂȘme de la composition, et ce nâest dâailleurs pas sĂ»r du tout. Si les cinq poĂšmes qualifiĂ©s de nĂ©buleuse- OcĂ©an » ont une parfaite homogĂ©nĂ©itĂ©, ce nâest pas dire quâils formaient Ă lâorigine un seul et mĂȘme texte dans lequel Hugo aurait opĂ©rĂ© des divisions, pour aboutir aux cinq poĂšmes en question. Nous soutiendrons, au contraire, que ces poĂšmes, tout en ayant la mĂȘme forme et tout en mettant en Ćuvre la mĂȘme thĂ©matique, ont Ă©tĂ© conçus par Hugo comme distincts les uns des autres. Il nâest donc pas possible de se livrer sur OcĂ©an » et ses quatre poĂšmes satellites au travail qui a Ă©tĂ© fait sur Le Verso de la page, pour la bonne raison que le poĂšme de 1854 nâa pas Ă©tĂ© mis en piĂšces comme lâa Ă©tĂ© celui de 1857-1858. 6 Hugo utilise rĂ©guliĂšrement dans son Ćuvre cette citation de lâĂvangile selon saint Jean 3, 8 ... 5 OcĂ©an » et les poĂšmes qui lâaccompagnent, par leur forme unique et par le trĂšs court espace de temps que leur composition a demandĂ© un mois, font lâeffet dâune espĂšce dâhapax poĂ©tique dans lâĆuvre de Hugo. De fait, il est difficile de trouver chez lui quelque chose dâaussi singulier. Pour expliquer un tel cas, pas dâexplication, ou alors la convocation de la pulsion de la poĂ©sie spiritus flat ubi vult6, afin dâexpliquer, ou de ne pas expliquer, ce qui dĂ©fie le sens. Avant tout il faut sâinterdire de penser que ces poĂšmes- OcĂ©an » constitueraient Ă eux seuls une singularitĂ© au sein de la production de lâhiver de 1854 ; au contraire, nous poserons quâils se rattachent gĂ©nĂ©tiquement Ă elle et que mĂȘme ils ne peuvent se comprendre quâen Ă©tant rattachĂ©s Ă elle. 6Que fait donc Hugo en fĂ©vrier 1854, lorsquâil Ă©crit OcĂ©an » ? Pour lâessentiel il travaille Ă un texte dont Satan est le hĂ©ros, donnant corps narrativement Ă un personnage qui vient de faire son entrĂ©e dans lâĆuvre. 7 Voir RenĂ© Journet et Guy Robert, Contribution aux Ă©tudes sur Victor Hugo, t. II, Le texte de La F ... 7Texte, et non pas poĂšme, simplement parce que de poĂšme Ă lâorigine, il nây en a pas, mais un long cri Ă©perdu de 288 vers7, auquel est donnĂ© le titre, si câen est un, de Satan ». Satan au fond de la nuit de lâenfer vocifĂšre son amour pour Dieu, car il aime Dieu, câest lĂ son tourment. Ces vers sont datĂ©s du 20 janvier, ils formeront bien plus tard le cĆur noir de la division Satan dans la nuit » de La Fin de Satan. Encore nâest-ce quâune illusion rĂ©trospective, puisque, au moment oĂč ces vers sont Ă©crits, il nây a pas de poĂšme Ă©pique en vue, ce nâest quâun cri de damnĂ© qui clame sa dĂ©rĂ©liction. Cependant, Ă partir de fĂ©vrier, un peu plus de trois semaines aprĂšs cet ensemble occupĂ© par les lamentations de Satan, Hugo compose deux discours, un discours de MelchisĂ©dech et un discours dâOrphĂ©e, datĂ©s respectivement du 14 et du 16 fĂ©vrier. Ces deux discours ont pour auditeur Nemrod le conquĂ©rant. Telles que les choses en la matiĂšre peuvent ĂȘtre reconstituĂ©es, il apparaĂźt quâen ce mois de fĂ©vrier 1854 une concrĂ©tion poĂ©tique sâĂ©labore autour de ce personnage de Nemrod. Nemrod est le guerrier, la figure du mal que Satan du fond de lâenfer inspire sur terre. UltĂ©rieurement, quand Hugo Ă©crira La Fin de Satan, un Ă©pisode entier lui sera consacrĂ©, Le Glaive », dans lequel prendront place les deux chants Ă©crits en fĂ©vrier. En janvier-fĂ©vrier, on nâen est pas lĂ . Quelque chose cristallise, qui nâa guĂšre quâun nom, Satan », auquel se raccrochent des motifs, comme ceux du mal et de la guerre, qui se fixent sur ce personnage de Nemrod. SpĂ©cialement remarquable le fait que dans ce qui sâĂ©crit alors, en janvier comme en fĂ©vrier, domine le chant chant de Satan, chant de MelchisĂ©dech, chant dâOrphĂ©e. Ce sont des chants Ă la premiĂšre personne, oĂč un sujet sâinterroge sur lui-mĂȘme, sur son identitĂ©, dans la relation que celle-ci entretient justement avec la parole, la parole de soi. Mais il est Ă noter que cette parole ne trouve pas Ă se fixer sous la forme dâun poĂšme ; elle est ou bien cri, dans le cas de Satan, ou bien fragment au sein dâun ensemble qui nâexiste pas encore. 8 OcĂ©an », CFL, t. IX, p. 677-683. 9 Ibid., p. 681. 10 Ibid., p. 683. 8Quel rapport avec OcĂ©an » ? Dâun point de vue poĂ©ticien, le rapport est Ă©vident une crĂ©ature incontestablement satanique, OcĂ©an, exalte sa fureur en un long monologue hystĂ©rique. Ă la diffĂ©rence des autres monstres du bestiaire cosmique et mythologique, qui ont fini par ĂȘtre domptĂ©s, lui nâa connu aucun belluaire ; il persiste Ă ĂȘtre une force sauvage que rien ne fait plier. Comme Satan, son mot est Non serviam ». Et il sâen vante de maniĂšre triomphale pendant des dizaines de strophes8, dans un chant ivre de lui-mĂȘme, un chant Ă la premiĂšre personne dâun lyrisme noir. Câest un fils de Satan significativement les deux derniĂšres rimes de son imprĂ©cation sont yatagan et ouragan. OcĂ©an est un Satan forcenĂ©, mais Ă la diffĂ©rence du maudit, il nâa aucun amour pour Dieu. LâidĂ©e mĂȘme dâune fin de Satan » suscite ses sarcasmes Je devine/Quâon rĂȘve une Ăšre divine/Fin des flĂ©aux9 ». Ă ce chant de haine, rĂ©pond dans la seconde partie du poĂšme, au contraire, la parole sensĂ©e de lâhomme qui prĂ©dit Ă lâocĂ©an lâĂšre nouvelle des temps futurs Tout enfer sâĂ©teint ; nul bagne/Nâest Ă©ternel10 », mais reconnaissons que ces 18 derniĂšres strophes du poĂšme ne pĂšsent pas bien lourd en face des 48 strophes dâune noirceur jouissive et jubilatoire dâOcĂ©an. Ce nâest pas Ă©tonnant, car dans le personnage dâOcĂ©an se conjoignent Satan et Nemrod. 11 Ibid., p. 676, n. 2, p. 677, n. 15 et p. 683, n. 42. 9La signification dâun pareil poĂšme est manifeste, il sâagit pour Hugo de sâoffrir en raccourci lâimage de son poĂšme de Satan/Satan achevĂ©. Câest rendu visible par la volontĂ© dâabord de structurer un texte en un poĂšme, avec des divisions internes. Ce souci se traduit lui-mĂȘme, notera-t-on en passant, par des hĂ©sitations sur la cĂ©sure du poĂšme en deux ou en trois parties11. Quant aux quatre poĂšmes qui servent dâescorte Ă OcĂ©an », ils ont pour fonction de lâĂ©clairer de lâextĂ©rieur. Le premier, Chanson de bord », en faisant entendre un chant humain, le deuxiĂšme, en Ă©voquant la furie de lâocĂ©an sur terre et sur mer, les deux derniers, Sur la falaise » et Les paysans au bord de la mer », en donnant Ă voir du rivage le spectacle de lâocĂ©an dĂ©chaĂźnĂ©. Ces deux derniers poĂšmes, signalons-le, sont eux-mĂȘmes soumis Ă des divisions internes. LâĂ©lĂ©ment le plus remarquable reste la forme strophique si particuliĂšre employĂ©e par Hugo pour ces cinq poĂšmes. Elle semble terriblement corsetĂ©e, infiniment plus Ă premiĂšre vue que les alexandrins qui se dĂ©roulent au kilomĂštre dans la plupart des poĂšmes de Hugo de lâĂ©poque. Ce nâest peut-ĂȘtre quâune apparence ces sizains dâheptasyllabes et de tĂ©trasyllabes ont une lĂ©gĂšretĂ© mĂ©trique qui les distingue des alexandrins et leur donne une espĂšce de volatilitĂ©, mais, dâun autre cĂŽtĂ©, la contrainte strophique permet de soumettre Ă une forme fixe le flux poĂ©tique pour en faire un poĂšme et contribue Ă le canaliser. Pour reprendre la mĂ©taphore trĂšs cĂ©lĂšbre de Hugo Ă laquelle aboutit le poĂšme de Pasteurs et troupeaux » Les Contemplations, II, 23, ces strophes sont les moutons sinistres » de lâocĂ©an, ses flocons dâĂ©cume. 12 Le poĂšme Chanson de bord » nâest pas datĂ©, mais, comme le remarque Massin dans son Ă©dition, le gl ... 10Les analyses sommaires prĂ©cĂ©dentes relevaient de la poĂ©tique ; essayons maintenant de les vĂ©rifier en nous plaçant au plan de la gĂ©nĂ©tique. Pour cela nous commencerons par la datation des diffĂ©rents poĂšmes de la nĂ©buleuse- OcĂ©an ». Si on se fie aux dates portĂ©es sur quatre des poĂšmes de la nĂ©buleuse12, lâensemble a Ă©tĂ© Ă©crit entre le 2 fĂ©vrier et le 1er mars 1854. Câest tout Ă fait possible, mais il faut souligner que pendant ce mois de fĂ©vrier lâĂ©criture de ces poĂšmes a Ă©tĂ© menĂ©e parallĂšlement Ă celle de nombreux autres poĂšmes, et certains de grande ampleur comme la plus grande partie du Glaive » de La Fin de Satan, Les pauvres gens » et Au lion dâAndroclĂšs », entre autres, pour ne rien dire de la Lettre Ă lord Palmerston. LâactivitĂ© de Hugo pendant ces quatre semaines a Ă©tĂ© considĂ©rable, dĂ©bordante. Dans des pĂ©riodes de ce genre, Hugo est capable dâĂ©crire deux cents vers par jour, mais, si on se reporte, par exemple, Ă lâautomne et Ă lâhiver de 1857-1858, il ne travaille alors que sur un seul poĂšme, ou bien un poĂšme didactique, comme La RĂ©volution ou La PitiĂ© suprĂȘme ou un poĂšme narratif, comme les textes qui composent le cycle de Ratbert. Ces poĂšmes, dâautre part, tous en alexandrins, sont dâune grande homogĂ©nĂ©itĂ© thĂ©matique et idĂ©ologique. Ce nâest pas du tout le cas avec ce qui sâĂ©crit en fĂ©vrier 1854, oĂč les sizains dâ OcĂ©an » sont contemporains dâun Ă©pisode Ă©pique Le Glaive », dâun rĂ©cit Les Pauvres Gens », dâune machine façon pĂ©plum Au lion dâAndroclĂšs » et de poĂšmes qui prendront place dans Les Contemplations Chose vue un jour de printemps », CrĂ©puscule ». Bien sĂ»r, il est toujours possible de parler de bouillonnement, dâeffervescence, etc., mais câest une forme de dĂ©mission de la pensĂ©e. Reste cependant quâil est difficile de faire entrer la nĂ©buleuse dans le calendrier gĂ©nĂ©tique de ce mois de fĂ©vrier, Ă moins de suspecter que les dates portĂ©es sur les poĂšmes soient fausses. 11Elles ne sont pas fausses, et il serait sans aucune pertinence Ă cet Ă©gard dâavancer le cas des datations fictives dâun grand nombre de poĂšmes des Contemplations ces datations ont pour but de dessiner la courbe dâune vie et elles ont un caractĂšre fictionnel, plus que fictif, le propos de Hugo Ă©tant dâĂ©crire le roman de sa vie. Admettons, au contraire, que les dates qui figurent au bas des poĂšmes de la nĂ©buleuse- OcĂ©an » sont exactes, que la datation scande le travail dâavancement de la nĂ©buleuse. Celle-ci sâĂ©labore mĂ©thodiquement, et, Ă nos yeux, est beaucoup moins fiĂ©vreuse et emportĂ©e quâil pourrait sembler. Cela nâexclut pas une certaine exubĂ©rance, qui se traduit par une Ă©criture de type prolifĂ©rant. Il faut cependant souligner que cette prolifĂ©ration ne sâobserve vĂ©ritablement que dans le seul poĂšme OcĂ©an », et câest alors Ă attribuer au chant lui-mĂȘme dâOcĂ©an, personnage qui vit sa relation Ă la parole sur le mode de lâĂ©ructation, exactement comme le Satan du mois de janvier. Par contraste, les autres poĂšmes qui lâentourent ont pour fonction de stabiliser en quelque sorte ce jaillissement Ă©ruptif et dâen limiter la propagation, resserrant cette explosion au seul poĂšme OcĂ©an ». Il est remarquable Ă cet Ă©gard que ces poĂšmes sont trĂšs strictement divisĂ©s en sections, comme sâil fallait empĂȘcher quâils Ă©chappent Ă tout contrĂŽle. La prĂ©sentation du poĂšme Sur la falaise » est de ce point de vue trĂšs significative. Le titre, la premiĂšre section du poĂšme ainsi quâune partie de la troisiĂšme section sont localisĂ©s Ă gauche, câest-Ă -dire dans la position qui serait la leur sâils Ă©taient des additions marginales fig. 2. Lâusage constant de Hugo, on le sait, est de laisser libre dans les pages quâil utilise un espace important sur la gauche de la feuille pour y porter dâĂ©ventuelles additions. De quoi on conclura, non pas que les strophes de la premiĂšre et dâune partie de la troisiĂšme section sont des additions â additions Ă quoi ? â, mais quâen lui-mĂȘme le poĂšme a un statut de marge, ce qui a pour effet de crĂ©er une tension entre texte et poĂšme, ou Ă tout le moins dâinstaurer au sein mĂȘme de la stabilitĂ© du poĂšme un espace dâinstabilitĂ© textuelle. Il serait possible dâĂ©tendre cette remarque Ă lâensemble de la nĂ©buleuse- OcĂ©an », mais il nâest pas lĂ©gitime de pousser cette idĂ©e jusquâau bout, parce quâalors elle aboutit Ă la conclusion que toute cette nĂ©buleuse- OcĂ©an » jouit dâune espĂšce de singularitĂ© poĂ©tique par rapport au reste de la production de Hugo en ce mois de fĂ©vrier 1854, et que nous avons refusĂ© une semblable conception, au nom dâune approche gĂ©nĂ©tique unitaire de cette pĂ©riode. Fig. 2 Manuscrit de Sur la falaise » Les Quatre Vents de lâEsprit, III, 19 BnF, Naf 24762, f° 352 r°-353 r°. 12Reste une difficultĂ© de taille, au sens propre. Si on fait la somme de tous les vers qui sont Ă©crits pendant ce mois de fĂ©vrier, on arrive Ă un total Ă©norme qui suppose que Hugo travaillait plus de vingt-quatre heures par jour, et que, le mĂȘme jour, il Ă©crivait plusieurs poĂšmes diffĂ©rents et trĂšs Ă©trangers les uns aux autres. Ainsi la plus grande partie de la nĂ©buleuse- OcĂ©an », qui reprĂ©sente plus de mille vers, aurait Ă©tĂ© Ă©crite pendant que Hugo mettait en place lâĂ©pisode du Glaive » de la future Fin de Satan, et ainsi de suite. Il y a lĂ quelque chose qui Ă©chappe Ă la comprĂ©hension. De lĂ la tentation de suspecter les dates portĂ©es aux manuscrits, mais nous avons dĂ©cidĂ© de ne pas y cĂ©der, et, de toute façon, quoi quâil faille penser de ces dates, les poĂšmes ont Ă©tĂ© Ă©crits, la masse de leurs vers est lĂ . Avançons donc quâil y a deux chronologies qui coexistent pendant ce mois de fĂ©vrier 1854. Lâune est la chronologie de la nĂ©buleuse- OcĂ©an », lâautre est la chronologie des dĂ©veloppements destinĂ©s Ă lâĂ©popĂ©e de Satan Le glaive » et du tout-venant des poĂšmes isolĂ©s qui sont suscitĂ©s par telle ou telle circonstance. Au lion dâAndroclĂšs », par exemple, rĂ©sulte dâune commande de la Table. Ă la suite formulons lâhypothĂšse suivante le chantier- OcĂ©an » est en grande partie indĂ©pendant du reste de ce qui sâĂ©crit alors, en lâoccurrence et pour lâessentiel le poĂšme de Satan, dont Hugo Ă©crit lâĂ©pisode de Nemrod. Câest ce chantier principal qui lâoccupe tout au long du mois. Tout ce qui est en dehors, les poĂšmes isolĂ©s comme la nĂ©buleuse- OcĂ©an » ne sây rapporte que marginalement, par la bande, pour ainsi dire, voire pas du tout. DâaprĂšs notre hypothĂšse le travail de Hugo en ce mois de fĂ©vrier ne sâest pas fixĂ© sur deux projets, OcĂ©an », dâune part, le poĂšme de Satan, dâautre part, mais sur un seul, Ă savoir le poĂšme de Satan. Câest lui qui permet de comprendre la genĂšse et le dĂ©veloppement dâ OcĂ©an » et de ses poĂšmes satellites. 13 Voir supra, n. 12. 13Les choses cependant se compliquent un peu, si on prend en compte les autres poĂšmes Ă©crits par Hugo en plus dâ OcĂ©an » et de ce que nous appellerons Satan. Il y a aussi de grandes compositions comme le poĂšme dĂ©diĂ© au lion dâAndroclĂšs et Les Pauvres Gens ». Sur le poĂšme Au lion dâAndroclĂšs », nous irons vite. Il est datĂ© du 28 fĂ©vrier 1854 et il nâest pas du tout impossible quâil ait Ă©tĂ© Ă©crit en un seul jour ; ses quatre-vingt-seize vers correspondent Ă ce que Hugo peut Ă©crire quotidiennement, et pour lâoccasion dâautant plus facilement que les motifs de la dĂ©cadence de Rome quâil dĂ©veloppe dans ce poĂšme lui sont bien connus et familiers depuis LâĂ©gout de Rome » avril 1853. Le cas des Pauvres Gens » est plus intĂ©ressant, non pas parce que ce poĂšme est nettement plus long deux cent cinquante-six vers, mais parce quâil interfĂšre directement avec la nĂ©buleuse- OcĂ©an ». Il est datĂ© du 3 fĂ©vrier, le lendemain mĂȘme de Gros temps la nuit ». Il a sans doute dĂ» demander plus dâun jour de travail et ĂȘtre entrepris dans la seconde quinzaine de janvier, vraisemblablement la derniĂšre semaine, aprĂšs lâachĂšvement le 20 janvier du monologue fiĂ©vreux de Satan dans lâenfer. Câest alors aussi quâont pu ĂȘtre Ă©crits les poĂšmes Chanson de bord » et Gros temps la nuit ». Le premier nâest pas datĂ©, mais comme certaines de ses strophes se retrouvent dans des poĂšmes ultĂ©rieurs de la nĂ©buleuse- OcĂ©an »13, il a dĂ» constituer le point de dĂ©part de lâensemble et remonterait donc Ă la toute fin de cette derniĂšre semaine de janvier ; pour sa part, Gros temps la nuit » est datĂ© du 2 fĂ©vrier. La proximitĂ© entre ces deux poĂšmes, surtout le second, et Les Pauvres Gens » est indiscutable. MĂȘme contexte, mĂȘme thĂ©matique ; voici les trois derniers vers de la premiĂšre section des Pauvres Gens » 14 Les pauvres gens », La LĂ©gende des siĂšcles, CFL, t. X, p. 632. Nous rĂ©tablissons la majuscule Ă ... Et dehors, blanc dâĂ©cume,Au ciel, aux vents, aux rocs, Ă la nuit, Ă la brume,Le sinistre OcĂ©an jette son noir sanglot14. 15 Le lien entre les deux poĂšmes est tel que les vers 13 et 14 de Chose vue un jour de printemps » s ... 16 Ajoutons un alexandrin dĂ©libĂ©rĂ©ment prosaĂŻque dans Les pauvres gens », qui fait multiplier Ă Hu ... Câest exactement la mĂȘme prĂ©sentation dâ OcĂ©an », lequel a une majuscule ici comme dans le poĂšme auquel il donne son titre. Dans le mĂȘme ordre dâidĂ©es, ces paysans au bord de la mer qui donnent la matiĂšre dâun des poĂšmes de la nĂ©buleuse sont les pauvres gens mis en scĂšne par le poĂšme du 3 fĂ©vrier. Ce poĂšme des Pauvres Gens » suscite lui-mĂȘme, Ă peine achevĂ©, Chose vue un jour de printemps » Les Contemplations, III, 7 ; datĂ© du 4 fĂ©vrier 1854, dont la scĂ©nographie une mĂšre morte de faim laissant quatre orphelins15 reprend partiellement celle du poĂšme terminĂ© la veille. Il est inutile de se demander si le poĂšme dâ OcĂ©an » est sorti des Pauvres Gens » ou le contraire, ce nâest pas une question de source ou dâinfluence ; ce qui est certain, câest que cette nĂ©buleuse- OcĂ©an » nâa pas Ă ĂȘtre isolĂ©e dans une solitude hĂ©roĂŻque. Mais le plus intĂ©ressant est que Les Pauvres Gens », sâils ont bien en commun la mĂȘme thĂ©matique que Gros temps la nuit », sont en rupture mĂ©trique et, plus profondĂ©ment, poĂ©tique par rapport Ă la nĂ©buleuse- OcĂ©an ». Il y a en particulier une narrativitĂ© qui est totalement Ă©trangĂšre Ă elle, et on peut Ă ce propos se demander si cette absence de narrativitĂ© dans OcĂ©an » et ses poĂšmes satellites nâest pas ce qui explique justement leur forme si particuliĂšre, le narratif, au contraire, se coulant dans lâalexandrin16. On est donc en prĂ©sence de deux Ă©critures Ă la fois diffĂ©rentes et parallĂšles, se cĂŽtoyant, mais ne se rencontrant pas. 17 Voir Le glaive », La Fin de Satan ; CFL, t. XI, p. 1634-1636. 14Cette remarque sâĂ©tend Ă la relation de la nĂ©buleuse- OcĂ©an » avec le poĂšme de Satan, mais en la circonstance une distinction doit ĂȘtre faite entre ce qui a Ă©tĂ© Ă©crit en janvier et ce qui sâĂ©crit en fĂ©vrier. En janvier, câest un monologue Ă la premiĂšre personne, exemplaire du lyrisme noir que Hugo pratique rĂ©guliĂšrement Ă partir de lâexil et dont la tirade dâOcĂ©an est une parfaite illustration ; en fĂ©vrier, au contraire, les chants de MelchisĂ©dech et dâOrphĂ©e prennent place dans un rĂ©cit. Sans doute sont-ils, quand ils sont composĂ©s Ă la mi-fĂ©vrier, des chants Ă la premiĂšre personne, et des chants de mort dâune noirceur terrible, mais lâĂ©criture par la suite du rĂ©cit mettant en scĂšne Nemrod17 leur ĂŽte une bonne partie de leur sombre dimension lyrique et fait dâeux des discours au sein dâune narration. Toutes choses Ă©tant Ă©gales, la mĂȘme chose se produit avec les deux poĂšmes Les paysans au bord de la mer » et Sur la falaise » que Hugo Ă©crit aprĂšs OcĂ©an » datĂ©s respectivement du 28 fĂ©vrier et du 1er mars pour offrir un cadre narratif Ă la diatribe dâOcĂ©an. Le but recherchĂ© nâest pas dâanesthĂ©sier le chant dâOcĂ©an et de lui faire perdre sa coloration infernale, mais dâimposer la structure dâun poĂšme Ă ce qui pourrait bien nâĂȘtre comme le monologue de Satan quâun texte, oĂč un Je est pour ainsi dire rĂ©duit Ă sa propre Ă©nonciation. 18 OcĂ©an », CFL, t. IX, p. 680, ainsi que les citations suivantes. 19 Voir Jean Gaudon, Le Temps de la contemplation, Ă©d. citĂ©e, p. 210-214. 15Les cinq piĂšces de la nĂ©buleuse- OcĂ©an » ont Ă©tĂ© Ă©crites en parallĂšle avec les autres poĂšmes de fĂ©vrier 1854. Mais pas en concurrence avec eux. Elles ont Ă©tĂ© conçues, avancerons-nous, comme un ensemble parfaitement distinct, mĂȘme sâil leur arrivait, presque nĂ©cessairement, dâavoir des Ă©lĂ©ments en commun. Lâobjection qui peut ĂȘtre faite, Ă savoir quâil est quand mĂȘme assez extraordinaire, et mĂȘme difficilement pensable, quâune telle masse de vers ait pu ĂȘtre composĂ©e en mĂȘme temps que le reste de ce qui sâĂ©crivait nâen est pas une. Ces poĂšmes dâ OcĂ©an » sont tellement diffĂ©rents par leur forme quâil Ă©tait tout Ă fait possible quâils aient Ă©tĂ© Ă©crits assez facilement, les strophes sont lĂ©gĂšres et allĂšgres, tombant les unes aprĂšs les autres comme Ă Gravelotte, chacune entraĂźnant la suivante. Le caractĂšre contraint des strophes, loin dâavoir offert une rĂ©sistance, a pu, au contraire, favoriser cette mitraille, imprimant un rythme rapide dâĂ©criture. Ă cela il faut Ă©galement ajouter un Ă©lĂ©ment non nĂ©gligeable la part de la fantaisie dans ces vers. Non pas dans ses motifs, il serait absurde de minimiser la noirceur du tableau qui est fait de lâocĂ©an en furie, mais dans la rupture stylistique et mĂ©trique avec la grande poĂ©sie de la nuit que cultive ailleurs Hugo. Ainsi aux grincements de dents de Satan se substituent les ricanements sarcastiques dâOcĂ©an, qui traite lâorage des plaines18 » de canard sauvage » et lâhydre de Lerne de grenouille », ou qui ruine avec une joyeuse jubilation tous les mythes progressistes et promĂ©thĂ©ens sur lesquels se fonde une bonne partie de la philosophie de Hugo depuis longtemps. Ă cet Ă©gard OcĂ©an » nâest pas si Ă©loignĂ© dâune fantaisie comme La ForĂȘt mouillĂ©e, qui constituera quelques mois plus tard, au printemps de 1854, un jeu de massacre spirituel, qui tourne gentiment en dĂ©rision les interrogations mĂ©taphysiques de Hugo19. 20 OcĂ©an », CFL, t. IX, p. 678. 16 Je suis sans forme et sans nombre20 », dĂ©clare OcĂ©an. Sans nul doute, et en son genre câest un pervers polymorphe, il est le frĂšre du dĂ©mon LĂ©gion ou de lâEsprit humain, lâinfini de ses vagues et de ses flots fait de lui lâincarnation du multiple, du pluriel, du divers. Cependant, si OcĂ©an est sans forme et sans nombre », son chant, poĂ©tiquement et mĂ©triquement, est soumis Ă la forme et au nombre, câest sa caractĂ©ristique la plus visible. La forme et le nombre quâil rĂ©cuse, câest celui du vers qui serait beau comme de la prose », la prorsa oratio 21 Ibid., p. 679. Moi, je ne suis pas la pour roue et pour charrue Le tourbillon ;Je bondis, câest ma maniĂšre ;Je nâaccepte pas lâorniĂšre Ni le sillon21. 17Dans cette contradiction intime prend sens lâĂ©criture de la nĂ©buleuse- OcĂ©an » parallĂšlement avec les autres poĂšmes de fĂ©vrier 1854. Elle les rĂ©pĂšte, thĂ©matiquement, et, pour ce qui est du poĂšme de Satan, en donne une reprĂ©sentation achevĂ©e. Sauf que cette reprĂ©sentation est distordue, sous la forme dâune espĂšce dâanamorphose, et quel que soit le plan quâon adopte Ă son propos idĂ©ologique, stylistique, mĂ©trique. La projection qui en rĂ©sulte est donc de lâordre de lâaltĂ©ration. Ce qui est assez fascinant, câest que ces cinq poĂšmes devraient ĂȘtre lâexpression dâune poĂ©sie livrĂ©e Ă elle-mĂȘme, une poĂ©sie en libertĂ©, ne cessant de jouir de sa propre invention, enivrĂ©e de la pulsion qui prĂ©side Ă sa genĂšse, avec pour consĂ©quence un manuscrit Ă©toilĂ© de partout, et ne constituant pas un poĂšme, mais un texte. Ce nâest pas le cas. Bien entendu, le manuscrit, particuliĂšrement celui dâ OcĂ©an », est assez Ă©ruptif et explosif fig. 1 et 3, mais sans que sa cohĂ©sion soit jamais mise en question. LâĂ©noncĂ© autant que lâĂ©nonciation est structurĂ©, organisĂ©. Quant aux quatre autres poĂšmes qui se rattachent Ă OcĂ©an », ils ont un aspect trĂšs sage et disciplinĂ©. Lâensemble, enfin, est scandĂ© par les dates dâachĂšvement des poĂšmes. Paradoxalement, mĂȘme si ce regroupement de poĂšmes traduit une indĂ©niable effervescence, il est pliĂ©, jour aprĂšs jour, par Hugo Ă la coercition dâune forme. Ce qui aurait pu nâĂȘtre quâun texte, avec ce que cela suppose dâindĂ©termination, se rĂ©vĂšle ĂȘtre au bout du compte un poĂšme. 18Un poĂšme dâune nature un peu particuliĂšre. Laquelle ? Il est en fait moins un poĂšme quâune chimĂšre de poĂšme. Une chimĂšre au sens romantique du terme, câest-Ă -dire une configuration oĂč se confrontent lâune Ă lâautre les catĂ©gories du rĂ©el et du possible. RĂ©el, ce poĂšme dâ OcĂ©an » et de sa nĂ©buleuse, structurĂ©, ordonnĂ©, cohĂ©rent, en un ensemble achevĂ© ; imaginaire, ce qui se cherche et sâinvente, comme le poĂšme de Satan, en cours de constitution. La nĂ©buleuse- OcĂ©an », qui devrait ĂȘtre un chaos textuel en belligĂ©rance avec lui-mĂȘme, est la forme que prend lâĆuvre en train de se faire et qui se fixe en un poĂšme. Fig. 3 Manuscrit dâ OcĂ©an » La LĂ©gende des siĂšcles Naf 24758 1F., f° 130 r°. 22 Voir CFL, t. X, p. 667, 668 et 670. 19Le destin de la nĂ©buleuse- OcĂ©an » elle-mĂȘme nâest pas sans intĂ©rĂȘt les cinq poĂšmes seront redistribuĂ©s â pas dĂ©membrĂ©s, puisque jamais ils nâont constituĂ© un poĂšme dâune seule tenue â dans des recueils prĂ©posthumes comme Les Quatre Vents de lâEsprit Sur la falaise » ou la sĂ©rie complĂ©mentaire de La LĂ©gende des siĂšcles OcĂ©an », Les paysans au bord de la mer », ou posthumes comme Toute la lyre Chanson de bord », Gros temps la nuit ». Plusieurs plans, il est vrai, prĂ©voyaient de faire entrer OcĂ©an » dans la premiĂšre sĂ©rie de la LĂ©gende22, mais ce projet a Ă©tĂ© finalement abandonnĂ©, tant il est clair quâun aussi volumineux poĂšme aurait dĂ©sĂ©quilibrĂ© lâensemble du recueil, outre quâil ne sâaccordait pas du tout Ă son orientation poĂ©tique et idĂ©ologique telle quâelle sâĂ©tait fixĂ©e au printemps de 1859. Une fois exclu de la LĂ©gende, il Ă©tait inemployable, comme les poĂšmes qui lui servaient dâescorte ; de lĂ leur recyclage dans les recueils fourre-tout de la fin. Triste destin, mais il ne pouvait en ĂȘtre autrement si la nĂ©buleuse- OcĂ©an » est un des grands moments gĂ©nĂ©tiques de lâĆuvre de Hugo, la contrepartie est quâelle nâa existĂ© poĂ©tiquement Ă un moment donnĂ© que comme une chimĂšre plus ou moins expĂ©rimentale, elle a Ă©tĂ© une sorte de miroir de concentration » de lâĆuvre en train de se chercher. Celle-ci se trouvera, au printemps, quand Hugo se mettra rĂ©solument Ă La Fin de Satan, en Ă©crivant Et nox facta est » et La sortie de lâombre » mars-avril 1854, et Ă lâautomne, lorsquâil commencera Ă fixer la poĂ©tique des Contemplations avec RĂ©ponse Ă un acte dâaccusation » octobre 1854 et leur politique, un mois plus tard, avec Ăcrit en 1846 » novembre 1854. La nĂ©buleuse- OcĂ©an » Ă©tait donc du passĂ© et nâentrait pas dans les nouvelles configurations gĂ©nĂ©tiques de lâĆuvre. Pour employer un mot quâaime Hugo, elle est un rĂ©sidu â ce qui reste de lâĆuvre quand le travail gĂ©nĂ©tique qui lâanimait a pris fin. 23 BnF, Naf 24 787, f° 1 reproduit par RenĂ© Journet et Guy Robert dans leur ouvrage Autour des Cont ... 20Rappelons pour finir la note prĂ©testamentaire que Hugo rĂ©dige le 19 novembre 1846 ; elle commence par cette phrase Le travail qui me reste Ă faire apparaĂźt Ă mon esprit comme une mer23 », et, un aperçu de cette mer de projets et de rĂ©alisations ayant Ă©tĂ© dĂ©crit et leur localisation indiquĂ©e lâarmoire en faux laque », Hugo termine par ces mots Ă lâadresse de ses enfants Ils publieront tout cela sous ce titre OcĂ©an ». Il se trouve que la nĂ©buleuse- OcĂ©an » nâa jamais figurĂ© dans OcĂ©an, puisque ses poĂšmes ont Ă©tĂ© publiĂ©s, au moins pour trois dâentre eux, dont OcĂ©an », du vivant de Hugo. Rien dâironique Ă cela OcĂ©an » Ă©tait bien achevĂ© depuis 1854 et nâavait pas Ă subir le sort des opera interrupta. Il Ă©tait surtout, en miniature, lâimage parfaite de lâĆuvre. Haut de page Notes 1 Le mot de nĂ©buleuse » est de Jean Massin, il sert de titre au regroupement des poĂšmes OcĂ©an », Chanson de bord », Gros temps la nuit », Sur la falaise », Les paysans au bord de la mer », quâil rĂ©unit dans son Ă©dition des Ćuvres complĂštes, Paris, Club français du livre [dĂ©sormais CFL], 1968, t. IX, p. 669-692. 2 Voir Jean Gaudon, Victor Hugo Ă Jersey », CFL, t. IX, p. xl, et Le Temps de la contemplation, Paris, Flammarion, 1969, p. 205-207. 3 Le nombre de strophes indiquĂ© nâest quâapproximatif ; il faudrait Ă©galement tenir compte des strophes rayĂ©es par Hugo sur le manuscrit des poĂšmes, et dans ce cas on arrive Ă environ 160 strophes. 4 Voir Jean Gaudon, De la poĂ©sie au poĂšme remarques sur les manuscrits poĂ©tiques de Victor Hugo », Genesis, n° 2, Manuscrits poĂ©tiques », 1992, p. 81-100, en particulier pour la nĂ©buleuse- OcĂ©an » p. 98-99. 5 Renvoyons Ă lâarticle dĂ©cisif de Pierre Albouy, Une Ćuvre de Victor Hugo reconstituĂ©e », RHLF, juillet-septembre 1960, p. 388-423 et Ă la prĂ©sentation et la publication du poĂšme dans CFL, t. X, p. 249-287. 6 Hugo utilise rĂ©guliĂšrement dans son Ćuvre cette citation de lâĂvangile selon saint Jean 3, 8 Le vent [ou lâesprit] souffle oĂč il veut [âŠ]. » 7 Voir RenĂ© Journet et Guy Robert, Contribution aux Ă©tudes sur Victor Hugo, t. II, Le texte de La Fin de Satan » dans le manuscrit Paris/Besançon, Les Belles-Lettres/Annales littĂ©raires de lâuniversitĂ© de Besançon, 1979, p. 11. 8 OcĂ©an », CFL, t. IX, p. 677-683. 9 Ibid., p. 681. 10 Ibid., p. 683. 11 Ibid., p. 676, n. 2, p. 677, n. 15 et p. 683, n. 42. 12 Le poĂšme Chanson de bord » nâest pas datĂ©, mais, comme le remarque Massin dans son Ă©dition, le glissement de trois de ses strophes dans OcĂ©an » et Les paysans au bord de la mer » implique quâil leur est antĂ©rieur. 13 Voir supra, n. 12. 14 Les pauvres gens », La LĂ©gende des siĂšcles, CFL, t. X, p. 632. Nous rĂ©tablissons la majuscule Ă OcĂ©an, que cette Ă©dition imprime Ă tort avec une minuscule. 15 Le lien entre les deux poĂšmes est tel que les vers 13 et 14 de Chose vue un jour de printemps » se trouvaient dans Les pauvres gens » CFL, t. X, p. 635, n. 8, oĂč ils ont Ă©tĂ© rayĂ©s une fois transfĂ©rĂ©s. 16 Ajoutons un alexandrin dĂ©libĂ©rĂ©ment prosaĂŻque dans Les pauvres gens », qui fait multiplier Ă Hugo les monosyllabes Ă lâintĂ©rieur des vers et prodiguer les rimes indigentes. Par exemple Mon pauvre homme ! ah ! mon Dieu ! que va-t-il dire ? Il a/DĂ©jĂ tant de souci ! Quâest-ce que jâai fait lĂ ? » CFL, t. X, p. 636. 17 Voir Le glaive », La Fin de Satan ; CFL, t. XI, p. 1634-1636. 18 OcĂ©an », CFL, t. IX, p. 680, ainsi que les citations suivantes. 19 Voir Jean Gaudon, Le Temps de la contemplation, Ă©d. citĂ©e, p. 210-214. 20 OcĂ©an », CFL, t. IX, p. 678. 21 Ibid., p. 679. 22 Voir CFL, t. X, p. 667, 668 et 670. 23 BnF, Naf 24 787, f° 1 reproduit par RenĂ© Journet et Guy Robert dans leur ouvrage Autour des Contemplations », Paris/Besançon, Les Belles-Lettres/Annales littĂ©raires de lâUniversitĂ© de Besançon, 1955, p. 31, ainsi que la citation de page Pour citer cet article RĂ©fĂ©rence papier Pierre Laforgue, OcĂ©an » texte, poĂ©sie, poĂšme fĂ©vrier 1854 », Genesis, 45 2017, 61-70. RĂ©fĂ©rence Ă©lectronique Pierre Laforgue, OcĂ©an » texte, poĂ©sie, poĂšme fĂ©vrier 1854 », Genesis [En ligne], 45 2017, mis en ligne le 15 dĂ©cembre 2018, consultĂ© le 27 aoĂ»t 2022. URL ; DOI de page Auteur Pierre LaforguePierre Laforgue est professeur de littĂ©rature française Ă lâuniversitĂ© de Bordeaux-Montaigne. SpĂ©cialitĂ© acadĂ©mique Hugo. Domaines de recherche romantisme français, francophonie caribĂ©enne ; approches sociocritique, gĂ©nĂ©tique. Derniers ouvrages parus La Fabrique de La ComĂ©die humaine », Presses universitaires de Franche-ComtĂ©, 2013 ; Stendhal alla Monaca. Le roman, le romanesque, le romantisme, Classiques Garnier, 2016. pajlaforgue de page Droits dâauteur Tous droits rĂ©servĂ©sHaut de page
Je ne suis qu'une goutte dans l'ocĂ©an, une goutte de plus parmi vous Une goutte de pluie ou une larme de plus sur les joues De notre planĂšte Terre, MĂšre pardonne nous L'Homme a créé ce tourbillon, qui nous a tous rendus fous Folie gĂ©nĂ©rale, mĂȘme les climats ne tiennent plus le coup Nos vies ternissent par notre faute, on en a mĂȘme perdu le goĂ»t J'ai peur du coup, pourtant j'ai bien vu la Lueur du gouffre Du moins je l'ai aperçue, en Ă©clairant un peu mon coeur du fouillis Que le Soleil, la Lune, les Arbres, les Mers nous pardonnent Toutes les espĂšces vivantes que la mienne a exterminĂ©es... J'demande pardon, parce que tout le mal qu'on a créé Faudra de la force pour le rĂ©parer et j'ai du mal Ă voir que ce monde est prĂȘt L'immonde est prĂšs de nous mais j'ai la foi que ça change ça parait fou une goutte de plus peut-ĂȘtre une goutte qui dĂ©range... Une goutte noyĂ©e, dans un ocĂ©an qui se dĂ©chaĂźne Et tente de nous broyer, voyez, on a pourtant pas de haine dans les gĂȘnes Tant pis, on part de lĂ , mais on peut aller loin L'enfant en chacun le sait mĂȘme si on fait comme si tout allait bien Que la rage demeure, fait naĂźtre tant de violence dans nos coeurs Trop de conflits en pagaille, aux ondes qui s'installent dans nos peurs Venez pas, faire un tour dans nos esprits en bordel MĂ©lancolie, une goutte de plus et le poison devient mortel Simple reflet d'un monde particuliĂšrement en bordel Juste une goutte de plus pour que dĂ©borde le vase ou l'cocktail Parce qu'il suffit d'une goutte de plus parfois pour que tout change Rééquilibrer, faire basculer, pas besoin de beaucoup de chance Juste du goutte Ă goutte, avant que le sablier ne se vide Limpidement le temps s'Ă©coule, et la raison ordonne de fuir vite Le coeur dit de se battre et mĂȘme si c'est trop tard Dignement allons-y pour le geste, et pour que nos idĂ©aux partent Rejoindre le Ciel, qu'on en reçoive les pluies Juste une goutte pour chacun, une goutte qui suffirait Ă remplir chaque coeur MĂȘme si le temps Ă©crit tristesse On aperçoit la LumiĂšre au loin, libĂ©ratrice, mĂ©langeant calme et ivresse Qui goutte Ă goutte nourrit lorsqu'on s'en approche Loin de cette maudite flaque, reflet d'une Ă©poque atroce Une LumiĂšre qui semble ĂȘtre la source Qui se dĂ©verse dans les coeurs pleins d'espoir et qui fait fondre la frousse Que la Vie nous donne le courage De ne plus se voiler la face, une goutte de cran, de compassion Juste une goutte qui soulage... Je ne suis qu'une goutte de plus noyĂ©e dans l'ocĂ©an qui sait Qu'Ă nous tous, on pourrait faire plein de vagues et tout Ă©clabousser PoussĂ©e par un Vent de Sagesse, Ă©manant du Ciel Un peu plus de Foi, la mienne, elle m'a rendu sienne Que chaque maillon se ressoude et reconstitue la chaĂźne Et si ce monde veut notre peau, gardons l'Esprit et la Chair On y arrivera, mĂȘme si ici le Mal est bien portant Parce qu'on est tous une goutte de plus Et que chaque goutte est importante... [ParlĂ©] Chaque pensĂ©e, chaque mot Juste une goutte de plus Chaque geste, chaque action Juste une goutte de plus Chaque personne Juste une goutte de plus Juste une goutte de plus Juste une goutte de plus Car tout n'est que le maillon d'une longue chaĂźne Et qu'on peut tous changer le monde Ă son Ă©chelle Car tout n'est que le maillon d'une longue chaĂźne Et qu'on peut tous changer le monde Ă son Ă©chelle
Nous avons dĂ©jĂ vu en quelle occasion Zeus descend sur Terre afin de juger par lui-mĂȘme de la noirceur de lâhumanitĂ©. Se dĂ©guisant en vieillard, il fait la connaissance des habitants dâArcadie et de son roi Lycaon. Fou de colĂšre face au comportement horrible du souverain, il dĂ©chaĂźne sa colĂšre sur le Royaume et transforme le monarque en loup assoiffĂ© de sang. Mais Zeus a bien conscience que lâArcadie est lâarbre qui cache la forĂȘt. Partout oĂč il va, il ne voit que malheurs et horreurs commis par les hommes, alors mĂȘme que ceux-ci auraient tout pour vivre en paix et en harmonie. Ne voulant pas prendre de dĂ©cisions sans y rĂ©flĂ©chir intensĂ©ment, il rentre dans son palais sur lâOlympe et convoque tous les autres dieux Ă une rĂ©union exceptionnelle. â Mes amis, lâheure est grave. LâhumanitĂ© entiĂšre mĂ©rite une punition. â Ah, cool! On a quâĂ leur balancer des Ă©clairs dans la tronche! Jâadore ça, moi, tout voir brĂ»ler! â Non, impossible, HadĂšs. Les flammes risqueraient dâĂȘtre trop hautes et lâOlympe serait menacĂ©e. â Tu pourrais aller baiser toutes les femmes de la Terre et enfanter des demi-dieux. Câest un boulot dans tes cordes, ça, mon petit Zeusounet dâamour. Non? â Ăh, oh, HĂ©ra! Pas de scĂšnes de mĂ©nage en public, sâil te plaĂźt. On rĂ©glera nos comptes plus tard! â Euh⊠Et si on jouait au tir au pigeon? Je pourrais les buter un Ă un avec mes flĂšches, moi⊠â Mais non, Cupidon, ça prendrait bien trop de temps! â Je pourrais demander aux eaux de la mer de sâĂ©lever tellement que tout lâhumanitĂ© pĂ©rirait noyĂ©e. â Ben voilĂ , ça câest une idĂ©e du tonnerre, PosĂ©idon!Et câest ainsi que Zeus ordonne aux Ă©lĂ©ments de se dĂ©chaĂźner. La moindre riviĂšre, le moindre ruisseau sont mis Ă contribution pour engloutir la Terre sous les flots. Des nuages menaçants se forment, tandis que le Soleil arrĂȘte de briller. TrĂšs vite, Ă©tangs, marais, mers, fleuves,⊠tous les flots se rejoignent et ne forment quâune seule immense Ă©tendue dâeau. MĂȘme les plus hautes montagnes nâĂ©chappent pas Ă la fureur des dieux et leur sommet autrefois si imposant se transforme en de vulgaires rĂ©cifs Ă la surface dâun vaste ocĂ©an. Les hommes qui tentent de survivre sur des embarcations de fortune sont aussitĂŽt balayĂ©s par les vents dĂ©chaĂźnĂ©s. Certains tentent bien de sacrifier leurs propres enfants pour apaiser la colĂšre des Dieux, mais il est trop tard pour la misĂ©ricorde. Les jours passent et la colĂšre des Ă©lĂ©ments sâapaisent petit Ă petit. BientĂŽt, les eaux retrouvent leur calme. Seuls deux ĂȘtres humains, Deucalion et son Ă©pouse Pyrrha, ont survĂ©cu Ă cette terrible Ă©preuve. Sur leur barque, rĂ©chauffĂ©s par les rayons de Soleil qui caresse enfin leur peau, ils scrutent les alentours. Aussi loin que porte leur regard, dans toutes les directions, ils ne voient que mort et dĂ©solation. Tout autour dâeux, des milliers â des millions! â de cadavres flottent dans une eau rougie par le sang. Surtout, un silence de mort rĂšgne maintenant sur la Terre. Le DĂ©luge, LĂ©on Comerre, 1911Zeus est heureux. Que le sort ait choisi Deucalion et Pyrrha, deux ĂȘtres au cĆur pur, comme uniques rescapĂ©s est un bon prĂ©sage. Le Dieu ordonne alors Ă la Terre de sâouvrir et des brĂšches bĂ©antes absorbent les flots en un clin dâĆil. Lâimmense ocĂ©an se vide en un instant. La barque des deux amants se retrouve maintenant Ă sec, au milieu dâun dĂ©sert aride. Zeus sâadresse en personne aux deux survivants, et leur ordonne de donner naissance Ă une nouvelle race dâhommes. Vous portez en vous lâavenir de lâhumanitĂ©, dit-il. Et Ă©galement mon plus grand espoir. »Deucalion sâen donne Ă cĆur joie auprĂšs de sa dulcinĂ©e⊠Ayons un peu de pudeur, et laissons-les batifoler en paix!Quelques complĂ©ments dâinfo sur le DĂ©lugeLe DĂ©luge et lâanĂ©antissement de lâhumanitĂ© est un thĂšme rĂ©current dans Ă©normĂ©ment de religions et de mythologies. Que lâon pense Ă lâĂ©popĂ©e de Gilgamesh, Ă lâarche de NoĂ©, Ă Manu dans lâhindouisme sauvĂ© par un avatar de Vishnou, etc. Mais ce chĂątiment ne marque en aucun la fin du Monde, mais plutĂŽt la fin dâun cycle⊠La nouvelle humanitĂ© qui sâannonce est porteuse des plus beaux espoirs. Un genre de Monde en quelque sorte. Vous avez aimĂ© cet article ? Alors j'ai besoin de vous ! Vous pouvez soutenir le blog sur Tipeee. Un beau geste, facile Ă faire, et qui permettra Ă EtaleTaCulture de garder son indĂ©pendance et d'assurer sa survie...
meme si les oceans se dechaine paroles